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mardi 21 juillet 2009

Sérénité entre deux vies

Je suis entre deux vies. Non, non, je ne suis pas en train de mourir ! Je suis plutôt en train de renaître, mais comme pour le papillon qui doit travailler fort pour sortir de son cocon, le passage est exigeant.

Voilà ce qui se passe depuis quelques semaines : comme vous savez, j'ai fait le grand saut en m'installant dans les Cantons-de-l'Est, et je l'ai fait en aménageant avec mon chum dans son appartement. Moins d'une semaine après mon arrivée, j'étais déjà certaine que ça n'allait pas fonctionner. Coup de malchance, erreur, risque mal calculé, peu importe. C'est parfois ça la vie : il faut plonger pour le savoir.

"Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" se demande-t-on. Je n'avais pas le temps de bouger à nouveau avant le voyage sur la Côte d'Azur. Nous avons donc mis ça sur la glace jusqu'à mon retour. Une fois revenue dans ce nouveau quotidien, la situation était demeurée inchangée. J'ai donc entrepris de me trouver un nouveau nid bien à moi où j'allais trouver les ingrédients essentiels à mon rétablissement : j'avais besoin, entre autres, de nature et de calme pour retomber sur mes pattes et réenligner mes flûtes.

J'ai déniché un petit chalet tout meublé et tout équipé non loin de Magog, à Sainte-Catherine-de-Hatley, et je m'y suis installée sommairement jusqu'à la fin de l'été (qui n'est jamais arrivé au Québec !). C'est ainsi que je me retrouve entre deux vies... avec Kiwi qui commence à avoir l'habitude de bouger.


J'ai maintenant des choses à trois endroits : dans un entrepôt à Waterloo, dans l'appartement de Magog et au chalet de Sainte-Catherine. Je mange dans de la vaisselle dépareillée et je dors dans un lit étranger. Hier, j'ai aménagé ma petite terrasse extérieure avec table bistro et plantes décoratives. Le matin, je déjeune avec les oiseaux et Kiwi, lui, fait de nouvelles expériences de campagne.

Et moi dans tout ça ?

Eh bien, moi, je vais assez bien. Bien sûr, je ne suis pas au Club Med, c'est-à-dire que cet entre-deux comporte son lot d'inconvénients et de désagréments, mais si je m'applique à regarder le bon côté des choses, je ne suis pas si misérable. Et cette expérience inattendue a quelques bons enseignements de vie à livrer. D'abord, moi qui déteste le chaos, j'apprends à le tolérer et à m'en accommoder. Et moi qui prend un soin minutieux à bien ranger toutes mes choses, du garde-manger au garde-robe en passant par les armoires de la salle de bain, car j'ai horreur de chercher quelque chose lorsque j'en ai besoin, j'apprends à vivre parmi les boîtes. Enfin, j'apprends que la simplicité volontaire me serait très utile dans une période comme celle-ci.

Un rêve annonciateur

Il m'est récemment revenu à l'esprit un rêve que j'ai fait juste avant de déménager à Magog. J'étais là, au milieu de rien, entourée de tout mon bagage (mobilier et tout et tout) et je ne savais où aller. Il semblait que je ne pouvais revenir en arrière et je n'avais aucune idée vers où me diriger. J'étais immobilisée entre deux vies avec tout ce que je possédais. Ce rêve illustrait bien mon statut itinérant actuel !

Trouver la sérénité à travers l'orage

L'autre jour, je disais à mon thérapeute combien tout ce brouhaha m'effrayait côté santé, car je suis tout à fait consciente que le stress et le chaos sont des ennemis jurés dans ma quête de santé. Sa réponse fut des plus rassurantes : "Le corps peut traverser toutes les situations si on arrive à vivre les événements en "état de grâce". OK, qu'est-ce qu'on entend par ça ?

Il faut se mettre en mode prière ; tout faire lentement, humblement et trouver le moyen de remercier. Moi, je fais l'effort de m'élever au-dessus de la situation pour la regarder d'un point-de-vue différent. Je ne m'attarde pas aux détails de combien cette erreur a coûté, du trouble que ça amène. C'est totalement inutile. Je me suis rapidement mise en action pour la corriger et pour retrouver ma paix et mon harmonie. Je ne cherche pas à analyser de midi à quatorze heures non plus; ce n'est pas le moment. Plus tard, lorsque tout sera rentré dans l'ordre, je pourrai me laisser inspirer par ma sagesse intérieure sur ce que la Vie voulait m'enseigner et en tirer le meilleur. Pour l'instant, il est bien plus important pour moi de vivre les choses tranquillement, une étape à la fois, afin de préserver précieusement mon énergie et de profiter de ce qui reste de l'été froid et pluvieux que nous connaissons. (Ne vous en faites pas, je prie pour que la chaleur arrive enfin !)

En conclusion, je crois bien que j'arrive à créer une histoire d'âme avec toute cette aventure. Tel que promis déjà, je vous reviendrai avec cette notion d'histoire d'âme afin que vous puissiez aussi orienter vos choix dans la bonne voie.

Bonne journée !

P.S. : Après avoir terminé cette chronique, je suis allée lire celle de Marie-Pier Charron sur http://www.matinmagique.com/ publiée le 17 juillet. Elle parle de la vie en déséquilibre et je trouvais que ça convenait très bien à mon propos du jour. En voici un extrait :



Einstein disait: «La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.» Pour ma part, je virerais cette citation à l’envers et j’ajouterais qu’il faut accepter de perdre l’équilibre, aussi, si on veut avancer. Avec le temps, on en vient parfois à se prendre terriblement au sérieux et à avoir peur de tomber… Or, les égratignures que l’on se fait en perdant l’équilibre sont superficielles et guérissent rapidement. Les véritables blessures sont celles qu’on se fait en cessant d’essayer, en cessant de rêver, en «rétrécissant».
Je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessus pour vous abonner à ses envois quotidiens.

dimanche 26 avril 2009

Les saisons de la vie

La semaine dernière, j'ai reçu un diaporama qui m'a touchée particulièrement et que j'aimerais vous partager en ce beau dimanche pluvieux de la fin d'avril. Beau dimanche pluvieux ? Oui, en effet, car je suis convaincue que la verdure en ressortira encore plus éclatante après cette pluie de nettoyage.

Voici donc une traduction libre de ce mot de sagesse.

La vie d'un poirier

Un homme avait quatre garçons. Il voulait que ses fils apprennent à ne pas juger les choses trop vite. Alors, il les a envoyés chacun dans une quête pour aller observer un poirier qui était à bonne distance de leur point de départ.

Le premier fils est allé en hiver; le second, au printemps; le troisième, en été et le plus jeune, à l'automne. Quand ils furent tous allés et en soient revenus, l'homme réunit ses fils afin qu'ils lui décrivent ce qu'ils ont vu.

Le premier garçon dit que l'arbre était laid, plié et tordu.

Le second fils dit que l'arbre était couvert de bourgeons vert tendre et plein de promesse.

Le troisième n'était pas d'accord ; il dit que le poirier était couvert de fleurs qui dégageaient un doux parfum. Il était si beau que c'était, selon lui, la chose la plus gracieuse qu'il n'ait jamais vue.

Enfin, le dernier garçon avait lui aussi une opinion bien différente : il dit que l'arbre ployait sous le poids des fruits mûrs; il était plein de vie et d'accomplissement.

L'homme a pu leur expliquer alors qu'ils avaient tous raison, car chacun n'avait vu qu'une seule saison de la vie de l'arbre. Il leur a dit qu'on ne pouvait pas juger un arbre ou une personne sur la base d'une seule saison. Que l'essence de ce qu'ils sont, et le plaisir, la joie et l'amour qui émanent de cette vie peuvent seulement être mesurés à la fin, lorsque les saisons sont toutes passées.

Message de sagesse

Si nous abandonnons lorsque c'est encore l'hiver, nous allons manquer la promesse de notre printemps, la beauté de notre été et l'accomplissement de notre automne. Ne laissons pas la douleur d'une saison détruire la joie contenue dans tout le reste. Ne jugeons pas la vie sur la base d'une seule saison difficile.

Persévérons à travers les épisodes difficiles et les jours meilleurs sont assurés d'arriver en temps et lieu.
Aspirons à inspirer... avant d'expirer.
Vivons simplement. Aimons généreusement. Soyons touchés profondément. Parlons gentiment. Et laissons le reste à Dieu.

Le bonheur nous garde tendre.

Les tentatives nous gardent fort.

Le chagrin nous garde humain.

Les échecs nous gardent humble.

Le succès nous pousse à grandir.

Mais seul Dieu nous garde en route.


Remerciements

Le diaporama se termine sur un mot de remerciements qui se lit comme suit :

Merci d'être une partie importante des saisons de ma vie !
Que Dieu vous bénisse et vous accompagne à travers les saisons de votre vie.

Ces remerciements s'adressent à tous ceux qui croient en ma guérison et qui me le signifient concrètement par des actes de foi très clairs :

  • La personne qui, guidée par le seul amour qu'elle éprouve, désire faire vie commune avec moi et développer des projets de vie à long terme.
  • Celui qui, voyant tout le potentiel que ma candidature représente pour son important projet d'entreprise en développement, est prêt à m'embaucher... dans un an, lorsque le temps sera venu et que ma santé sera retrouvée.
  • Ceux qui me supportent généreusement dans mes efforts pour retrouver la santé et réaliser mes projets...

Tous ces gens m'aident à garder espoir lorsqu'un vent froid hivernal souffle sur ma vie malgré la printemps qui règne à l'extérieur. Ces derniers temps ont été plutôt éprouvants et le découragement venait souvent frapper à ma porte. Mais en pensant à tous ceux qui sont derrière moi, je ne lui ouvrais pas...

À mes soeurs touchées

Je pense à toutes les personnes qui marchent à mes côtés sur la même avenue couverte de défis : celles qui sont atteintes comme ceux et celles qui les accompagnent. Gardons courage et foi, car l'espoir doit toujours régner.

Bon dimanche !

lundi 13 avril 2009

Le miracle de la résurrection

En ce beau lundi de Pâques, le moment est propice pour parler de résurrection, car on oublie souvent que la fête de Pâques, c'est la fête du retour à la vie.

Tôt hier matin, pendant que nous prenions notre café, mon copain et moi, je lui ai offert un chocolat de Pâques (du chocolat noir de première qualité... parce que c'est bon pour la santé !!!) représentant un couple de lapins amoureux. Romantique, non ? J'avais aussi acheté des cocos pour ses enfants et mes parents. Lui, n'ayant pas souligné cette fête d'aucune façon, se sentait un peu mal à l'aise. Il m'expliquait que pour lui, Pâques était une journée ordinaire.

"Comme c'est dommage !" ai-je pensé. C'est, selon moi, la plus belle célébration de l'espérance. C'est la vie qui se réveille et qui reprend ses droits sur les ténèbres. C'est l'arrivée du printemps, les fleurs printanières qui percent le sol encore froid et le chant des oiseaux qui témoignent du miracle de la résurrection.

Trois jours pour revenir à la vie

En discutant de tout ça avec mon amoureux, j'en suis venue à parler de ce que signifiait le délai de trois jours entre la crucifixion et la résurrection du Christ, car ce n'est pas seulement un fait historique et religieux, c'est surtout un symbole très puissant d'espérance.

L'auteure spirituelle, Marianne Williamson, dit à ce sujet : "C'est là la signification des trois jours symboliques entre la crucifixion et la résurrection. Il faut du temps à la flamme pour s'élever à nouveau, mais elle y arrive. Aussi longtemps que notre coeur reste ouvert alors même que nous sommes en pleine crucifixion - ouvert à l'amour, au pardon et à ce que nous devons apprendre et expier-, la résurrection est inévitable. Qu'importe ce qui arrive, cela aussi passera." (extrait de Le changement - un cadeau inestimable, Éditions du Roseau, 2006, p. 69)

Selon ce que j'en comprends, c'est que peu importe la détresse qui nous habite ou la profondeur des ténèbres que l'on traverse, à un moment donné ou à un autre, si nous nous en remettons avec confiance à l'amour infini de Dieu, le soleil se lèvera à nouveau sur notre vie. Trois jours, c'est tout ce que ça prend pour atteindre une rive plus douce et retrouver l'espoir que tout s'arrangera.

Chaque défi est l'occasion d'un miracle

L'auteure nous invite à regarder les problèmes que nous rencontrons comme une expérience d'apprentissage pour soi et toutes les parties impliquées. Il nous faut simplement apprendre à les accueillir de façon positive. Elle nous propose une démarche fort inspirante : "Il s'agit de prendre l'entière responsabilité de ce que nous avons pu faire pour contribuer au problème, de nous pardonner et de pardonner à autrui, de prier pour toutes les personnes concernées et de cultiver notre foi que les miracles divins sont en route vers nous." (idem, p. 64)

Voici la prière (p. 65) qui l'accompagne :

Mon Dieu,
Je dépose ce problème sur Ton autel.
Je Te demande d'interpréter cette situation à ma place.
Fais que je ne vois que l'amour en l'autre et en moi.
Montre-moi ce que je dois voir;
Montre-moi ce que je dois faire.
Aide-moi à pardonner.
Libère mon esprit de la peur.
Merci, mon Dieu.
Amen.

Du sang neuf

Mon miracle à moi depuis vendredi ? Je suis revenue à la vie grâce au sang que j'ai reçu jeudi dernier. En effet, ce sang neuf a contribué à faire remonter le taux de globules rouges qui ont pour fonction de transporter l'oxygène dans le sang et je sens mon énergie renouvelée. Même si je ne suis pas encore assez en forme pour aller monter le mont Orford, je me sens mieux et mon moral est vraiment meilleur. Je garde espoir que ce retour à la vie se poursuivra sans cesse jusqu'au miracle de ma guérison.

Sur ce, bon printemps ! Que Dieu vous bénisse.

P.S. : Je ne sens pas avoir retrouvé encore mon degré d'inspiration habituel, mais je vous offre toute de même ce que j'ai de meilleur.

lundi 3 novembre 2008

Sur les flots de l'épreuve

Au cours du weekend, j'ai eu à tenter d'expliquer ma position actuelle face à la vie, dans mes relations interpersonnelles et à l'égard des défis qui sont miens. Et tout ceci dans la perspective de projets de vie à développer dans un avenir pas si lointain.

D'affirmer que je me sentais déjà très sollicitée et assez occupée par mon cheminement de guérison allait de soi. Mais comment l'expliquer pour que l'autre comprenne que je n'ai pas les moyens de m'engager dans des échanges qui demandent la moindre dose d'énergie liés aux tiraillements ou aux malentendus, et ce, sans faire sentir à l'autre un manque de bonne foi de ma part ? Pas si facile.

Je suis restée calme et sereine tout au long de notre discussion, et ouverte aux revendications de mon partenaire, car après tout, s'il ressent le besoin de me faire part de ses tourments, je me dois de l'écouter et de lui accorder toute mon attention. Peu à peu, dans une atmosphère de saine collaboration, nous avancions vers la résolution du différend. Soudain, il m'est venu une image assez juste de ma position actuelle.

Un radeau au milieu de l'océan

Je me trouve seule sur un petit radeau au milieu de l'océan. Parfois, il fait tempête et ça brasse pas mal fort. Je m'accroche de toutes mes forces aux bords de mon unique bouée de sauvetage en priant Dieu et tous mes frères et soeurs célestes de m'accompagner en ce temps de turbulence. Puis, la tempête s'essouffle, le beau temps revient et les eaux se calment. Je puis à nouveau me laisser bercer par le roulis des vagues et rêver du prochain port que j'atteindrai par la grâce de Dieu. Je suis entièrement soumise à sa volonté et c'est avec une foi inébranlable et toute la patience du monde que je dois poursuivre ma tâche jour après jour en attendant que le Ciel me soit plus clément.

Je ne dois surtout pas me laisser flotter nonchalamment, car les défis et les dangers sont nombreux. Chaque jour, une petite colonie d'anguilles de mer viennent tester ma patience en me soumettant à leur panoplie de petits supplices : douleurs dans les mâchoires aux premières bouchées d'un repas, ulcères dans la bouche, croûtes sanguines dans les narines, engourdissement du visage et des mains au contact du froid, fatigue démesurée, irritations et inconforts multiples qui sont tous des effets secondaires des traitements de chimiothérapie.

Pour leur part, les raies venimeuses viennent rôder aux alentours espérant saisir un moment de faiblesse pour m'empoisonner de leur venin et m'entraîner au fond des eaux glacées de l'océan. Ce sont des menaces constantes et bien réelles qui surgissent en temps de découragement. Leur poison est composé de pensées sombres et de tourments envahissants. Seul le moment présent et la foi peuvent m'en préserver.

Les plus dangereux sont les grands requins blancs qui visent rien de moins que la conquête de mon énergie vitale. Un peu comme les vampires sucent le sang de leurs victimes, les requins siphonnent très sournoisement le jus de leurs proies. Sous des allures d'innocentes victimes offensées ou encore de bons samaritains éplorées, ils ont le pouvoir de me vider rapidement de ma précieuse sève de vie si je ne prends pas garde aux dangers qu'ils représentent pour ma survie.

Dans ce périple challengeant, j'ai bien peu de marge de manoeuvre car le radeau est bien petit et je ne sais pas combien de temps encore je dois tenir sans faillir. Il m'est donc impératif de repousser vigoureusement tout agresseur présumé avant qu'il n'ait le temps de faire ses ravages.

Chacun son embarcation

C'est par ce petit radeau que je suis arrivée le mieux à décrire la nature et l'ampleur de mon défi. Et cette image correspondra sans doute au vécu d'autres personnes qui, comme moi, doivent lutter sans relâche pour atteindre leur destination santé. Cela dit, chaque défi, quelle qu'en soit sa nature (perte, deuil, maladie, divorce, etc.), nous propose un voyage au coeur de l'être. Bien que le mode de transport s'impose souvent de lui-même, il nous est toujours possible de l'aménager pour qu'il soit un peu plus confortable et sûr. Et c'est la façon dont on aura choisi de faire face à l'épreuve qui déterminera les conditions du voyage. Tentez donc d'adoucir votre route... car le périple peut être long et ardu, croyez-moi !

Tiens bien

Tiens à ce qui est bon, même si c'est une poignée de terre.
Tiens à ce en quoi tu crois, même si c'est un arbre qui se dresse tout seul.
Tiens à ce que tu dois faire, même si c'est loin d'ici.
Tiens à ma main, même lorsque je t'aurai quitté.

Nancy Wood, tiré de Many Winters (lu dans le Magazine "O" de novembre 2008, p. 47 - traduction libre)

Bon voyage !

vendredi 22 août 2008

La vie, c'est du gâteau

Cette semaine, j'ai reçu un diaporama très inspirant dont j'aimerais vous partager l'essentiel.

Pourquoi ?

Face aux événements de la vie, on se demande souvent pourquoi cela nous arrive (perte quelconque, accident, maladie, etc.). "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?" ou encore "Qu'est-ce que la vie veut m'apprendre ?" C'est que la plupart du temps, on regarde les événements de façon isolée, c'est-à-dire sans avoir de vision globale d'où cela peut nous mener. Et, en ce sens, nous manquons de confiance à la vie.

Les ingrédients du gâteau

Dans le montage, on présente l'exemple d'une mère qui tente de consoler sa fille adolescente traversant des moments difficiles en lui préparant son gâteau préféré. Sa fille, essuyant ses larmes, accepte volontiers l'offre de sa mère. Elles se dirigent toutes deux à la cuisine.

La mère demande à sa fille si elle veut un morceau de gâteau. "Bien sûr !" répond la fille. "Alors, prends une gorgée de cette huile de cuisson." La fille refuse sans comprendre pourquoi sa mère lui propose cela. Ensuite, la mère lui suggère de manger des oeufs crus. La fille, confuse, refuse à nouveau. La mère lui propose ensuite de manger de la farine. Sa fille, contrariée, s'emporte presque en refusant sans comprendre.

L'alchimie des ingrédients

La morale de cette histoire, c'est que les événements pris individuellement ont peu de sens et nous laissent souvent confus et impuissants. Dans ces moments, nous n'avons pas encore tout le portrait englobant la leçon que la vie veut nous enseigner. Accepter de ne pas comprendre tout de suite et avoir foi en la vie nous amènera plus loin dans notre processus de transformation si nous trouvons la patience d'attendre. Ici encore, le moment présent est un secret précieux pour traverser les épreuves en paix et en harmonie avec le courant de la vie.

La vie nous aime tellement qu'elle nous envoie des fleurs chaque printemps, des levers et des couchers de soleil chaque jour et quelqu'un pour écouter lorsqu'on a besoin de parler. Face aux coups durs que nous rencontrons, nous n'avons qu'à faire confiance que la vie sait ce qu'elle fait et nous laisser guider là où elle veut nous mener. C'est pratiquement toujours plus près de notre coeur.

Sur ce, bon weekend ensoleillé !
Profitez-en bien.


vendredi 25 juillet 2008

Sur le trampoline de l'espoir

"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir." C'est ce qu'on dit depuis toujours. Depuis le début de mon odyssée dans le monde éprouvant de la maladie, je saute régulièrement sur le trampoline de l'espoir. Comment ? Voici : Je reçois d'abord une mauvaise nouvelle de l'oncologue suite à un examen dont les résultats sont décevants. Le ciel s'ennuage (c'est grave)... l'orage arrive (c'est ébranlant)... le calme revient, mais ma paix intérieure a été perturbée. La semaine d'après, je me retrouve chez mon thérapeute avec qui je travaille sur des solutions profondes et pleines d'espoir. La situation, bien qu'elle soit sérieuse, devient gérable. Ouf ! c'est comme la mort qui vient de s'éloigner d'un seul coup à 10 km de moi. Enfin, je peux respirer et travailler plus sereinement à ma guérison. Je viens de rebondir.

Ainsi, dans cet esprit, je prêche mon propre adage, soit : "Tant qu'il y a de l'ESPOIR, il y a de la VIE." Évident, vous me direz ? Pas tant que ça, quand on entend tout ce qui se dit dans le cabinet des oncologues (c'est très solennel)... et dans les salles d'attente (c'est déprimant)... et dans l'entourage des personnes touchées (c'est parfois enrageant). Face au cancer, l'espoir est souvent bien fragile car on nage en plein mystère. Certains spécialistes se permettent même de se prononcer sur des pronostics sombres pour être bien certains de ne pas créer de "faux espoirs" aux patients qu'ils traitent. De quoi ont-ils peur ? D'être poursuivis en justice pour avoir laissé entrevoir une guérison possible ??? Je déplore et je m'insurge contre ces pratiques qui tuent l'espoir en fermant les horizons à la personne qui doit se battre pour sa vie. (Lire Petits et grands miracles, paru le 10 juillet, et Le miracle du désir, paru le lendemain.)

Une fenêtre ouverte sur l'air frais du matin

Le but de ma chronique du jour n'est pas de reprendre le débat, mais bien de vous offrir quelques beaux passages qui mènent sur des avenues de croissance et de guérison dans l'épreuve, quelle qu'elle soit. Ce sont des passages tirés de ma lecture de Joan Chittister, une moniale bénédictine américaine qui a connu l'épreuve tout au long de sa vie et qui a su en tirer de grandes sagesses. (De l'Épreuve à l'espérance, éd. Bellarmin, 2004) Si vous traversez des temps difficiles, je vous recommande fortement de vous plonger dans cette lecture riche qui nous ouvre de belles fenêtres d'espérance.

Par exemple : quand elle parle de l'épreuve de la solitude, elle y associe le don de l'indépendance. À l'épreuve de la nuit obscure, elle jumelle le don de la foi. Au combat contre la peur, le don du courage; et au combat contre l'impuissance, la grâce de rendre les armes, etc. Bien sûr, il s'agit d'une lecture à caractère spirituelle qui touche la dimension de l'âme et de l'esprit. Cette lecture nourrit immanquablement la foi et donne, par le fait même, le souffle de vie nécessaire pour continuer le combat.

Quelques passages à méditer
"Le grand secret de la vie, c'est l'art de survivre au combat sans y succomber, de livrer la bataille sans la perdre, de se sortir de l'épreuve plus forts que lorsque nous y avons été plongés. C'est ce secret que la spiritualité de l'épreuve dévoile." (p. 34)

"Juste au moment où nous sommes le plus vulnérables, quand nous sommes prêts à tout laisser tomber, à abandonner, à partir, nous nous retrouvons engagés dans la bataille de notre vie, à essayer de survivre, à essayer de continuer. Pourquoi ? Parce que vivre, c'est continuer. Parce qu'on n'a pas le choix. La seule question, c'est de savoir si nous allons continuer avec tout ce que nous sommes, ou si nous serons condamnés à survivre, blessés et amers. Une voie mène à la dépression; l'autre, à une vie nouvelle. La première voie, c'est la défaite; l'autre, c'est l'espérance." (p. 41-42)

"Si nous sommes prêts à tenir bon et à traverser les profondeurs de l'épreuve, nous pouvons récolter la conversion, l'indépendance, la foi, le courage, l'abandon, l'acceptation de soi, la persévérance, la pureté du coeur et une sorte de transformation de notre être qui nous conduit au-delà de la douleur, jusqu'à la compréhension. Supporter l'épreuve, c'est le prix à payer pour devenir tout ce que nous sommes appelés à être dans le monde. (p. 42)

"À chaque instant de son existence, écrit Norman Mailer, ou bien on grandit, ou bien on régresse. Ou bien on vit un peu plus, ou bien on meurt un petit peu. (Norman Mailer, Conversations with Norman Mailer, J. Michael Lennon (dir.), University Press of Mississippi,
1990.)
La spiritualité de l'épreuve commence avec la décision de grandir ou de se replier, de vivre un peu plus ou de mourir un petit peu. C'est là une décision de la plus grande importance." (p. 46)



Ouf ! De relire ces passages pour vous les partager me bouleverse encore. C'est tellement profond et plein de vérité. Je souhaite qu'ils vous apportent autant qu'ils ont su m'apporter dans les temps de détresse et de désespoir, comme dans les temps plus doux de retour au calme.

Et ma prière d'aujourd'hui vous est dédiée afin que vous trouviez le courage et la foi pour poursuivre le combat de votre vie (peu importe l'épreuve), car c'est la voie qui mène au précieux diamant. (Lire Indiana Jones et le précieux diamant, paru hier)

Bonne route !