Affichage des articles dont le libellé est accueil. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est accueil. Afficher tous les articles

dimanche 1 novembre 2009

Ouvre tes bras à la vie

Comme je n'ai pas eu la chance d'écrire beaucoup cette semaine, et ce n'était pas par manque de temps, mais plutôt en raison des difficultés rencontrées au fil des jours côté santé, j'ai décidé, aujourd'hui, de vous faire un cadeau que j'emprunte à Maya Angelou, une grande amie et collaboratrice d'Oprah Winfrey. Une femme d'une très grande sagesse.

Alors, voici une belle leçon d'optimisme à pratiquer. En avril dernier, Maya Angelou a été interviewée par Oprah à l'occasion de ses 70+. Oprah lui a demandé ce qu'elle pensait de vieillir. Et là, à la television, elle a dit excitée : "En ce qui a trait aux changements de mon corps, il y en a plusieurs qui se produisent chaque jour... en particulier mes seins. Ils semblent faire une course pour voir lequel se rendra le premier à ma taille." Le public a tellement ri qu'il en pleurait. C'est une femme tellement simple et honnête et qui fait preuve d'énormément de sagesse dans ses mots!

Maya Angelou a dit ceci: "J'ai appris une chose: c'est que peu importe ce qui arrive, ou à quel point aujourd'hui semble éprouvant, la vie continue quand même, et demain ira mieux.

J'ai aussi appris qu'on peut dire beaucoup sur une personne à sa façon de voir trois choses: une journée pluvieuse, beaucoup de baggage et des lumières de Noël entremêlées.

J'ai appris que peu importe quelle a été ta relation avec tes parents, ils vont te manquer lorsqu'ils ne seront plus dans ta vie.

J'ai appris que "gagner sa vie" est bien different de "faire sa vie."

J'ai appris que la vie nous donne parfois une deuxième chance.

J'ai appris qu'on ne devrait pas traverser la vie avec un gant de baseball dans chaque main, il faut parfois être capable de renvoyer quelque chose.

J'ai appris que chaque fois que je décide quelque chose avec un coeur ouvert, je prends généralement la bonne décision.

J'ai appris que même si j'ai des douleurs, je n'ai pas besoin d'en être une.

J'ai appris qu'à chaque jour, on devrait tendre la main à quelqu'un. Les gens aiment qu'on les serre dans nos bras ou qu'on leur donne une petite tape amicale.

J'ai appris qu'il me restait encore beaucoup à apprendre.

J'ai appris que les gens vont oublier ce que tu as dit, les gens vont oublier ce que tu as fait, mais les gens n'oublieront jamais comment ils se sont sentis avec toi."

C'était le message de Maya Angalou. Et moi. récemment, j'ai appris que l'étreinte que j'ai donnée généreusement et sincèrement à une amie d'enfance que je n'avais pas vue depuis fort longtemps a fait toute une différence dans sa vie, car elle a senti qu'elle avait encore une place dans mon coeur. Elle s'est sentie aimée profondément malgré la distance et l'absence. Et ça c'est l'amour divin !

Bon dimanche !

lundi 29 juin 2009

Une expérience inoubliable en Biodanza


Au lendemain du Symposium de St-Raphaël, nous sommes de retour dans notre appartement prêté à Cannes et je fais le point sur cette aventure merveilleuse vécue au cours des quatre derniers jours. Nous étions, en compagnie de 350 autres participants, au pays de l’amour fraternel où régnait joie, plaisir, tendresse, musique et danse. Jamais de toute ma vie, je n’ai senti une ouverture aussi grande aux différences et un accueil aussi inconditionnel dans nos ressemblances fondamentales d’êtres humains.

Souvent, nous ne formions qu’une grande cellule dans notre désir d’unité avec toutes les autres cellules qu’étaient nos compagnons de danse. Et les différences et la discrimination n’existaient plus : jeunes, vieux, grands, petits, handicapés ou non, tous étaient égaux et solidaires.

Égaux et solidaires… est-ce possible de nos jours ? Moi, je dis oui à condition de choisir l’Amour, le grand, celui qui fait des miracles. C’est cet amour qu’on reconnaît en la présence de Dieu : « Aime ton prochain comme toi-même. » nous a dit le Seigneur. Eh bien, Il était parmi nous à St-Raphaël. Une question, ou plutôt un défi nous était posé par les facilitateurs (les animateurs de vivencias, comme on les appelle) à la fin de chaque activité : Comment ramener ça chez nous ? C’est-à-dire, comment faire fructifier la magie qui s’opérait entre nous dans notre désir sincère et profond de rencontrer l’autre dans son être véritable ? Car c’est possible de reproduire l’expérience à plus grande échelle quand on y a goûté, quand on sait.

Eh bien, l’être véritable se trouve dans le cœur et pour le rejoindre, il faut sortir de l’ego, cet aspect de soi qui sait si bien nous entraîner dans des chemins tordus, sombres et douloureux. Il faut chercher la lumière, l’étincelle divine qui se cache au fond de notre âme, cette partie de soi qui nous relie à Dieu. Il nous faut nous retirer souvent dans la chaleur de notre cœur, comme si on allait s’asseoir dans une petite grotte bien à soi pour y rencontrer notre Guide lumineux pour s’en abreuver, s’en nourrir et en revenir débordant de joie enfantine pour aller courir librement dans un champ de marguerites et y cueillir les petites fraises qu’on trouve à nos pieds.

C’est aussi simple que ça, le vrai bonheur.

L’espoir a des « elles »

C’est le samedi à 11 heures que nous étions invitées à présenter notre vidéo documentaire qui est au centre du projet que nous menons depuis l’automne dernier. À notre grande surprise, la petite salle était pleine; plus de 80 personnes s’y massaient et étaient attentifs au message que nous étions venues livrer dans le cadre de ce Symposium.

D’abord touchés par notre mot d’ouverture, les spectateurs ont su apprécier ce qu’ils ont vu et plusieurs ont même pleuré à chaudes larmes. À la fin, l’assemblée s’est levée spontanément pour applaudir chaudement le travail du groupe, mais surtout les femmes qui ont eu le courage de montrer leur vulnérabilité dans ce film et qui ont fait preuve de générosité en acceptant de partager leur expérience du cancer et de la Biodanza pour aller au secours d’autres personnes atteintes en répandant l’espoir, ingrédient fondamental dans la lutte pour la vie.

Plusieurs aussi sont venus nous rencontrer à la fin pour nous remercier, nous féliciter et nous serrer dans leurs bras. Le message a rencontré son objectif de toucher et d’ouvrir grande la porte de l’espoir.

Et puis, une personne se tenait là à attendre son tour pour me voir. Elle avait besoin de s’entretenir avec moi, car, me disait-elle, elle venait d’être touchée indirectement par le cancer diagnostiqué chez une personne très proche d’elle. Elle me demande : « Quelle erreur devrai-je éviter dans mon désir de l’aider et de l’accompagner ? »

J’ai tout de suite senti toute la responsabilité qui m’incombait dans la réponse à cette question. J’ai pris quelques secondes pour laisser le temps à mon Guide de m’inspirer les bons mots : « Ne vous oubliez pas là-dedans, car vous serez deux à traverser la même épreuve mais à des niveaux différents. Vous devez prendre du temps souvent pour vous ressourcer. N’oubliez pas non plus que l’autre sera limitée par moments dans ses capacités physiques à travers les traitements et en raison des symptômes de la maladie qui se manifesteront. Vous devez ajuster vos attentes et vos exigences envers elle, car sa lutte pour la vie est déjà très, très exigeante.

« N’oubliez pas, enfin, que l’épreuve peut vous entraîner tous les deux dans un gouffre de misère si vous n’êtes pas attentifs à ce qui se passe entre vous, et cela peut briser la relation. Vous devez donc vous recueillir souvent pour trouver l’action juste, le mot juste, la piste juste… Restez branché à votre Guide intérieur dans la lumière du cœur. »

Voilà ma réponse. Amen !

lundi 26 janvier 2009

Les histoires que racontent nos vies

"La joie de l'âme est dans l'épanouissement, dans la révélation de soi et dans la capacité de vivre de plus en plus profondément uni avec la personne que l'on est vraiment. Bien qu'il s'agisse d'un travail introspectif à faire soi-même, il est indubitable que le fait d'être vu, connu et aimé par une autre personne procure la chaude lumière de l'encouragement qui adoucit notre coeur envers nous-même, lorsque nos défauts humains nous découragent." (Tiré de Mountain Dreamer, Oriah, La Danse - Vivez au rythme de votre vraie nature, Éditions Logiques, 2004, p. 224)

J'ai été inspirée par cet extrait ce matin qui est suivi dans le livre d'une méditation (pp. 226-228) qui nous invite à porter un regard sur nos vies. En adoptant le même processus de méditation que décrit dans le texte précédent ("Je rentre chez moi"), voici les questions qu'on nous propose pour alimenter notre réflexion :

D'abord,

  • Comment agiriez-vous en découvrant que ce que vous faites n'est pas vraiment important ? Si c'était votre façon de faire les choses qui compte vraiment ? Comment les feriez-vous ?
Dans un deuxième temps,

  • Qu'est-ce que je ferais si ce n'était pas aussi risqué ? (Pensez à un projet qui vous habite depuis longtemps et que vous hésitez à mettre en oeuvre... On en a tous !)
Puis,

  • Comment faites-vous l'amour au monde ? (dans un sens très fraternel et non intime)
  • Si la façon dont vous agissez envers vous-même, envers ceux que vous aimez et que vous connaissez et envers les étrangers raconte une histoire, quelle sorte d'histoire votre vie raconte-t-elle au monde ?
Si vous tentez l'expérience de ce regard introspectif, assurez-vous de ne pas juger les réponses qui vous viennent et surtout de ne pas vous juger. Vous êtes un spectateur disposé à accueillir avec amour et compassion les images qui apparaîtront sur l'écran de votre esprit. Pour aller plus loin, vous pouvez choisir d'écrire les pensées, sentiments ou nouvelles questions que l'exercice a mis au jour.

La Française et l'itinérant

C'est le titre que j'avais envie de donner à la présente chronique, car ce sont de bien belles rencontres que j'ai faites ce weekend. Avec le froid qui balayait le Québec ces derniers jours, mon compagnon et moi avons tenté de nous organiser des sorties qui nous permettaient de prendre l'air sans trop subir les températures glaciales.

Samedi, nous avons voyagé en métro pour nous rendre dans le Vieux-Montréal pour aller voir le film IMAX présenté sur l'océan sauvage du sud de l'Afrique. Après avoir mangé une soupe chaude et un sandwich pour le lunch, nous avions une bonne heure devant nous pour flâner dans les boutiques.

"Le hasard n'existe pas"

Je propose donc à mon amoureux de faire quelques galeries d'art, car je me plais beaucoup à admirer les tableaux d'artistes. Dans le Vieux-Montréal, il y a une galerie qui m'attire tout particulièrement, car y sont exposés les oeuvres de Nicolin Gublin (voir http://www.nicolingublin.com/), des oeuvres très colorées remplies de vie qui ramènent à un côté enfantin de notre être. Nous avons bien besoin de lumière et de légèreté en ce samedi glacial.

Nous entrons dans cette galerie très joyeuse où nous sommes accueillis par une gentille Française ! Elle nous présente en gros ce qu'on y trouve, car il n'y a pas que des tableaux, et nous invite à faire le tour. Et tout bonnement, nous engageons la conversation parlant d'abord d'art et de créativité, le talent que ça demande, les bienfaits qu'ils procurent à ceux s'y laissent transporter, le contact que ça permet avec la profondeur de l'être, etc. Je m'avance un peu plus en partageant sur mon expérience de l'art-thérapie dans un processus de guérison, et patati et patata.

Bref, la conversation a pris un ton de confidence personnelle et nous nous sommes rejointes, la dame et moi, comme si nous ne formions qu'une, par un lien spécial du coeur. Ce bref instant d'échange nous a réchauffées en dedans. Avant de nous quitter, nous nous sommes embrassées par une sincère accolade en nous promettant de penser à l'une et l'autre dans nos prières du soir. Et avant de sortir, j'invite la dame à visiter mon blogue. De son côté, elle me recommande une lecture, selon elle, fort intéressante : "Le hasard n'existe pas" de K.O. Schmidt... J'ai bien hâte de le lire.

Émile le grand et le petit

Dimanche après-midi, nous nous habillons chaudement pour aller prendre une belle marche au parc-nature de l'Ile-de-la-Visitation au nord de Montréal (voir http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=174,4820950&_dad=portal&_schema=PORTAL&nomPage=bt_parc_10). Un beau grand parc qui nous remet en contact avec la nature. Puis, nous allons nous réchauffer au salon de thé de mon quartier où nous nous retrouvons régulièrement pour profiter du temps qui passe. Mais avant, j'ai une petite commission à faire à l'épicerie du coin.

À l'entrée, nous sommes salués par un itinérant qui a l'habitude de s'y trouver pour vendre son magazine L'Itinéraire, une publication montréalaise qui se veut une alternative à la mendicité et un outil de réinsertion sociale. (voir http://www.itineraire.ca/) À notre sortie, il nous offre, par contre, un document personnel plutôt que le magazine habituel, et ce, pour la même somme, soit 2$. Je m'arrête pour voir de quoi il s'agit et il m'explique qu'il ne distribue plus L'Itinéraire. Plutôt, il offre un recueil de textes qui aborde des thèmes de la vraie vie et qu'il a produit lui-même, parce que, comme il dit : "J'haïs ça quêter. J'aime mieux vendre quelque chose."

Je suis impressionnée par l'initiative de cet homme qui a l'allure d'un grand-père. Et je lui dis que moi aussi j'écris. "Ah oui ! Sur quoi ? Aimeriez-vous me soumettre des textes pour ma publication ?" J'ai trouvé ça bien charmant de sa part; bien sûr, il a besoin de s'inspirer, comme moi, de diverses sources. J'ai dit oui spontanément, puis il m'a invitée à le retrouver même heure, même poste au cours des prochains weekends. C'est son spot et c'est la façon de le rejoindre !

Enfin, une fois au café, ma curiosité m'incite à lire les quelques textes contenus dans le document de mon nouvel ami. C'est léger et amusant, rien qui ne vaille plus que 25 cents, mais c'est la cause qui importe, et surtout l'initiative de ce sans-abri qui doit être encouragée. (Et le courage que ça prend pour se poster pendant des heures à un endroit pour recueillir quelques dollars de passants trop souvent indifférents et parfois méprisants.) Je suis touchée par un texte écrit de sa main (d'un français sans fautes, je tiens à le préciser) qui s'intitule "Grand-papa pour la première fois". En voici un extrait :

"Voilà, je suis grand-père. Depuis un an déjà, ma fille Nancy a un petit garçon. Et devinez quoi, elle a décidé de l'appeler Émile ! J'en suis pas mal fier, comme vous pouvez l'imaginer, sans compter que j'aime beaucoup mon prénom. (...) En ce qui concerne ma fille, je suis heureux qu'elle ne soit pas tombée dans la drogue ni dans la rue, car sa maman avait des problèmes de consommation. Pour la petite histoire, ma fille Nancy a été conçue sur le Mont-Royal à l'occasion de la St-Jean-Baptiste. La mère de Nancy a également appris la naissance d'Émile, et je sais qu'elle a été très heureuse de la nouvelle. Malheureusement, je n'ai pu voir mon petit-fils qu'en photo, mais j'espère le rencontrer en personne prochainement.

Je crois que l'arrivée du petit Émile me fait grandir. Le fait de devenir grand-père m'a fait réaliser que ma famille continue de s'élargir et que je ne suis pas seul dans la vie. Je suis content qu'un autre Émile puisse me survivre lorsque je ne serai plus de ce monde."

*Les noms ont été changés et les lieux, légèrement modifiés, afin de protéger l'identité de l'auteur de ces lignes.


De bien belles histoires

Émile, le camelot grand-père, m'a dit qu'il souhaitait partager de bien belles histoires dans sa publication. Eh bien, moi aussi, et je crois que cette dernière en est une bien belle.

mercredi 17 décembre 2008

Les larmes chaudes du contact divin

Hier soir, je suis allée souper avec une amie de longue date en compagnie de mon amoureux. Nous discutions du sujet traité dans ma chronique d'hier, soit comment nous pouvons tendre la main à une personne en détresse croisée sur la rue.

Un toutou en cadeau

Elle s'est mise à me raconter la fois où elle est venue en aide à une jeune femme qui semblait quelque peu perturbée. Cette femme croisée sur le trottoir tout près de chez elle disait que son rêve c'était d'avoir un toutou et qu'elle n'avait pas d'argent. Mon amie l'a donc invitée à la suivre jusque chez elle pour lui offrir le toutou qu'elle avait sur son lit avec un peu d'argent. La femme très reconnaissante l'a remerciée chaleureusement avant de s'en retourner.

Après avoir refermé la porte, mon amie s'est mise à pleurer à chaudes larmes... L'émotion l'avait envahie soudainement.

L'homme qui marche

Cette histoire m'a rappelé un moment semblable dans ma vie. C'était le matin du 24 décembre 2003 à La Plaine, où j'habitais alors. J'avais eu envie d'offrir mes meilleurs voeux à un homme dans la soixantaine que je croisais très souvent tôt le matin sur le chemin du boulot. Il marchait d'un bon pas en compagnie de son chien, beau temps, mauvais temps, par temps froids comme par temps doux, sous le soleil ou sous la pluie. Son engagement à marcher et son allure dynamique étaient très inspirants et je tenais à l'en remercier à ma façon.

J'ai donc préparé une lettre dans laquelle je lui faisais part de mes sentiments et de ma gratitude que j'accompagnais d'un de mes traditionnels poèmes de Noël. J'ai inséré le tout dans une belle enveloppe rouge avec l'intention ferme de lui remettre en ce matin de veille de Noël... Il fallait que je le voie ce matin-là. Je suis donc partie à mon heure habituelle et j'ai roulé doucement afin d'apercevoir mon ami inconnu. Il pleuvait abondamment et la chaussée était glacée, mais j'étais certaine que le temps n'avait pas découragé l'homme de faire sa marche.

Arrivée à la grande route menant en direction de mon travail, je n'avais toujours pas vu l'homme. J'ai choisi de rebrousser chemin afin de tenter à nouveau de créer cette rencontre importante. Enfin ! Le voilà ! Je m'approche lentement et, en m'arrêtant, j'ouvre ma fenêtre pour l'interpeller. "Monsieur, j'ai une surprise pour vous ce matin. Voici mes voeux de Noël." L'homme surpris a reculé d'un pas. Il était visiblement très heureux de cette lettre de Noël. Nous avons échangé quelques mots, il m'a remerciée puis nous avons poursuivi notre route. Aussitôt que j'ai refermé la fenêtre de mon auto, je me suis mise à pleurer soudainement à chaudes larmes. L'émotion était si forte qu'elle m'a emportée.

Quelques jours plus tard, je recevais une carte de Noël de mon ami, car j'avais pris le soin de lui laisser mon adresse. C'était à mon tour de recevoir un beau cadeau. Il écrivait dans un français impeccable, ce qui m'a un peu étonnée, car son allure lui donnait plutôt l'air d'un vagabond. Peut-être était-il un artiste dans l'âme qui se souciait peu de ce les gens pouvaient penser de lui. Enfin, bref, voici quelques lignes de son message :

"Chère Josée. Depuis dix-sept années que je m'adonne à la marche quotidienne de 4 kilomètres, il y a plusieurs personnes qui, de leur auto, m'envoient la main et me sourient. Si tôt le matin, cela nous fait du bien.

Lorsque mon précédent fidèle compagnon est décédé et que je me suis promené seul pendant un long mois, quelques automobilistes se sont arrêtés pour prendre de ses nouvelles et me témoigner leur sympathie. Mais jamais je n'ai eu un témoignage comme celui du 24 décembre dernier. Quelle belle initiative ! Quelle admirable spontanéité !

J'ai le plaisir de partager ma marche avec mon meilleur ami. J'ai la joie de saluer les gens qui me le rendent et avec un sourire mutuel. Mais aujourd'hui, une gentille fée m'a ouvert sa vitre pour échanger de vive voix son allégresse et me la communiquer. Mon avant-midi en a été bouleversé. On se fait du bien tous les deux.

Que je vous inspire confère un sens à mon existence et à ma capacité de toucher l'autre. Dans vos difficultés, dites-vous bien que je suis avec vous en pensées. J'ai senti et compris votre souffrance qui s'est si bien exprimée dans un français impeccable. Quelle rareté !"

Comme vous pouvez le constater, j'ai conservé cette lettre de mon voisin de quartier. Elle m'a tellement touchée que je l'ai classée au chapitre de mes trésors du coeur et lorsque je la relis, je ressens à nouveau la chaleur de ce contact divin.

Une rencontre d'amour avec Dieu

Comment expliquer la montée si soudaine de l'émotion et la rivière de larmes qui suit ? Pour moi, c'est l'effet de la touche divine qui demeure inexplicable. Pour mieux illustrer ma pensée, je me réfère au témoignage d'une femme qui a vécu une expérience marquante au plus profond de son être. Cette femme est une scientifique (microbiologiste qui a obtenu un doctorat en médecine et qui a aussi étudié la psychiatrie) athée jusqu'au jour où elle a vécu un contact privilégié avec un Dieu d'amour qui est venu lui livrer un cadeau inattendu. Voici ce qu'elle raconte :

"Cet après-midi-là, j'étais assise dans mon jardin. Je laissais mon esprit vagabonder au fil des pages d'un livre que je lisais distraitement. Soudain, en un éclair, ma réalité a basculé. Mon esprit a été saisi de deux certitude : Dieu existe et son essence est amour."

"Son premier geste a été de m'offrir un cadeau : l'assurance d'une vie éternelle. Comme ça, gratuitement, sans condition ! D'instinct, je me suis pliée en deux, sous le coup d'une décharge au plexus solaire au seuil du tolérable. Puis je me suis relevée, saisie de sanglots spasmodiques. Je ne voulais ni ne pouvais contrôler ce flot de larmes de bonheur." (Extraits tirés de Témoins au coeur du monde, sous la direction de Luc Phaneuf, éd. Novalis, 2003, p. 47)

Un pont sur l'infini

Alors, comment expliquer la rivière de larmes ? Je crois que certaines réponses se trouvent dans la suite du témoignage de cette femme. Voici :

"Croire, c'est entrevoir une réalité qui n'est ni celle des sens, ni celle des émotions, ni celle de l'intellect. Cette réalité est si vertigineuse que si elle n'était pas voilée, le cerveau disjoncterait de la même façon que la rétine brûlerait si l'oeil fixait le soleil. La foi permet de saisir sourdement, aveuglément, l'essence de la réalité divine. Elle est le
pont entre l'éternel et l'éphémère, l'infiniment grand et l'infiniment petit. Sans elle, le Dieu de la Bible resterait inerte comme une partition musicale non jouée." (idem, p. 51)

La foi est donc une fenêtre ouverte sur la dimension spirituelle qui nous échappe la plupart du temps et les larmes seraient, à mon avis, le signe que le contact avec Dieu a bel et bien eu lieu.

Quel lien avec l'inconnu croisé au hasard ?

Le lien se situe dans la relation d'amour...

"Or, c'est à une relation d'amour que Dieu aspire. (...) Parce qu'il veut être sûr d'être aimé pour lui-même, et non pour son titre, il se présente sous les traits d'un pauvre." (idem, p. 51)

Dans notre marche vers Noël, cherchons le contact divin dans nos rencontres inattendues. Des surprises nous attendent peut-être.

mardi 16 décembre 2008

Heureuses rencontres

Combien de fois croisons-nous des mendiants dans la rue ? Dans la grande ville où j'habite, ils se trouvent un peu partout sur notre route : à la porte du Jean Coutu à vendre des magazines L'Itinéraire, à la sortie des bouches de métro la main tendue, dans les corridors du même souterrain à jouer de la musique pour recueillir des dons, au coin des rues achalandées à solliciter des "clients" pour un lavage de pare-brise éclair, etc. Et ils prennent toutes sortes de formes : la plupart du temps, il s'agit d'hommes (jeunes ou plus âgés) itinérants vivant une détresse quelconque. Mais peu importe ce qui motive leur besoin de quémander, moi je considère qu'ils sont en difficulté et qu'ils méritent notre attention.

Un reflet de notre réalité

J'ai longtemps fait comme la plupart d'entre nous lorsque je les croisais, c'est-à-dire passer droit sans même lever les yeux vers eux. L'indifférence était une réponse claire à mon choix de ne pas les soutenir. Bien sûr, on ne peut donner à tous ceux qu'on rencontre sur notre chemin. Et en passant droit, je me répétais la même excuse : "Je donne déjà à des causes reconnues : Centraide, la Guignolée, la Croix-Rouge, etc." Ainsi, je prenais soin de mon sentiment de culpabilité en l'étouffant.

Puis, j'ai commencé à changer ma position vis-à-vis ces concitoyens dans le besoin, car ne nous leurrons pas, ils font bel et bien partie de notre société. Je me disais alors : "Je vis dans une grande ville qui offre tout plein d'avantages (divertissements multiples, attraits touristiques captivants, commodités à proximité, transport en commun efficace, etc.); je me dois d'intégrer également, et de faire ma part pour améliorer les aspects plus sombres de cette réalité urbaine. C'est ainsi que j'en suis arrivée à choisir de donner chaque fois que j'en avais l'occasion. Il n'est pas nécessaire de donner beaucoup pour soutenir une personne, car ce qu'elle recherche avant tout, c'est la reconnaissance.

Au début, c'était un petit sourire et un signe de la tête, parfois accompagnés d'une pièce de monnaie. À l'occasion, je m'arrêtais pour lui parler : "Qu'est-ce qui vous arrive ?" "Comment puis-je vous aider ?" Chaque fois que j'ai adressé la parole à une personne dans le besoin, j'ai fait une belle rencontre. Et il y a eu des rencontres plus marquantes que d'autres.

Au milieu de la foule aveugle

Je me souviens de cette jeune fille de 18-19 ans croisée à la station de métro Berri-UQAM, la plaque tournante de notre réseau de transport souterrain. Elle était au milieu de la foule de l'heure de pointe matinale à crier : "Y'a-tu quelqu'un qui veut m'aider ? J'ai besoin d'aide." Les gens passaient à côté d'elle sans la voir. Pourtant sa détresse était évidente.

Je me suis arrêtée pour lui demander : "Comment puis-je t'aider ?" Elle m'a expliqué qu'elle était coincée dans la ville pour la journée, car ses cours au cégep n'auraient pas lieu (ou quelque chose du genre) et qu'il lui faudrait attendre jusqu'au soir tard que quelqu'un vienne la chercher pour rentrer chez elle à Joliette. Elle souhaitait rentrer à la maison. J'ai été immédiatement touchée par son histoire (qu'elle ait été vraie ou non), car je me souvenais de ma propre détresse à l'âge de 9- 10 ans, lorsque ma soeur et moi sommes restées prisonnières d'une méga tempête de neige. Toutes les rues de la ville étaient impraticables; seuls les motoneiges pouvaient se frayer un chemin. C'était un samedi du début mars de 1971... vous vous rappelez ?

Enfin, ce souvenir douloureux m'a rappelé combien j'avais hâte de rentrer chez moi au chaud et en sécurité. C'est donc sans hésitation que je lui ai offert ce que je pouvais pour lui permettre de s'acheter un billet d'autobus. Elle était tellement excitée qu'elle en sautait de joie et cette jeune fille a même lancé, dans son excitation, un : "Je vais prier pour vous." Cette phrase m'a frappée venant d'une personne qui n'a pas été imprégnée d'une mentalité spirituelle comme nous. Je lui ai alors répondu : "Merci, j'en ai besoin." Puis elle est partie en courant.

Un dimanche matin pluvieux

Il y a aussi cet homme d'un certain âge qui m'a abordée en pleurant à la porte du marché Provigo de mon quartier. C'était un dimanche matin triste, vers 10h. Il pleuvait. Il s'est adressé à moi en ces mots : "Madame, auriez-vous 2,50$ pour me permettre de prendre l'autobus ? Je dois me rendre dans un centre de désintoxication et je n'ai plus d'argent." Son visage ruisselait de larmes chaudes et sincères. Cette détresse m'a touchée profondément; je ne pouvais refuser à cet homme la chance qu'il se donnait de reprendre sa vie en main.

Je fouillais dans mon porte-monnaie, chose que je ne fais jamais sur la rue (ou qu'exceptionnellement) ; j'avais l'intention de lui donner un peu plus pour qu'il puisse prendre un café pour se réchauffer. Voyant ce que je faisais, il me dit : "Juste 2,50$, Madame, pas plus." Je lui ai tout de même offert un peu plus. Il m'a remerciée simplement et s'est dirigé tranquillement vers l'arrêt d'autobus.

Un poète en fauteuil roulant

Samedi dernier, il faisait très froid (moins 15 degrés C en plus du vent qui empirait l'effet de froid ressenti). J'avais besoin de passer à la librairie pour acheter un cadeau de Noël. Là où je stationne la voiture, un jeune homme (début trentaine) en fauteuil roulant sollicite timidement la générosité des passants. Je prépare une pièce de monnaie pour lui donner. Il me remercie et me remet un poème écrit de sa main et il fait de même pour mon amoureux qui lui a également donné une pièce.

"Ah ! Vous écrivez ? Moi aussi." lui dis-je. Puis, en revenant de la libraire, je lui remets une carte sur laquelle se trouve l'adresse de ce blogue pour l'inviter à venir y faire un tour à ses heures. Il semblait très heureux de l'attention que nous lui avions accordée. J'aimerais vous partager les écrits de cette personne qui m'est un peu moins inconnue...

La beauté

En pensant à tous ces passants
Je m'interroge sur la beauté
Celle d'une femme
D'une larme qui fragilise
D'un sourire qui m'inspire
L'innocence
Perdue par inadvertance
Sur le trottoir
Assis sur mon fauteuil
Habituelle place de mes deuils
La beauté
d'un échec retourné
Par expérience
Jadis ignorance
Les passants élégants
Leurs richesses me caressent
Diamants habillés
Délinquance dépourvue d'arrogance

Michel Pepin

Mots de sagesse

Nous gagnons notre vie avec ce que nous recevons. Nous la forgeons avec ce que nous donnons. (traduction libre)
We make a living by what we get. We make a life by what we give.
—Winston Churchill

Tout ce qui a de la valeur dans la vie se multiplie seulement lorsqu'il est donné.
(traduction libre)
Anything that is of value in life only multiplies when it is given.
—Deepak Chopra

Si vous saviez ce que je sais au sujet du pouvoir de donner, vous ne laisseriez passer aucun repas sans le partager d'une quelconque façon.
(traduction libre)
If you knew what I know about the power of giving, you would not let a single meal pass without sharing it in some way.
—Buddha

Si vous avez beaucoup, partagez votre richesse. Si vous avez peu, donnez votre coeur.
(traduction libre)
If you have much, give of your wealth. If you have little, give of your heart.
—Arab proverb


En ce temps de partage et de réjouissances, je vous souhaite de faire d'heureuses rencontres !

dimanche 7 décembre 2008

Soirée festive au Lac Brompton

Une invitation à un souper de Noël d'une gang d'ouvriers de la maintenance de la Domtar de Windsor accompagnés de leur compagne et le ton est donné.

Seulement une trentaine de personnes, mais l'esprit festif est au rendez-vous autour d'un bon repas et de quelques verres de vin (trop pour certains). La camaraderie est palpable dans les échanges d'histoires de shop (inside stories) et dans les rires de bon coeur qui fusent de toute part.

Je suis là au milieu d'un groupe d'inconnus accompagnant mon amoureux qui fait partie d'eux. Il est heureux que j'aie pu me libérer pour l'occasion. J'adore les fêtes et j'en ai eu trop peu ces dernières années. J'en profite pour m'imprégner de la vie qui circule entre les personnes présentes pour réactiver la vitalité qui coule dans mes veines.

Explosion sur la piste de danse

Et quand l'heure de la danse arrive, mon énergie explose au milieu des danseurs qui s'entassent sur la piste de danse. La musique ne correspond pas tout à fait à mes goûts musicaux, mais je trouve le moyen de témoigner de toute la vitalité qui m'habite et de mon amour de la vie. Puis, une pensée effleure mon esprit rapidement : "Si les gens savaient..." Et une poussée d'adrénaline me stimule davantage. J'ai envie de leur dire : "Le cancer, ce n'est pas la fin du monde.* Voyez comme la VIE est plus grande que tout. C'est grâce à cette vie, à ma volonté de vivre que je puis rayonner et vous inspirer. Allez, sautez dans la danse."

Soudain, un contact privilégié se crée instantanément : une des femmes présentes se fait complice dans cet esprit festif qui nous unit tous sur la piste de danse; elle me regarde avec un air amusé. Son bras dans mon dos m'invite à lui manifester mon enthousiasme et je l'enlace spontanément de mes deux bras. Je venais de me faire une amie de coeur.

Jean a compris la valeur inestimable de la joie de vivre... Il sort son appareil photo et capte des clichés de chaque couple présent. Les sourires illuminent les photos; le plaisir et la joie de vivre sont bel et bien présents. Ces clichés serviront à créer une mosaïque sur un mur du département. Tant mieux... il faut que la joie de vivre s'affiche au grand jour. Au "yabe" l'économie !!! (Traduction : Au diable l'économie...)

Mot de gratitude

En terminant, je tiens à remercier toutes ces personnes qui, par leur simple présence à la fête du Lac Brompton, ont su insuffler une grande bouffée d'air frais dans ma lutte pour la vie. Merci à Jocelyn et Lyne, Serge et Nicole, Jean et Diane, Charles et Armande, Alain et Gaétane, Jocelyn et Christiane, Bertrand et Manon, ainsi que Daniel, Pierre, Jean-Nil, Marcial, Daniel et leur compagne. Je vous aime !

Vive la vie, vive l'amour, vive la compagnie !!! Et joyeuses fêtes !

* Lire la précision importante sur cette affirmation dans ma prochaine chronique.

mardi 7 octobre 2008

"Be a light" -- Sois lumière

Pour faire suite à ma chronique d'hier, j'ai choisi d'inclure aujourd'hui le texte qui m'a inspiré le passage "Be a light". Ainsi, vous aurez quelques pistes à emprunter pour être lumière.

Comment être lumière

À chaque instant, nourris des pensées élevées, prononce des paroles élevées, pose des gestes élevées (de haute conscience). Ainsi, tu glorifies ton être divin de même que ton Dieu. Contribue à la paix sur terre en apportant la paix à tous ceux que tu rencontres. Sois paix.


À chaque instant, ressens et exprime ta connexion divine avec le grand Tout, ainsi qu'avec chaque personne, lieu et chose.

Accueille chaque circonstance, accepte chaque faute, partage chaque joie, contemple chaque mystère, marche dans les souliers de chaque personne, pardonne chaque offense (incluant les tiennes), guéris chaque coeur, honore la vérité de chaque personne, adore le divin en chacun, protège les droits de chacun, préserve la dignité de chaque personne, reconnais les intérêts de chacun, comble les besoins de chaque être, aies foi en la divinité de chacun, ...

  • Sois un exemple vivant de la Vérité Suprême qui réside en toi.
  • Parle humblement de toi-même, pour éviter qu'on ne perçoive ta Vérité Suprême comme de la vantardise.
  • Parle doucement, pour éviter qu'on croie que tu cherches l'attention.
  • Parle gentiment, afin que tous voient l'Amour dans tes paroles.
  • Parle ouvertement, afin d'éviter qu'on suppose que tu as quelque chose à cacher.
  • Parle candidement, afin qu'on ne te prenne pas en erreur.
  • Parle souvent, afin que tes paroles fassent leur chemin.
  • Parle respectueusement, afin que personne ne soit déshonoré.
  • Parle amoureusement, afin que chaque syllabe puisse guérir.

Fais de ta vie un cadeau. Souviens-toi toujours, tu es le cadeau. Sois un cadeau pour chacun qui entre dans ta vie et pour tous ceux qui t'ont laissé entrer dans la leur. Fais attention de ne pas entrer dans la vie d'une autre personne si tu ne peux être un cadeau. (Tu peux toujours être un cadeau, parce que tu es toujours le cadeau -- mais parfois tu l'oublies.) Quand quelqu'un entre dans ta vie de façon inattendue, cherche le cadeau que cette personne est venue recevoir de toi (de ta personne).

(Traduction libre tirée de Conversations avec Dieu, volume 2, Neale Donald Walsch, pages 175-176)

Bonnes rencontres !


Coucher de soleil au pôle nord

vendredi 20 juin 2008

Rencontres de coeurs

C'est ça, ma nouvelle profession : "Spécialiste de rencontres de coeurs" ! Pas que je veuille me montrer plus fine que quiconque ou me faire Mère Teresa, mais mon Dieu que c'est bon !

Dans la spirale du blues

Je venais de passer quelques jours dans une zone franchement ténébreuse où j'avais le sentiment qu'il valait mieux que je reste seule. Je ne m'étais pas rendu compte que je glissais tranquillement dans l'antre de l'apitoiement et que les choses ne semblaient pas vouloir s'améliorer. Aux prises avec l'angoisse, je tournais en rond dans un cercle vicieux sans fin.

Puis, une petite voix m'a dit : "Appelle donc à l'hôpital pour te rassurer." Ce que j'ai fait. À défaut de pouvoir accélérer les processus d'examen pour moi, mon infirmière pivot a su me rassurer suffisamment pour que je retombe sur mes pattes. J'avais maintenant besoin de me tourner vers les autres. Hier, donc, j'avais rendez-vous avec mon ami en deuil de sa femme (réf. "Terminus 38-34" paru le 6 février dernier et "Sur un banc du parc Lafontaine" paru le 30 mai), car il avait besoin d'aide pour régler certains trucs. Ensuite, je me proposais d'aller voir ma nièce à l'hôpital (réf. "Une rose brisée" paru le 9 juin et "Ma rose championne" paru le 12 juin).

Quelques fleurs pour le coeur

Ainsi, chemin faisant, je m 'arrête au Loblaw's de mon voisinage pour acheter un bouquet de fleurs. En entrant, un gros étalage de melons d'eau me souhaite la bienvenue. J'adore le melon d'eau ! Ça me rappelle mon enfance. Il y avait un commis près de cet étalage à organiser tous ces ballons juteux. Je lui demande : "Combien les melons ?" Avec quelques blagues, il m'informe qu'ils viennent tout juste de descendre à 1,49$. Wow ! Quelle aubaine ! Puis, je le reconnais : il s'agit d'un homme que j'ai rencontré au début du printemps tout près de chez moi.

Sur la glace mince de la vie

C'était un 5 avril vers l'heure du souper. Le soleil se couchait tranquillement sur la rivière et cet homme marchait sur la glace amincie à bonne distance du bord. Il ne réalisait visiblement pas le danger qu'il courait alors. Je m'étais arrêtée pour le surveiller au cas où, et il m'avait vue le regarder. "Monsieur, ça va ? Vous savez que c'est dangereux ?" De loin, je sentais que cet homme n'allait pas bien, comme s'il cherchait à retrouver une forme de solitude ou à se rapprocher de Dieu. "Non, non, Madame, pas de danger, regardez." Puis il frappa la glace de son talon... (C'est un étranger qui vient d'Algérie ; il est donc peu familier avec le danger des glaces qui dérivent au printemps, j'imagine

"Vous cherchez la solitude ?..." lui ai-je demandé. Et là, il me répondit : "Vous savez, j'aurais bien besoin de parler à quelqu'un." Je me suis mise à l'écouter me parler de ce qu'il vivait de difficile : les amours, le travail, la vie en général dans son petit un et demi trop étroit pour respirer le bonheur. Ce soir-là, je lui ai accordé une bonne heure de mon temps et de mon écoute attentive et j'ai senti que ça l'avait aidé : "Vous savez, Madame, quand je vous ai vue vous soucier de ma sécurité sur la glace, j'ai été touché. On ne se connaît même pas !" m'a-t-il dit. En effet, on ne se connaissait pas, mais la vie d'un être humain ne doit pas attendre de grandes présentations pour être sauvée. N'est-ce pas ?

Autour d'un melon d'eau

Aussitôt que je lui ai rappelé l'incident, un large sourire s'est dessiné sur son visage. Nous avons échangé un peu, il m'a donné un truc pour bien choisir un melon, puis en le saluant, je lui tends une main amicale. Après m'avoir serré la main, il porte la sienne sur son coeur. C'était à mon tour d'être touchée. Une belle rencontre pleine de vie...

Un sanctuaire de bonté

J'arrive chez mon ami avec une bonne demi-heure de retard, mais ça, mes amis vous diront que ce n'est pas nouveau... (D'habitude, c'est plutôt 15 minutes, mais enfin !)

Il m'accueille heureux de me voir, mais une grande tristesse l'habite. Il s'est levé avec cette peine au coeur et semble ne pas pouvoir la surmonter. Le deuil pèse lourd en ce jour de congé. En me déversant son chagrin, il me montre les quatre lampions qu'il a allumés le matin : un pour la mémoire de sa douce épouse, un pour lui afin qu'il trouve consolation dans l'épreuve, un pour ma guérison et un autre pour un ami qui souffre. J'ai l'impression d'être dans un sanctuaire de bonté sans fin.

Je ferai de mon mieux pour l'assister dans ses affaires à régler tout en lui accordant une présence attentionnée. Puis, considérant sa fragilité émotionnelle du moment, je lui propose de m'accompagner à l'hôpital pour se changer les idées. Il accepte avec joie. Après avoir lunché ensemble dans un resto du Vieux-Longueuil, nous nous dirigeons au chevet de ma nièce.

Dans le coin des "vieux"

C'est ainsi que ma nièce m'avait informée qu'elle serait transférée, ce jour-là, au service de réadaptation de l'hôpital... "avec les vieux". Mais par un heureux hasard, il y avait un patient de son âge dans ce secteur. Ils ont donc été jumelés dans la même chambre. À notre arrivée, déjà deux amies étaient présentes auprès d'elle et avait apporté chacune un bouquet de fleurs. Avec le mien, ça en faisait trois. Quelle chance !

Quand je l'ai vue, la belle Rose, mon Dieu que j'étais soulagée ! "Enfin, je la reconnais !" me suis-je dit. La semaine dernière, lorsque je l'ai visitée, l'enflure du visage était toujours présente, comme si elle avait pris 15 kilos. Mais là, c'est bien notre belle Rose. Elle était toute excitée malgré un affreux mal de tête, de constater combien elle était appréciée et aimée de son entourage. Elle ne cessait de défiler la liste des personnes qui s'étaient manifestées, en personne ou autrement : "ma mère, mon père, ma grand-mère, mon oncle, ma tante, mes frères et soeur, mes amis, etc." Elle défilait ça comme si c'était quelque chose d'exceptionnel. "Même les ambulanciers qui m'ont transportée sont venus me voir..." s'est-elle étonnée.

Et je me disais : "Si toutes ces marques d'affection pouvaient être suffisantes pour te signifier combien tu as du prix à nos yeux... et te propulser dans la réalisation de tes rêves les plus chers !" Une belle fille ! En quittant, je me penche au-dessus de son lit pour l'embrasser et elle m'attrape par le cou pour me serrer sur son coeur : "Je t'aime, Matante." "Moi, je t'adore, ma toutoune."

Un vent de bonheur

De retour à la maison, mon atmosphère intérieure était complètement changée, comme si j'avais ouvert toutes grandes les fenêtres de ma maison pour évacuer le nuage de pollution qui planait dans toutes les pièces. Une vent de bonheur avait soufflé sur mon coeur, et j'ai compris que le meilleur remède contre les blues, c'est le rose... le rose du coeur !

vendredi 30 mai 2008

Sur un banc du parc Lafontaine

C'est là que la mort a rencontré la Vie...

J'étais assise avec mon ami en deuil de sa femme, dans une atmosphère d'été précoce, à lui lire le texte que cette douloureuse perte m'avait inspiré (réf. "Terminus 38-34" paru le 6 février dernier sur ce blogue). L'air frais commandait quelques chauds rayons de soleil pour vraiment sentir la douceur de cet après-midi des derniers jours de mai.

Cachés sous ses lunettes noires, ses yeux laissaient couler des larmes incontrôlées manifestant toute la solitude et le désarroi contenus dans le coeur de cet homme perdu et fragilisé par la douleur. En ces moments d'intense chagrin, il voudrait pouvoir régler sa vie comme il l'entend : aller retrouver sa famille dans son Cachemire natal pour obtenir le réconfort dont il a vraiment besoin. Mais il doit se résigner à rester au pays n'ayant pas encore obtenu son passeport canadien. (Il a subi, entre autres, les conséquences des mesures de sécurité accrues suite aux événements du 11 septembre 2001, soit délais plus longs et contrôles plus serrés, surtout pour les immigrants musulmans.)

Maintenant, il doit apprendre l'histoire du Canada et du Québec en 150 questions pour pouvoir passer l'examen d'admission à la citoyenneté canadienne. Mais ne sachant que trop peu lire et écrire, il aura recours à la version orale de l'examen. Ainsi, il devra mémoriser les 150 réponses que sa douce épouse avait déjà enregistrées pour lui sur un magnéto portatif.

Et imaginez ce qui s'est passé lorsqu'il s'est mis à réécouter cet enregistrement... il était bien plus dans les bras invisibles de sa Mimi que dans l'examen du Ministère. Il tourne en rond dans ce processus de deuil qui lui semble infernal, surtout vécu ici au Québec. C'est que nous, on a une façon bien particulière d'accompagner les endeuillés. Notre rapport à la mort est si ambigu (on est mal à l'aise avec cette notion) qu'on est incapable d'accompagner dignement une personne en deuil. On bafouille, on s'esquive, on se dit : "ça va aller..." Mais quand on est séparé de ses proches par 12 000 km de territoires et d'océans, on a besoin de pas mal plus que ces balbutiements de marques de sympathie. Il me dit avoir les ailes coupées et se sentir seul dans un grand trou noir. Il trouve ça si difficile à vivre qu'il craint qu'en restant ici avec nous, il perdra le vrai contact avec la Vie telle qu'il la conçoit, soit celle branchée directement sur le coeur.

Enfin, tout ce que je trouve d'utile à lui proposer pour lui faire faire un pas de plus vers son objectif de retrouver sa famille un jour, c'est de réenregistrer pour lui les 150 réponses qu'il est incapable d'écouter de la voix de sa femme. Il m'en est reconnaissant.

La mort n'est pas une fin

Curieusement, ce matin, je recevais une parole de sagesse dans mon courrier matinal qui parle de la mort (je vous l'ai déjà dit qu'il n'y avait pas de hasard...). Voici :

Comprenez que la mort n'est pas une fin, mais un début; pas une horreur, mais une joie. Ce n'est pas une fermeture, mais une ouverture. Le moment le plus joyeux de votre vie sera lorsqu'elle se terminera. C'est parce qu'elle ne prendra pas fin, mais elle se poursuivra d'une façon si magnifique, si pleine de paix, de sagesse et de joie, qu'il est très difficile à décrire et impossible pour vous de le comprendre. (traduction libre) (Extrait de Conversations With God, Book 2, Neale Donald Walsch, Page 56)

Comment être un Ange gardien

  • Soyez un ami; l'amitié vraie est un cadeau sans prix.

  • Écoutez toujours avec votre coeur; vous devez écouter une personne avant de pouvoir tenter de l'aider d'une quelconque façon, alors écoutez toujours avec votre coeur tout entier.

  • Allez au devant des personnes éprouvées, même si vous n'êtes pas certain de ce qu'elle aura besoin de vous.

  • Comprenez que les miracles ne sont pas mystérieux ni impossibles à accomplir. Un miracle est le petit geste que vous posez qui fera une grande différence dans la vie d'une autre personne.

  • Rappelez à quelqu'un que la vie est précieuse et qu'elle mérite d'être vécue pleinement, même si son monde semble sombre et sans espoir.

  • Sachez que les sentiments sont la clé à la compréhension. Vous devez avoir une idée de comment l'autre personne se sent avant que vous puissiez commencer à la comprendre.

  • Gardez l'esprit de Noël toute l'année. Ne rangez pas votre bonne volonté avec les décorations de Noël après les fêtes.

  • Soyez honnête dans l'amour et l'attention (le caring) que vous offrez à une personne; la compassion sincère est le plus beau cadeau à offrir et l'honnêteté est angélique.

  • Ne vous attendez pas à vous voir pousser des ailes; soyez plutôt satisfait des douces palpitations de l'accomplissement.

  • Écoutez votre intuition; elle ne vous fera pas défaut en temps de doute.

  • Par-dessus tout, encouragez d'autres personnes à faire ces pas vers les autres à travers le rayonnement lumineux de votre exemple.

par Connie Anzalone
(traduction libre - Extrait de With God by Your Side... You Never Have to Be Alone, A Blue Mountain Arts Collection, pp. 46-47)

mardi 13 mai 2008

Le PARDON : ce grand guérisseur

Seul, le mot "pardon" crée une certaine résistance et parfois même un mouvement de recul. C'est qu'on en comprend rarement le vrai sens. Ainsi, pour plusieurs, pardonner ou, pire, demander pardon, ça peut vouloir dire se montrer faible et lâche. Ça, c'est si on joue la game de l'ego, car l'ego déteste avoir le sentiment de perdre.

Cependant, le pardon semble incontournable dans une démarche de guérison, que ce soit une guérison physique, émotionnelle, psychique ou spirituelle. En effet, dans bon nombre de mes lectures traitant de guérison, j'ai rencontré de longs extraits sur le pardon, le passage obligé vers le rétablissement harmonieux de l'être dans un univers intérieur de paix, d'amour et de joie profonde.

À mesure que j'avançais sur cette avenue, j'en arrivais à comprendre que le pardon, c'est d'abord et avant tout un témoignage d'amour de soi, car pardonner, c'est se libérer des blessures et des souffrances du passé en cessant de le rebrasser dans son esprit. À chaque fois qu'on repense à un événement douloureux du passé, on le recrée et on ravive la souffrance qui s'y rattache. Un peu comme si on arrachait sans cesse une gale sur un bobo en voie de cicatrisation. Plus on gratte, plus ça fait mal et moins ça guérit.

"Oui, mais...", me direz-vous ? "Oui, mais la souffrance est toujours là et je ne peux pas simplement l'ignorer." Vous avez raison, car faire fi d'une souffrance qui nous gruge lui donne juste plus de pouvoir de destruction... à plus long terme. C'est comme si on laissait traîner des bombes à retardement qui, un jour ou l'autre, peuvent nous sauter en pleine face et se manifester par l'apparition d'une maladie. (Rassurez-vous, je ne veux pas vous faire peur.)

C'est là que le témoignage d'amour arrive à la rescousse. (Tant qu'à retourner en arrière, aussi bien le faire d'une façon bienfaisante.) Ainsi, dès qu'on touche à une zone qui souffre, on en ressent toutes les émotions douloureuses. De les reconnaître, c'est déjà un premier pas, puis le soulagement viendra lorsqu'on sera en mesure de les accueillir avec compassion et amour pour soi. Imaginez-vous un petit enfant qui vient de se brûler sur un rond de le cuisinière. Il court aussitôt vers son parent pour trouver réconfort et soulagement. Eh bien, l'être qui souffre au fond de soi, c'est cet enfant. Et l'adulte que nous sommes devenu, c'est le parent bienveillant. Dès que nous accueillons cet enfant et ses souffrances, l'intensité de la douleur diminue de même que son pouvoir de destruction, car l'Amour guérit.

(Attention : accueillir l'enfant qui souffre ce n'est pas exercer de l'apitoiement pour attirer de la pitié. Il y a une grande différence entre les deux; le premier soulage, le second entretient la douleur.)

Revenons donc au pardon. Ainsi, après avoir accueilli sa douleur avec bienveillance, il devient possible de pardonner réellement, c'est-à-dire couper avec le passé et revenir dans le moment présent pour se donner la possibilité de reprendre vie et d'emprunter une voie plus heureuse pour l'avenir.

Afin d'illustrer avec plus de justesse et de clarté mon propos, j'ai fouillé plusieurs sources pour en extraire certains passages que voici :

"Le pardon est la voie parce qu'il fait fondre la prise du temps sur la blessure ! Lorsqu'il n'existe pas de temps, il n'existe pas de blessure." (Extrait de Ferrini, Paul, L'Amour sans conditions - Réflexions de l'Esprit Christique, éd. Le Dauphin Blanc, p. 136)

"Reconnaître la blessure est toujours le premier pas dans le processus de guérison. Si vous n'êtes pas prêts à affronter la peur qui est derrière la blessure, le processus de guérison ne peut commencer." (Idem, p. 111)

"Quoi que nous fassions pour changer notre vie et créer de nouvelles possibilités, franchir le pont vers une nouvelle vie est impossible à moins d'être prêts à pardonner. (...) Rien de tout cela n'est jamais facile. Jamais. Mais refuser de pardonner empoisonne l'âme." (Extrait de Williamson, Marianne, Le changement - un cadeau inestimable, éd. du Roseau, p. 144)

"Pardonner consiste tout simplement à ne se souvenir que des pensées d'amour que tu as adressées dans le passé et de celles qui te furent adressées. (...) La pratique du pardon est notre contribution la plus importante à la guérison du monde." (Extrait de Williamson, Marianne, Un retour à l'amour, éd. J'ai Lu, p. 64)

"Le pardon est la clé de la paix intérieure parce qu'il est un procédé mental qui transforme nos pensées de peur en pensées d'amour." (Idem, p. 81)

"En amenant le passé dans le présent, nous créons un futur juste comme le passé. En laissant aller le passé, nous faisons de la place pour les miracles. (Idem, p. 83)

"Le pardon est la seule voie pour sortir de l'enfer : en aimant, nous nous défaisons de la douleur, et en refusant d'aimer, nous restons dans la douleur. À tout moment, nous répandons l'amour ou projetons la peur, et chaque pensée nous rapproche soit du ciel, soit de l'enfer." (Idem, p. 148)

En conclusion

Au sujet de la lutte pour survivre :

"Juste au moment où nous sommes les plus vulnérables, quand nous sommes prêts à tout laisser tomber, à abandonner, à partir, nous nous retrouvons engagés dans la bataille de notre vie, à essayer de survivre, à essayer de continuer. Pourquoi ? Parce que vivre, c'est continuer. Parce qu'on n'a pas le choix. La seule question, c'est de savoir si nous allons continuer avec tout ce que nous sommes, ou si nous serons condamnés à survivre, blessés et amers. Une voie mène à la dépression; l'autre à une vie nouvelle. La première voie, c'est la défaite; l'autre, c'est l'espérance." (Extrait de
Chittister, Joan, De l'épreuve à l'espérance, Éd. Bellarmin, pp. 41-42)

"À chaque instant de son existence, ou bien on grandit, ou bien on régresse. Ou bien on vit un peu plus, ou bien on meurt un petit peu. La spiritualité de l'épreuve commence avec la décision de grandir ou de se replier, de vivre un peu plus ou de mourir un petit peu. C'est là une décision de la plus grande importance." (Idem, p. 46)

De quoi méditer un bon moment.

samedi 5 avril 2008

Ode à l'amitié

Comme le dit Denise Bombardier dans le cadre de l'interview qu'elle a accordée à Châtelaine dans son numéro d'avril, on écrit peu sur l'amitié entre les femmes. Pourtant, c'est un très beau sujet qu'elle a décidé d'investir dans son dernier ouvrage intitulé : "Les amitiés sont éternelles" (éd. Albin Michel) que je n'ai pas encore lu.

Cependant, cet article m'a inspiré la présente chronique, car l'amitié entre femmes, je connais bien. Ma vie est basée sur ces précieuses alliées que sont mes amies. Qu'elles en soient les piliers, la structure ou encore un soutien momentané, elles ne sont jamais accessoires. Toutes celles que je considère comme mes amies jouent un rôle très important dans ma vie, même si nos contacts ne sont pas réguliers. Les liens qui nous unissent sont branchés directement au coeur, et c'est ce qui donne la profondeur et la longévité à la relation.

Mme Bombardier dit : "Je pense que sans amies, l'avenir est plus angoissant. L'amitié nous protège de toutes nos peurs, celle de vieillir, d'être seule, de ne plus être dans le coup socialement. Les femmes sentent bien que c'est entre elles qu'elles vont vieillir."

Comme ça me rejoint ! En effet, pendant ma longue période de retrait de la vie normale, confinée à mon univers intérieur (en moi et dans mon foyer), j'ai pu survivre à l'angoisse de l'isolement grâce à mes amies. Elles établissaient le contact régulièrement pour prendre des nouvelles ou me proposer une sortie. Et quand le vide se faisait trop présent, j'en appelais une pour m'inviter à souper chez elle, avec sa famille... Toujours, j'étais accueillie avec joie et amitié.

L'auteure ajoute : "L'amitié est d'autant plus précieuse que sa fin produit des dommages collatéraux, surtout dans un monde où la solitude et la dépersonnalisation sont généralisées. Perdre des amis très, très chers, surtout à un certain âge, c'est exactement comme perdre un homme qu'on a aimé. Ça blesse et, souvent, ça ne peut se cicatriser.

"Il faut avoir peur que l'amitié ne dure pas, car elle est le dernier rempart contre la solitude absolue."

Et pourtant, parfois, dans certains passages de la vie, à travers les épreuves et les tempêtes qui nous poussent en avant et nous transforment, les ruptures d'amitié sont inévitables, même si on ne le souhaite pas. C'est le changement lui-même qui veut ça et on n'y peut rien.

J'ai longtemps vécu ces ruptures comme un échec avec une pointe de rejet, car pour moi, toutes les amitiés duraient à vie. Puis, un jour, j'ai appris qu'il y avait trois types d'amitiés :

1. les amitiés pour une raison
2. les amitiés pour une saison
3. les amitiés pour la vie.

Pour illustrer le premier de ces concepts, je donnerais l'exemple du type que j'ai rencontré "par hasard" (entre guillemets, car les hasards sont, à mon avis, des rencontres avec le destin) juste au moment où je devais prendre un nouveau logement suite à ma séparation. Il n'y avait rien d'amoureux entre nous, car trop différents l'un de l'autre, mais ce type m'avait offert son aide pour démarrer ma nouvelle vie. Alors, pendant plusieurs mois, il était là pour peindre, organiser, réparer, et je lui en étais des plus reconnaissantes car, autrement, je me serais sentie bien démunie. Une fois le gros de mon installation terminé, les rencontres se sont espacées. Puis, d'autres personnes sont entrées dans ma vie, comme pour lui d'ailleurs.

Tandis que certains pourraient croire que j'aie pu "profiter" de la bonté du type (au sens péjoratif), la situation était tout autre, car vers la fin, il m'a confié que lui-même avait eu besoin de cette implication dans mon parcours pour pouvoir traverser une période éprouvante dans sa vie. Se rendre utile à une personne qui avait besoin de soutien l'avait aidé, car quand on donne de bon coeur, on reçoit instantanément. Finalement, peu importe ce qu'en pensent les autres, quand on sait écouter son coeur, on ne se trompe jamais.

Pour illustrer le deuxième concept (les amitiés pour une saison), je pense à ma voisine de La Plaine. Pendant que j'y habitais (cela a duré 12 ans), nous étions bonnes amies. Puis, mon départ a mis fin abruptement à cette relation. La "saison" était terminée. Une "saison", c'est un épisode de vie lié à un contexte particulier qui s'échelonne sur une période plus ou moins longue.

Enfin, les amitiés pour la vie, mes préférées, se passent de définition. Elles durent et durent à travers vents et marées. Et elles d'enrichissent au fur et à mesure qu'elles s'enracinent plus profondément dans le coeur de ceux et celles qui en font partie. Et elles doivent durer, car elles deviennent un point d'ancrage essentiel à l'équilibre de la vie de ses acteurs.

Avec mes nombreuses amitiés de vie, je me considère riche et privilégiée. J'ai beaucoup de moments touchants vécus avec elles, mais je crois que celui qui a laissé une marque indélébile dans mon coeur est lorsqu'elles ont appris que ma vie était menacée. Elles se sont littéralement précipitées à mon chevet pour se rassurer sur mon état, abandonnant tout sur-le-champ, incluant travail et famille. Elles étaient là !

Et que dire de ma grande amie qui s'est engagée personnellement dans mon cheminement vers la guérison : se mettant à mon service comme chauffeure, elle m'accompagnait à l'hôpital aussi souvent que nécessaire, et ce, malgré son emploi du temps chargé et les jours de tempête. J'aurais sûrement pu prendre un taxi, mais sa présence m'était indispensable pour adoucir ces épisodes de vie éprouvants.

Dans des temps plus heureux, avec ma gang d'amies d'enfance, nous nous créons des célébrations d'amitié avec les conjoints et les enfants au chalet pour un weekend de pur bonheur. Et nous retrouvons tous notre coeur d'enfant, car nous sommes réunis avec toute l'authenticité et la sincérité qui nous caractérisent. Nous ne formons alors qu'UN.

Voilà l'hommage que je rends à mes amies pour tout ce qu'elles représentent pour moi et tout ce qu'elles m'apportent par leur présence bienfaisante. En terminant, je vous offre une petite citation qui m'est parvenue "par hasard" cette semaine alors que je m'apprêtais à écrire sur le sujet :
"Il n'y a rien que l'on aime plus voir que la lueur de plaisir dans l'oeil d'une personne quand elle sent que nous avons sympathisé avec elle, l'avons comprise. Dans ces moments, quelque chose de doux et de spirituel passe entre deux amis. Ceux-ci sont les moments qui valent la peine d'être vécus." -- Don Marquis (traduction libre)

"There is nothing we like to see so much as the gleam of pleasure in a person's eye when he feels that we have sympathized with him, understood him. At these moments something fine and spiritual passes between two friends. These are the moments worth living." -- Don Marquis

Et j'ajoute celle-ci :
"La plus belle découverte que de vrais amis peuvent faire, c'est qu'ils peuvent grandir séparément sans se sentir séparés." -- Elizabeth Foley (traduction libre)

"The most beautiful discovery true friends make is that they can grow separately without growing apart." -- Elizabeth Foley

vendredi 14 mars 2008

Petite balade en métro

Ce matin, j'avais affaires au centre-ville de Montréal, ce qui m'a amenée à voyager à l'heure de pointe matinale. Comme l'hiver est encore très présent dans nos rues embourbées de neige jusqu'à en perdre les trottoirs, j'ai choisi de me déplacer en transport en commun. Y'a rien comme le métro pour se sortir des bancs de neige !

Avant de poursuivre le récit de mon aventure dans la jungle urbaine, j'aimerais vous rappeler que je vis dans une bulle très zen depuis plusieurs mois maintenant, loin de l'activité effrénée d'une ville qui se rend au travail par un petit vendredi gris de la mi-mars. Ceci vous permettra de mieux mesurer l'ampleur du choc vécu.

Arrivée sur le boulevard Henri-Bourassa, après avoir escaladé les nombreux monticules ici et là, LE CHOC !!! Ça roule vite, il me semble. Pourtant, ça fait au moins trois ans que j'y passe pratiquement tous les jours, mais ce matin, c'était comme plus frappant. Sans doute que j'étais toujours dans ma petite bubulle... "OK, me dis-je, il va falloir ajuster ton beat, ma belle."

Je m'engouffre donc dans le souterrain que je commence à connaître assez bien maintenant. Chanceuse, j'ai un siège pour m'asseoir. Je m'installe confortablement (dans la mesure du possible), je lève les yeux pour lire sur un panneau réclame de la Colombie-Britannique qui cherche à attirer des talents, j'imagine : "Accélérez votre train de vie". Cette simple phrase imprimée en blanc sur un fond de Montagnes Rocheuses, où l'on aperçoit un homme qui jogge, m'est parue presque agressante. "Accélérez ?, pensai-je. Ben non, c'est le contraire qu'il faut faire : RALENTIR. Sinon, on va tous crever avant d'avoir atteint l'âge vénérable de 50 ans. Qu'est-ce qu'ils veulent vraiment véhiculer comme message ?" J'avoue que cette idée m'a laissée perplexe et quasi découragée sur les horizons qui se dessinent devant nous dans cette vie de SUR, SUPER, ULTRA, HYPER CONSOMMATION. Quand est-ce qu'on va comprendre le bon sens ?

Enfin, je décide que si je voulais pouvoir me rendre à destination, il valait mieux que je ferme les yeux pour me transporter dans mes rêves de campagne, de potager et de petites bêtes adorables. Dès les paupières closes, le film se met à dérouler dans ma tête; je me vois dans cet univers de verdure et de nature, de paix, d'harmonie et de joie. Et, je le sens, je souris légèrement. J'ai sans doute laissé imaginer à la foule de voyageurs qui s'entassaient dans mon wagon que j'étais un peu fêlée ou que j'en avais fumé du bon à cette heure matinale. "Eh bien, ai-je pensé, ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent. Moi, je suis au paradis dans mon esprit."

À la station de métro Square-Victoria, le train se vide des trois quarts. À Bonaventure, encore quelques passagers descendent pour laisser un vide encore plus grand dans les wagons. Puis, un homme entre, grand, noir, début trentaine. Il prend un siège tout près de moi et, en s'assoyant, me regarde droit dans les yeux et me dit d'un ton qui ne nécessite aucun porte-voix : "Bonjour, Mademoiselle. Ça va ?" Je lui réponds : "Oui, et vous ?" Sans répondre, il me lance tout bonnement : "La santé est bonne ?" Un peu surprise par la question, je lui formule tout de même une petite menterie : "Oui, et vous ?" Il poursuit son dialogue avec moi : "Ah, moi, vous savez, j'ai un problème de santé mentale." Et ce, toujours sur le même ton impossible à manquer pour un malentendant.

"Ils m'ont diagnostiqué schizophrène paranoïaque, ajoute-t-il, et je dois prendre des médicaments à tous les jours. Regardez (en me montrant une pilule dans un emballage portant la date d'hier), ça c'est la date d'hier, c'est parce que je ne l'ai pas prise aujourd'hui." Inquiétant, vous me direz ? Un peu, mais il avait l'air assez de bonne humeur; je n'avais pas vraiment peur de ses réactions, surtout parce que je descendais (heureusement) à la station suivante.

Ainsi, alors que je commence à me préparer à descendre, il poursuit en dirigeant son attention sur mon cas : "Et vous, prenez-vous des médicaments ?" J'ai choisis de mentir un peu : "Non". Il enchaîne : "Rien du tout ? Vous êtes chanceuse." Et avec toute la conscience qu'il avait de sa propre situation, il me demande : "Pourquoi moi ? Le Bon Dieu, y m'aime pas ?" Ça m'a fait tout drôle de l'entendre chercher une réponse qui, au fond, n'existe pas vraiment. Pourquoi lui ? Et pourquoi pas ? Personne n'est en mesure de répondre à ça. Pas vrai ?

Enfin, avec toute la compassion que je me trouvais capable de rassembler dans ces moments bien spéciaux, je le regarde dans les yeux pour lui donner mon idée sur la question : "Ça, Monsieur, c'est un mystère de la vie. Mais sachez que le Bon Dieu vous aime." Sur ce mot amical, les portes se sont ouvertes pour me laisser descendre. Je lui ai souhaité une bonne journée et j'ai continué mon chemin le coeur un peu plus léger qu'à mon entrée quelques minutes plus tôt. Cet homme m'avait donné la chance de tester ma capacité d'accueillir un inconnu, un frère, un peu déstabilisant, mais qui méritait tout de même un brin d'attention et de gentillesse. Il n'y a pas si longtemps, j'aurais sans doute réagi de la même façon que la plupart des gens en tentant de l'ignorer. Je ne crois pas que cette option aurait été appropriée dans ce contexte et, qui sait ?, peut-être ai-je fait sa journée aussi.

Sur le chemin du retour, arrivée à destination, j'entends quelques notes de guitare accompagnant la voix d'un chanteur de rue posté dans la station de métro. Je choisis de faire une autre petite B.A. en préparant une pièce de 1$ à lancer dans son coffret de guitare ouvert. En passant, je fais mon don et l'homme me remercie chaleureusement. Quelques pas plus loin, je l'entends dire, entre les lignes de sa chanson : "Vous êtes jolie." Je me retourne; il me regardait en hochant la tête, comme pour confirmer que c'est bien à moi qu'il adressait ce gentil compliment. Je me suis dit : "La vie est belle, finalement, quand on se donne la peine de la transformer un peu chemin faisant."

dimanche 18 novembre 2007

Embrasser la vie

Il faut que je vous parle du plus récent livre que j'ai acheté... (J'ai beaucoup de mal à entrer dans une librairie sans en ressortir avec un nouveau livre à dévorer!) "Embrasser la vie" est le titre du livre de Martin Neufeld, alias Monsieur Câlin. Peut-être avez-vous déjà entendu parler de cet amuseur public posté dans le Vieux-Montréal au cours de l'été depuis 2004. Je vous invite à visiter son site internet pour en savoir davantage au www.embrasserlavie.com ou au www.monsieurcalin.com .

Hier matin, plutôt que de poursuivre ma lecture habituelle ("Le changement" de Marianne Williamson) à laquelle j'ai fait référence dans une chronique précédente, je me suis engloutie dans ma nouvelle acquisition littéraire. Bien calée dans mon fauteuil préféré avec un bon café, j'ai pris tout mon temps pour déguster cette lecture si inspirante. J'en ai été tellement touchée qu'à certains moments, des larmes coulaient sur mes joues.

D'abord, l'auteur (Monsieur Câlin) nous raconte comment il en est arrivé à créer ce personnage si particulier et à offrir des câlins gratuitement aux passants du Vieux-Montréal sept jours par semaine, dix heures par jour. Il nous parle de ses propres souffrances qui avaient donné lieu à ses perpétuelles colères et à cet état de mal-être quasi constant qui sont à l'origine de sa prise en charge émotionnelle et éventuellement spirituelle.

C'est l'histoire d'un comédien anglophone de Montréal qui se trouve en manque de travail en raison d'un ralentissement dans l'industrie du cinéma au cours de l'année 2004. Il lui vient à l'idée de devenir amuseur public pour gagner sa vie, en croyant que ses talents de comédien lui permettraient de tirer facilement son épingle du jeu. Pourtant, au premier matin de son nouveau travail (après qu'il soit allé se procurer des habits d'époque datant du début des années 1900), posté sur le coin d'une rue avec tout son attirail (habit, chapeau. parapluie, vieille valise en cuir, etc.), il est en panne d'inspiration pour se créer un personnage attirant et divertissant.

Les gens le regardent avec curiosité pendant que lui, souvent immobile, se demande encore ce qu'il peut offrir de divertissant aux passants. Au bout d'une semaine, grâce au bon conseil de sa soeur, il inscrit sur un petit tableau noir : "J'ai perdu mon courage". Puis, il attend de voir ce que cet écriteau va provoquer chez les gens. Certains lui offrent quelques conseils, d'autres l'encouragent, et d'une chose à l'autre, un bon matin, il a l'idée d'inscrire sur son petit tableau : "Spécial du jour : Câlins gratuits". Et c'est le début d'une belle aventure entre lui et les nombreux touristes et passants qui foulent le sol de ce quartier touristique de notre grande métropole.

Dans son récit, l'auteur nous partage également son cheminement intérieur qui lui permet d'offrir, jour après jour, des câlins de plus en plus sincères et empreints d'un amour inconditionnel à de purs étrangers. À travers les témoignages qu'il a reçu de certains "clients", il nous amène à prendre conscience qu'un simple petit geste, gratuit et sincère, peut changer la vie d'une personne (l'une d'entre elles a été touchée au point où elle avait cessé, après avoir une étreinte de Monsieur Câlin, de considérer le suicide comme une option).

Plus loin, il nous amène à réfléchir sérieusement sur nos comportements en tant que câlineur potentiel : certains adultes refusent des câlins à leurs propres enfants ou adolescents, sous prétexte que c'est nono... De quoi se questionner sérieusement sur l'avenir de notre société, quand on pense à l'importance du geste pour non seulement témoigner notre affection et notre amour, mais surtout pour rassurer les jeunes et leur indiquer le chemin du coeur comme celui à prendre pour rencontrer le bonheur véritable

Cette petite introduction vise à vous mettre en appétit, puisque j'en suis qu'au début de cette lecture captivante. Je vous reviendrai sûrement pour vous faire part d'autres belles découvertes. D'ici là, je vous invite à déposer ces quelques réflexions dans votre coeur pour possiblement goûter la JOIE qui nous est accessible lorsqu'on s'avance vers l'autre avec amour et sincérité.

mercredi 14 novembre 2007

Accepter ce qui est

Je viens d'apprendre que mon traitement de cette semaine est reporté en raison d'un taux de globules blancs trop bas. Déception a priori, bien sûr, car quand on est dans ce bateau-là, tout ce qu'on souhaite, c'est d'en sortir au plus vite. Mais mon corps nous dit qu'il a besoin d'un break pour refaire ses forces avant de poursuivre la bataille. C'est donc une petite vacance pour moi; pendant une semaine, je me sentirai mieux, car en l'absence d'une nouvelle dose de chimio, les effets secondaires seront presque pas là. Je me sentirai comme si de rien n'était, sauf pour l'état de fatigue qui me rappelle constamment que je suis une guerrière en pleine bataille. Le repos est une arme importante.

Alors, je disais donc : accepter ce qui est. Récemment, j'ai souvent entendu ou lu que c'était le secret d'une véritable guérison. Accepter... plutôt accueillir avec bienveillance et compassion envers soi-même. Cesser de chercher le pourquoi du comment, cesser de se voir comme un guerrier et s'abandonner à la grâce divine.

Justement, ce matin, je lisais cette phrase si inspirante : (à suivre)

Accepter ce qui est, c'est maintenant mettre de côté cette chronique inachevée pour aller au repos... mon lit m'appelle. C'est donc un nouveau rendez-vous pour bientôt.

Bye !!! Zzzzzzzz zzzzzz zzzzz