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mardi 7 avril 2009

Cuba : Le grand paradoxe

(Cette chronique conclut sur mon expérience de vacances à Cuba la semaine dernière. Lire les premières chroniques parues depuis le 2 avril.)

Cayo Santa Maria, Cuba
le 31 mars 2009 (Jour 7)

Ce matin, alors que nous en sommes à nos derniers instants à Cuba, je vois clairement la bulle dans laquelle nous venons de passer une courte semaine. Cette bulle, le resort au bord de la mer turquoise et tapissé de sable blanc, regorge d'abondance, tant au niveau de la nature avec ses magnifiques haies de bougainvilliers tout en fleurs et ses buissons d'hibiscus au milieu de majestueux palmiers, que de la générosité des Cubains mis à notre disposition pour rendre notre séjour agréable, et ce, sans compter les comptoirs de nourriture préparée (pas toujours de la meilleure qualité, toutefois) et de la bière et autres boissons alcoolisées qui coulent à flots.

Premier paradoxe

Cette bulle, ne l'oublions pas, se trouve dans l'un des pays les plus miséreux des Caraïbes en raison de son régime politique et du long conflit qui subsiste avec ses voisins les USA et qui l'isole de la richesse nord-américaine. Heureusement que les Canadiens sont là pour amener des fonds neufs dans leur système économique. Il est par ailleurs désolant de constater que ces dollars tant recherchés ne rejoignent pas les habitants de l'Ile, ou si peu. C'est pourquoi les pourboires sont si précieux, parce qu'ils restent aux employés.

Deuxième paradoxe

Sur la plage, là où les bien-nantis comme nous jouissons de toute cette abondance servie sur un plateau d'argent, on expérimente la pénurie de parasols qui non seulement garantissent un coin d'ombre tant convoité, mais déterminent aussi un territoire donné. C'est là que se jouent les petites gueguerres... l'animosité et la frustration caractérisent les débuts de journée et divisent les vacanciers pourtant là pour goûter pleinement aux cadeaux de la vie dans toute sa splendeur. Ces petites gueguerres se rejouent chaque matin qui annonce une belle journée chaude, mais ne mènent jamais vraiment à des incidents fâcheux, bien que les frictions soient susceptibles de survenir à tout moment.

De tout pour tous

Ces expériences matinales sur la plage nous font prendre conscience que la pénurie (ici, de parasols, et ailleurs dans le monde, de nourriture, de territoire, d'eau, etc.) est un ingrédient important des guerres qui éclatent aux quatre coins de la planète. Quand la misère côtoie l'abondance, quand certains ont la chance d'avoir le meilleur sans se soucier du bien-être de leur frère, la faim dicte les comportement guerriers.

Au nom de la paix dans le monde, partageons, s'il vous plaît !


"Le monde commence à deux pas de nous; une main tendue dans un geste venant du coeur sème des graines de paix dans notre jardin intérieur... et la floraison illumine et parfume tout l'entourage." -- Josée Martin

vendredi 3 avril 2009

Donner au suivant avec le coeur

Cayo Santa Maria, Cuba, le 25 mars 2009

J'ai rencontré Ernesto au restaurant buffet du complexe hôtelier où nous séjournons maman et moi. C'est un jeune Cubain dans la vingtaine qui y travaille comme cuisinier. Il sourit et se montre aimable envers tous les clients qui se présentent à son poste; il est chargé de préparer des plats de riz selon les goûts des clients.

La première fois qu'il s'est adressé à moi, c'était pour me complimenter sur le collier que je portais. Ce qui a davantage attiré son attention, c'est la breloque en or que j'y avais accrochée : une représentation de la face de Jésus. Cette breloque m'avait été offerte comme un cadeau du coeur de ma thérapeute lors d'une séance de travail spirituel deux ans auparavant. Je ne portais pratiquement plus ce collier, comme si je n'avais plus besoin d'afficher ma foi aussi clairement, mais j'avais décidé de le porter durant ce voyage à Cuba, sans doute pour en tirer une certaine protection divine.

Le jeune cuisinier aimait beaucoup ce bijou et il me semblait même qu'il aurait souhaité l'acheter. Je sentais que le collier avait un sens profond pour lui, car il avait la foi et en témoignait ouvertement.

De retour à notre table avec un bol de soupe chaude comme entrée, j'ai commencé à jongler avec l'idée d'offrir à Ernesto le collier en cadeau; je sentais aussi que le moment était venu pour moi de laisser aller, de donner au suivant. J'ai donc retiré le collier de mon cou pour le déposer sur la table et j'ai pris un moment pour me recueillir au sujet du geste que je m'apprêtais à poser.

Un cadeau du coeur de Jésus

Pendant que mon coeur s'ouvrait à ce frère étranger, je revoyais dans mon esprit, un peu comme dans un film, toutes les maisons piteuses rencontrées sur notre chemin qui cachent une misère plus qu'évidente. Plus j'y pensais, plus il devenait clair que Jésus appartenait maintenant à Ernesto, le cuisinier. Il n'y avait plus de doute maintenant. Ainsi, avant de quitter la salle à manger, je me suis dirigée vers la cuisine et me suis postée dans la filée de gens qui attendaient pour le riz. Quant Ernesto m'a aperçue, il m'a demandé si je voulais encore du riz. C'est là que je lui ai d'abord demandé son nom. Il m'a retourné la politesse en me demandant mon nom. Puis, je lui ai tendu le collier en lui disant : "Es une regalo para ti." (C'est un cadeau pour toi.)

Je crois qu'il a failli perdre connaissance... il ne le croyait pas au début et quand j'ai insisté en ajoutant : "de mi corazon." (de mon coeur), il a été très ému et est demeuré sans mots pour me remercier. Je suis partie sans tarder, car des clients attendaient en ligne. Il a mis sa main sur son coeur puis m'a soufflé un bisou d'un geste de la main.

En fait, c'était un cadeau du Ciel qui lui était destiné, comme tous les cadeaux que j'ai reçus au cours de la dernière année, dont ce voyage de ressourcement qui m'a été généreusement offert par une grande amie qui voyait que j'en avais bien besoin. Son cadeau m'avait gênée, tout comme Ernesto, mais elle m'avait dit : "Ne sois pas gênée de le recevoir, tu le mérites... et c'est de l'énergie qui circule. Moi, je suis gâtée par la vie : j'ai une belle carrière qui me procure de bons revenus, deux beaux enfants, la santé." Son coeur est branché à l'abondance de l'Univers et elle redonne pour remercier. Merci Annie !


P.S. : J'aurais aimé pouvoir vous présenter Ernesto, mais j'ai eu des problèmes avec ma caméra, ce qui m'a empêchée de prendre toutes les photos que je souhaitais.

lundi 26 janvier 2009

Les histoires que racontent nos vies

"La joie de l'âme est dans l'épanouissement, dans la révélation de soi et dans la capacité de vivre de plus en plus profondément uni avec la personne que l'on est vraiment. Bien qu'il s'agisse d'un travail introspectif à faire soi-même, il est indubitable que le fait d'être vu, connu et aimé par une autre personne procure la chaude lumière de l'encouragement qui adoucit notre coeur envers nous-même, lorsque nos défauts humains nous découragent." (Tiré de Mountain Dreamer, Oriah, La Danse - Vivez au rythme de votre vraie nature, Éditions Logiques, 2004, p. 224)

J'ai été inspirée par cet extrait ce matin qui est suivi dans le livre d'une méditation (pp. 226-228) qui nous invite à porter un regard sur nos vies. En adoptant le même processus de méditation que décrit dans le texte précédent ("Je rentre chez moi"), voici les questions qu'on nous propose pour alimenter notre réflexion :

D'abord,

  • Comment agiriez-vous en découvrant que ce que vous faites n'est pas vraiment important ? Si c'était votre façon de faire les choses qui compte vraiment ? Comment les feriez-vous ?
Dans un deuxième temps,

  • Qu'est-ce que je ferais si ce n'était pas aussi risqué ? (Pensez à un projet qui vous habite depuis longtemps et que vous hésitez à mettre en oeuvre... On en a tous !)
Puis,

  • Comment faites-vous l'amour au monde ? (dans un sens très fraternel et non intime)
  • Si la façon dont vous agissez envers vous-même, envers ceux que vous aimez et que vous connaissez et envers les étrangers raconte une histoire, quelle sorte d'histoire votre vie raconte-t-elle au monde ?
Si vous tentez l'expérience de ce regard introspectif, assurez-vous de ne pas juger les réponses qui vous viennent et surtout de ne pas vous juger. Vous êtes un spectateur disposé à accueillir avec amour et compassion les images qui apparaîtront sur l'écran de votre esprit. Pour aller plus loin, vous pouvez choisir d'écrire les pensées, sentiments ou nouvelles questions que l'exercice a mis au jour.

La Française et l'itinérant

C'est le titre que j'avais envie de donner à la présente chronique, car ce sont de bien belles rencontres que j'ai faites ce weekend. Avec le froid qui balayait le Québec ces derniers jours, mon compagnon et moi avons tenté de nous organiser des sorties qui nous permettaient de prendre l'air sans trop subir les températures glaciales.

Samedi, nous avons voyagé en métro pour nous rendre dans le Vieux-Montréal pour aller voir le film IMAX présenté sur l'océan sauvage du sud de l'Afrique. Après avoir mangé une soupe chaude et un sandwich pour le lunch, nous avions une bonne heure devant nous pour flâner dans les boutiques.

"Le hasard n'existe pas"

Je propose donc à mon amoureux de faire quelques galeries d'art, car je me plais beaucoup à admirer les tableaux d'artistes. Dans le Vieux-Montréal, il y a une galerie qui m'attire tout particulièrement, car y sont exposés les oeuvres de Nicolin Gublin (voir http://www.nicolingublin.com/), des oeuvres très colorées remplies de vie qui ramènent à un côté enfantin de notre être. Nous avons bien besoin de lumière et de légèreté en ce samedi glacial.

Nous entrons dans cette galerie très joyeuse où nous sommes accueillis par une gentille Française ! Elle nous présente en gros ce qu'on y trouve, car il n'y a pas que des tableaux, et nous invite à faire le tour. Et tout bonnement, nous engageons la conversation parlant d'abord d'art et de créativité, le talent que ça demande, les bienfaits qu'ils procurent à ceux s'y laissent transporter, le contact que ça permet avec la profondeur de l'être, etc. Je m'avance un peu plus en partageant sur mon expérience de l'art-thérapie dans un processus de guérison, et patati et patata.

Bref, la conversation a pris un ton de confidence personnelle et nous nous sommes rejointes, la dame et moi, comme si nous ne formions qu'une, par un lien spécial du coeur. Ce bref instant d'échange nous a réchauffées en dedans. Avant de nous quitter, nous nous sommes embrassées par une sincère accolade en nous promettant de penser à l'une et l'autre dans nos prières du soir. Et avant de sortir, j'invite la dame à visiter mon blogue. De son côté, elle me recommande une lecture, selon elle, fort intéressante : "Le hasard n'existe pas" de K.O. Schmidt... J'ai bien hâte de le lire.

Émile le grand et le petit

Dimanche après-midi, nous nous habillons chaudement pour aller prendre une belle marche au parc-nature de l'Ile-de-la-Visitation au nord de Montréal (voir http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=174,4820950&_dad=portal&_schema=PORTAL&nomPage=bt_parc_10). Un beau grand parc qui nous remet en contact avec la nature. Puis, nous allons nous réchauffer au salon de thé de mon quartier où nous nous retrouvons régulièrement pour profiter du temps qui passe. Mais avant, j'ai une petite commission à faire à l'épicerie du coin.

À l'entrée, nous sommes salués par un itinérant qui a l'habitude de s'y trouver pour vendre son magazine L'Itinéraire, une publication montréalaise qui se veut une alternative à la mendicité et un outil de réinsertion sociale. (voir http://www.itineraire.ca/) À notre sortie, il nous offre, par contre, un document personnel plutôt que le magazine habituel, et ce, pour la même somme, soit 2$. Je m'arrête pour voir de quoi il s'agit et il m'explique qu'il ne distribue plus L'Itinéraire. Plutôt, il offre un recueil de textes qui aborde des thèmes de la vraie vie et qu'il a produit lui-même, parce que, comme il dit : "J'haïs ça quêter. J'aime mieux vendre quelque chose."

Je suis impressionnée par l'initiative de cet homme qui a l'allure d'un grand-père. Et je lui dis que moi aussi j'écris. "Ah oui ! Sur quoi ? Aimeriez-vous me soumettre des textes pour ma publication ?" J'ai trouvé ça bien charmant de sa part; bien sûr, il a besoin de s'inspirer, comme moi, de diverses sources. J'ai dit oui spontanément, puis il m'a invitée à le retrouver même heure, même poste au cours des prochains weekends. C'est son spot et c'est la façon de le rejoindre !

Enfin, une fois au café, ma curiosité m'incite à lire les quelques textes contenus dans le document de mon nouvel ami. C'est léger et amusant, rien qui ne vaille plus que 25 cents, mais c'est la cause qui importe, et surtout l'initiative de ce sans-abri qui doit être encouragée. (Et le courage que ça prend pour se poster pendant des heures à un endroit pour recueillir quelques dollars de passants trop souvent indifférents et parfois méprisants.) Je suis touchée par un texte écrit de sa main (d'un français sans fautes, je tiens à le préciser) qui s'intitule "Grand-papa pour la première fois". En voici un extrait :

"Voilà, je suis grand-père. Depuis un an déjà, ma fille Nancy a un petit garçon. Et devinez quoi, elle a décidé de l'appeler Émile ! J'en suis pas mal fier, comme vous pouvez l'imaginer, sans compter que j'aime beaucoup mon prénom. (...) En ce qui concerne ma fille, je suis heureux qu'elle ne soit pas tombée dans la drogue ni dans la rue, car sa maman avait des problèmes de consommation. Pour la petite histoire, ma fille Nancy a été conçue sur le Mont-Royal à l'occasion de la St-Jean-Baptiste. La mère de Nancy a également appris la naissance d'Émile, et je sais qu'elle a été très heureuse de la nouvelle. Malheureusement, je n'ai pu voir mon petit-fils qu'en photo, mais j'espère le rencontrer en personne prochainement.

Je crois que l'arrivée du petit Émile me fait grandir. Le fait de devenir grand-père m'a fait réaliser que ma famille continue de s'élargir et que je ne suis pas seul dans la vie. Je suis content qu'un autre Émile puisse me survivre lorsque je ne serai plus de ce monde."

*Les noms ont été changés et les lieux, légèrement modifiés, afin de protéger l'identité de l'auteur de ces lignes.


De bien belles histoires

Émile, le camelot grand-père, m'a dit qu'il souhaitait partager de bien belles histoires dans sa publication. Eh bien, moi aussi, et je crois que cette dernière en est une bien belle.

mercredi 17 décembre 2008

Les larmes chaudes du contact divin

Hier soir, je suis allée souper avec une amie de longue date en compagnie de mon amoureux. Nous discutions du sujet traité dans ma chronique d'hier, soit comment nous pouvons tendre la main à une personne en détresse croisée sur la rue.

Un toutou en cadeau

Elle s'est mise à me raconter la fois où elle est venue en aide à une jeune femme qui semblait quelque peu perturbée. Cette femme croisée sur le trottoir tout près de chez elle disait que son rêve c'était d'avoir un toutou et qu'elle n'avait pas d'argent. Mon amie l'a donc invitée à la suivre jusque chez elle pour lui offrir le toutou qu'elle avait sur son lit avec un peu d'argent. La femme très reconnaissante l'a remerciée chaleureusement avant de s'en retourner.

Après avoir refermé la porte, mon amie s'est mise à pleurer à chaudes larmes... L'émotion l'avait envahie soudainement.

L'homme qui marche

Cette histoire m'a rappelé un moment semblable dans ma vie. C'était le matin du 24 décembre 2003 à La Plaine, où j'habitais alors. J'avais eu envie d'offrir mes meilleurs voeux à un homme dans la soixantaine que je croisais très souvent tôt le matin sur le chemin du boulot. Il marchait d'un bon pas en compagnie de son chien, beau temps, mauvais temps, par temps froids comme par temps doux, sous le soleil ou sous la pluie. Son engagement à marcher et son allure dynamique étaient très inspirants et je tenais à l'en remercier à ma façon.

J'ai donc préparé une lettre dans laquelle je lui faisais part de mes sentiments et de ma gratitude que j'accompagnais d'un de mes traditionnels poèmes de Noël. J'ai inséré le tout dans une belle enveloppe rouge avec l'intention ferme de lui remettre en ce matin de veille de Noël... Il fallait que je le voie ce matin-là. Je suis donc partie à mon heure habituelle et j'ai roulé doucement afin d'apercevoir mon ami inconnu. Il pleuvait abondamment et la chaussée était glacée, mais j'étais certaine que le temps n'avait pas découragé l'homme de faire sa marche.

Arrivée à la grande route menant en direction de mon travail, je n'avais toujours pas vu l'homme. J'ai choisi de rebrousser chemin afin de tenter à nouveau de créer cette rencontre importante. Enfin ! Le voilà ! Je m'approche lentement et, en m'arrêtant, j'ouvre ma fenêtre pour l'interpeller. "Monsieur, j'ai une surprise pour vous ce matin. Voici mes voeux de Noël." L'homme surpris a reculé d'un pas. Il était visiblement très heureux de cette lettre de Noël. Nous avons échangé quelques mots, il m'a remerciée puis nous avons poursuivi notre route. Aussitôt que j'ai refermé la fenêtre de mon auto, je me suis mise à pleurer soudainement à chaudes larmes. L'émotion était si forte qu'elle m'a emportée.

Quelques jours plus tard, je recevais une carte de Noël de mon ami, car j'avais pris le soin de lui laisser mon adresse. C'était à mon tour de recevoir un beau cadeau. Il écrivait dans un français impeccable, ce qui m'a un peu étonnée, car son allure lui donnait plutôt l'air d'un vagabond. Peut-être était-il un artiste dans l'âme qui se souciait peu de ce les gens pouvaient penser de lui. Enfin, bref, voici quelques lignes de son message :

"Chère Josée. Depuis dix-sept années que je m'adonne à la marche quotidienne de 4 kilomètres, il y a plusieurs personnes qui, de leur auto, m'envoient la main et me sourient. Si tôt le matin, cela nous fait du bien.

Lorsque mon précédent fidèle compagnon est décédé et que je me suis promené seul pendant un long mois, quelques automobilistes se sont arrêtés pour prendre de ses nouvelles et me témoigner leur sympathie. Mais jamais je n'ai eu un témoignage comme celui du 24 décembre dernier. Quelle belle initiative ! Quelle admirable spontanéité !

J'ai le plaisir de partager ma marche avec mon meilleur ami. J'ai la joie de saluer les gens qui me le rendent et avec un sourire mutuel. Mais aujourd'hui, une gentille fée m'a ouvert sa vitre pour échanger de vive voix son allégresse et me la communiquer. Mon avant-midi en a été bouleversé. On se fait du bien tous les deux.

Que je vous inspire confère un sens à mon existence et à ma capacité de toucher l'autre. Dans vos difficultés, dites-vous bien que je suis avec vous en pensées. J'ai senti et compris votre souffrance qui s'est si bien exprimée dans un français impeccable. Quelle rareté !"

Comme vous pouvez le constater, j'ai conservé cette lettre de mon voisin de quartier. Elle m'a tellement touchée que je l'ai classée au chapitre de mes trésors du coeur et lorsque je la relis, je ressens à nouveau la chaleur de ce contact divin.

Une rencontre d'amour avec Dieu

Comment expliquer la montée si soudaine de l'émotion et la rivière de larmes qui suit ? Pour moi, c'est l'effet de la touche divine qui demeure inexplicable. Pour mieux illustrer ma pensée, je me réfère au témoignage d'une femme qui a vécu une expérience marquante au plus profond de son être. Cette femme est une scientifique (microbiologiste qui a obtenu un doctorat en médecine et qui a aussi étudié la psychiatrie) athée jusqu'au jour où elle a vécu un contact privilégié avec un Dieu d'amour qui est venu lui livrer un cadeau inattendu. Voici ce qu'elle raconte :

"Cet après-midi-là, j'étais assise dans mon jardin. Je laissais mon esprit vagabonder au fil des pages d'un livre que je lisais distraitement. Soudain, en un éclair, ma réalité a basculé. Mon esprit a été saisi de deux certitude : Dieu existe et son essence est amour."

"Son premier geste a été de m'offrir un cadeau : l'assurance d'une vie éternelle. Comme ça, gratuitement, sans condition ! D'instinct, je me suis pliée en deux, sous le coup d'une décharge au plexus solaire au seuil du tolérable. Puis je me suis relevée, saisie de sanglots spasmodiques. Je ne voulais ni ne pouvais contrôler ce flot de larmes de bonheur." (Extraits tirés de Témoins au coeur du monde, sous la direction de Luc Phaneuf, éd. Novalis, 2003, p. 47)

Un pont sur l'infini

Alors, comment expliquer la rivière de larmes ? Je crois que certaines réponses se trouvent dans la suite du témoignage de cette femme. Voici :

"Croire, c'est entrevoir une réalité qui n'est ni celle des sens, ni celle des émotions, ni celle de l'intellect. Cette réalité est si vertigineuse que si elle n'était pas voilée, le cerveau disjoncterait de la même façon que la rétine brûlerait si l'oeil fixait le soleil. La foi permet de saisir sourdement, aveuglément, l'essence de la réalité divine. Elle est le
pont entre l'éternel et l'éphémère, l'infiniment grand et l'infiniment petit. Sans elle, le Dieu de la Bible resterait inerte comme une partition musicale non jouée." (idem, p. 51)

La foi est donc une fenêtre ouverte sur la dimension spirituelle qui nous échappe la plupart du temps et les larmes seraient, à mon avis, le signe que le contact avec Dieu a bel et bien eu lieu.

Quel lien avec l'inconnu croisé au hasard ?

Le lien se situe dans la relation d'amour...

"Or, c'est à une relation d'amour que Dieu aspire. (...) Parce qu'il veut être sûr d'être aimé pour lui-même, et non pour son titre, il se présente sous les traits d'un pauvre." (idem, p. 51)

Dans notre marche vers Noël, cherchons le contact divin dans nos rencontres inattendues. Des surprises nous attendent peut-être.

mardi 16 décembre 2008

Heureuses rencontres

Combien de fois croisons-nous des mendiants dans la rue ? Dans la grande ville où j'habite, ils se trouvent un peu partout sur notre route : à la porte du Jean Coutu à vendre des magazines L'Itinéraire, à la sortie des bouches de métro la main tendue, dans les corridors du même souterrain à jouer de la musique pour recueillir des dons, au coin des rues achalandées à solliciter des "clients" pour un lavage de pare-brise éclair, etc. Et ils prennent toutes sortes de formes : la plupart du temps, il s'agit d'hommes (jeunes ou plus âgés) itinérants vivant une détresse quelconque. Mais peu importe ce qui motive leur besoin de quémander, moi je considère qu'ils sont en difficulté et qu'ils méritent notre attention.

Un reflet de notre réalité

J'ai longtemps fait comme la plupart d'entre nous lorsque je les croisais, c'est-à-dire passer droit sans même lever les yeux vers eux. L'indifférence était une réponse claire à mon choix de ne pas les soutenir. Bien sûr, on ne peut donner à tous ceux qu'on rencontre sur notre chemin. Et en passant droit, je me répétais la même excuse : "Je donne déjà à des causes reconnues : Centraide, la Guignolée, la Croix-Rouge, etc." Ainsi, je prenais soin de mon sentiment de culpabilité en l'étouffant.

Puis, j'ai commencé à changer ma position vis-à-vis ces concitoyens dans le besoin, car ne nous leurrons pas, ils font bel et bien partie de notre société. Je me disais alors : "Je vis dans une grande ville qui offre tout plein d'avantages (divertissements multiples, attraits touristiques captivants, commodités à proximité, transport en commun efficace, etc.); je me dois d'intégrer également, et de faire ma part pour améliorer les aspects plus sombres de cette réalité urbaine. C'est ainsi que j'en suis arrivée à choisir de donner chaque fois que j'en avais l'occasion. Il n'est pas nécessaire de donner beaucoup pour soutenir une personne, car ce qu'elle recherche avant tout, c'est la reconnaissance.

Au début, c'était un petit sourire et un signe de la tête, parfois accompagnés d'une pièce de monnaie. À l'occasion, je m'arrêtais pour lui parler : "Qu'est-ce qui vous arrive ?" "Comment puis-je vous aider ?" Chaque fois que j'ai adressé la parole à une personne dans le besoin, j'ai fait une belle rencontre. Et il y a eu des rencontres plus marquantes que d'autres.

Au milieu de la foule aveugle

Je me souviens de cette jeune fille de 18-19 ans croisée à la station de métro Berri-UQAM, la plaque tournante de notre réseau de transport souterrain. Elle était au milieu de la foule de l'heure de pointe matinale à crier : "Y'a-tu quelqu'un qui veut m'aider ? J'ai besoin d'aide." Les gens passaient à côté d'elle sans la voir. Pourtant sa détresse était évidente.

Je me suis arrêtée pour lui demander : "Comment puis-je t'aider ?" Elle m'a expliqué qu'elle était coincée dans la ville pour la journée, car ses cours au cégep n'auraient pas lieu (ou quelque chose du genre) et qu'il lui faudrait attendre jusqu'au soir tard que quelqu'un vienne la chercher pour rentrer chez elle à Joliette. Elle souhaitait rentrer à la maison. J'ai été immédiatement touchée par son histoire (qu'elle ait été vraie ou non), car je me souvenais de ma propre détresse à l'âge de 9- 10 ans, lorsque ma soeur et moi sommes restées prisonnières d'une méga tempête de neige. Toutes les rues de la ville étaient impraticables; seuls les motoneiges pouvaient se frayer un chemin. C'était un samedi du début mars de 1971... vous vous rappelez ?

Enfin, ce souvenir douloureux m'a rappelé combien j'avais hâte de rentrer chez moi au chaud et en sécurité. C'est donc sans hésitation que je lui ai offert ce que je pouvais pour lui permettre de s'acheter un billet d'autobus. Elle était tellement excitée qu'elle en sautait de joie et cette jeune fille a même lancé, dans son excitation, un : "Je vais prier pour vous." Cette phrase m'a frappée venant d'une personne qui n'a pas été imprégnée d'une mentalité spirituelle comme nous. Je lui ai alors répondu : "Merci, j'en ai besoin." Puis elle est partie en courant.

Un dimanche matin pluvieux

Il y a aussi cet homme d'un certain âge qui m'a abordée en pleurant à la porte du marché Provigo de mon quartier. C'était un dimanche matin triste, vers 10h. Il pleuvait. Il s'est adressé à moi en ces mots : "Madame, auriez-vous 2,50$ pour me permettre de prendre l'autobus ? Je dois me rendre dans un centre de désintoxication et je n'ai plus d'argent." Son visage ruisselait de larmes chaudes et sincères. Cette détresse m'a touchée profondément; je ne pouvais refuser à cet homme la chance qu'il se donnait de reprendre sa vie en main.

Je fouillais dans mon porte-monnaie, chose que je ne fais jamais sur la rue (ou qu'exceptionnellement) ; j'avais l'intention de lui donner un peu plus pour qu'il puisse prendre un café pour se réchauffer. Voyant ce que je faisais, il me dit : "Juste 2,50$, Madame, pas plus." Je lui ai tout de même offert un peu plus. Il m'a remerciée simplement et s'est dirigé tranquillement vers l'arrêt d'autobus.

Un poète en fauteuil roulant

Samedi dernier, il faisait très froid (moins 15 degrés C en plus du vent qui empirait l'effet de froid ressenti). J'avais besoin de passer à la librairie pour acheter un cadeau de Noël. Là où je stationne la voiture, un jeune homme (début trentaine) en fauteuil roulant sollicite timidement la générosité des passants. Je prépare une pièce de monnaie pour lui donner. Il me remercie et me remet un poème écrit de sa main et il fait de même pour mon amoureux qui lui a également donné une pièce.

"Ah ! Vous écrivez ? Moi aussi." lui dis-je. Puis, en revenant de la libraire, je lui remets une carte sur laquelle se trouve l'adresse de ce blogue pour l'inviter à venir y faire un tour à ses heures. Il semblait très heureux de l'attention que nous lui avions accordée. J'aimerais vous partager les écrits de cette personne qui m'est un peu moins inconnue...

La beauté

En pensant à tous ces passants
Je m'interroge sur la beauté
Celle d'une femme
D'une larme qui fragilise
D'un sourire qui m'inspire
L'innocence
Perdue par inadvertance
Sur le trottoir
Assis sur mon fauteuil
Habituelle place de mes deuils
La beauté
d'un échec retourné
Par expérience
Jadis ignorance
Les passants élégants
Leurs richesses me caressent
Diamants habillés
Délinquance dépourvue d'arrogance

Michel Pepin

Mots de sagesse

Nous gagnons notre vie avec ce que nous recevons. Nous la forgeons avec ce que nous donnons. (traduction libre)
We make a living by what we get. We make a life by what we give.
—Winston Churchill

Tout ce qui a de la valeur dans la vie se multiplie seulement lorsqu'il est donné.
(traduction libre)
Anything that is of value in life only multiplies when it is given.
—Deepak Chopra

Si vous saviez ce que je sais au sujet du pouvoir de donner, vous ne laisseriez passer aucun repas sans le partager d'une quelconque façon.
(traduction libre)
If you knew what I know about the power of giving, you would not let a single meal pass without sharing it in some way.
—Buddha

Si vous avez beaucoup, partagez votre richesse. Si vous avez peu, donnez votre coeur.
(traduction libre)
If you have much, give of your wealth. If you have little, give of your heart.
—Arab proverb


En ce temps de partage et de réjouissances, je vous souhaite de faire d'heureuses rencontres !

mardi 7 octobre 2008

"Be a light" -- Sois lumière

Pour faire suite à ma chronique d'hier, j'ai choisi d'inclure aujourd'hui le texte qui m'a inspiré le passage "Be a light". Ainsi, vous aurez quelques pistes à emprunter pour être lumière.

Comment être lumière

À chaque instant, nourris des pensées élevées, prononce des paroles élevées, pose des gestes élevées (de haute conscience). Ainsi, tu glorifies ton être divin de même que ton Dieu. Contribue à la paix sur terre en apportant la paix à tous ceux que tu rencontres. Sois paix.


À chaque instant, ressens et exprime ta connexion divine avec le grand Tout, ainsi qu'avec chaque personne, lieu et chose.

Accueille chaque circonstance, accepte chaque faute, partage chaque joie, contemple chaque mystère, marche dans les souliers de chaque personne, pardonne chaque offense (incluant les tiennes), guéris chaque coeur, honore la vérité de chaque personne, adore le divin en chacun, protège les droits de chacun, préserve la dignité de chaque personne, reconnais les intérêts de chacun, comble les besoins de chaque être, aies foi en la divinité de chacun, ...

  • Sois un exemple vivant de la Vérité Suprême qui réside en toi.
  • Parle humblement de toi-même, pour éviter qu'on ne perçoive ta Vérité Suprême comme de la vantardise.
  • Parle doucement, pour éviter qu'on croie que tu cherches l'attention.
  • Parle gentiment, afin que tous voient l'Amour dans tes paroles.
  • Parle ouvertement, afin d'éviter qu'on suppose que tu as quelque chose à cacher.
  • Parle candidement, afin qu'on ne te prenne pas en erreur.
  • Parle souvent, afin que tes paroles fassent leur chemin.
  • Parle respectueusement, afin que personne ne soit déshonoré.
  • Parle amoureusement, afin que chaque syllabe puisse guérir.

Fais de ta vie un cadeau. Souviens-toi toujours, tu es le cadeau. Sois un cadeau pour chacun qui entre dans ta vie et pour tous ceux qui t'ont laissé entrer dans la leur. Fais attention de ne pas entrer dans la vie d'une autre personne si tu ne peux être un cadeau. (Tu peux toujours être un cadeau, parce que tu es toujours le cadeau -- mais parfois tu l'oublies.) Quand quelqu'un entre dans ta vie de façon inattendue, cherche le cadeau que cette personne est venue recevoir de toi (de ta personne).

(Traduction libre tirée de Conversations avec Dieu, volume 2, Neale Donald Walsch, pages 175-176)

Bonnes rencontres !


Coucher de soleil au pôle nord

dimanche 2 décembre 2007

La guignolée ou les magasins... ou les deux ?

Tel que promis hier, me voici en ce petit dimanche calme pour aborder le thème de Noël. Comme le titre le dit, j'avais le choix aujourd'hui d'aller passer la guignolée ou de faire des courses.

D'abord, la guignolée; c'est devenu une tradition maintenant pour moi, depuis que j'ai joint l'équipe de bénévoles de La Plaine il y a déjà plus de 7 ans. Dans cette petite municipalité où j'ai habité pendant 12 ans, la guignolée, c'est une grande fête où l'enthousiasme et l'effort des plus engagés sont réunis pour obtenir tout le succès possible.

En effet, l'opération de collecte de denrées et de dons est orchestrée par les Chevaliers de Colomb de l'endroit. Au rassemblement matinal, on est accueilli avec beignes et café par les membres de l'âge d'or qui sont tout sourire. De même, au retour, après avoir marché d'une et deux heures en sonnant à chaque porte, les bénévoles sont à nouveau reçus en grande avec soupe chaude, petites sandwiches pas de croutes, café, gâteries et même un petit verre de vin. Pour réaliser ce goûter réconfortant, l'organisation a reçu l'appui d'un des épiciers de l'endroit qui a commandité la nourriture. Ce sont les madames de l'âge d'or qui ont cuisiné le tout.

Quant à l'opération de collecte comme telle, tout est très bien organisée; que ce soit les différentes routes à faire ou le matériel disponible (poches résistantes pour accepter les boîtes de conserve, caisses de lait pour classer les denrées, cannes pour les dons en argent, écussons d'identification à la cause, etc.). Et quand la route est complétée, on se rend aux locaux de la banque alimentaire locale où, encore une fois, une armée de bras d'hommes et de femmes dévoués nous reçoivent pour nous aider à décharger notre précieuse livraison.

Cette année, avec grande peine, j'ai choisi de sauter mon tour, car il est préférable aujourd'hui pour moi de me reposer. J'en profiterai donc pour faire quelques courses. Mais ceci ne m'empêche pas de contribuer autrement à cette belle activité de charité... j'ai préparé mon sac de denrées à offrir à ceux qui viendront sonner à ma porte et j'ai pris le soin d'y inclure un ou deux cadeaux qui seront sûrement appréciés par ceux qui les trouveront dans leur panier de Noël.

Dans ma prochaine chronique, je vous parlerai d'une autre belle tradition que j'inclus dans mes préparatifs de Noël.