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lundi 18 mai 2009

Mon chemin de guérison : la FOI

Bon, enfin ! Ça fait au moins deux semaines que je vous promets de vous parler de mes avenues de guérison, mais ma condition physique m'a donné du fil à retordre. Et rappelez-vous que je suis en plein processus de déménagement... J'entreprends donc une chronique sur le sujet en ce beau lundi férié : la fête des jardiniers !!!

(Je vote pour cette appellation, puisqu'on n'arrive pas à s'entendre sur le vrai sens de ce congé : fête de la Reine, pour les anglos; fête de Dollard, pour les francos mais on sait plus c'est qui Dollard ; fête des Patriotes, qui me fait penser au cinéaste Pierre Falardeau avec ses revendications interminables pour la survie de notre peuple... pas que je sois contre, mais je trouve que, par moment, ça devient lourd. Il me semble que nous avons déjà la St-Jean-Baptiste pour souligner notre appartenance au Québec. Le printemps, n'est-ce pas la fête de la nature ?)

Mot d'inspiration

Avant de débuter, j'aimerais vous partager un passage qui m'a inspirée particulièrement sur le sujet de la guérison :
"Notre monde a sa source dans notre conscience : il est le reflet de notre état de conscience ; c'est la conscience qui régit le monde de quelqu'un. C'est la conscience de la vérité qui est la loi du monde, comme l'est aussi l'ignorance de la vérité. Pour celui, par exemple, qui sait chasser les ténèbres avec la lumière, il n'y a pas de loi des ténèbres. Les ténèbres n'ont du pouvoir sur quelqu'un qu'en l'absence de la lumière. De même, en l'absence de la vérité dans cette conscience, ce sont l'ignorance, le mensonge, l'apparence, la discorde et l'inharmonie qui se font entendre. Par conséquent, quand il n'y a pas action de la vérité dans notre conscience, notre monde reflète la chance, le hasard, les croyances humaines, médicales ou astrologiques. Et quand la vérité opère en et par notre conscience, elle se fait loi d'harmonie en notre monde, de sorte que toutes choses en notre être et notre vie reflètent l'harmonie qui est en notre conscience."
(Tiré de Joël S. Goldsmith, L'Art de la guérison spirituelle, éd. Astra, 1997, pp. 173-174)

Quand j'ai lu ce passage, j'ai revu mon oncologue qui ne croit qu'au pouvoir de sa médecine... (lire les quelques chroniques précédentes pour plus de détails) Ainsi, lorsqu'il a péniblement constaté les résultats du dernier examen, il avait perdu tout espoir.

Mon chemin à moi

Bien que je me sois fait reprocher d'écrire parfois "à l'américaine" par ma belle-soeur préférée (Salut, Linda ! Embrasse frérôt pour moi ), c'est-à-dire que je ne finis pas toujours mes histoires sans donner un nouveau rendez-vous pour la suite, je m'arrête ici pour le moment... C'est maintenant l'heure du souper et mon dos commence à me faire sentir qu'il en a assez de cette chaise. Je reprendrai donc mon récit demain matin.

Soyez au rendez-vous !

jeudi 7 mai 2009

Vous dites quoi, Docteur ?

Alors, tel que promis, voici la grande nouvelle...

J'ai revu mon oncologue hier et je lui ai parlé de mon problème digestif de la semaine dernière. Je voulais lui démontrer que ce problème était survenu spécifiquement suite à l'annonce de la nouvelle décevante (même déprimante) sur la suite des choses en regard des résultats du dernier scan. Ceci m'a amenée à lui rappeler que mon processus de guérison était basé sur plusieurs ingrédients dont la chimio faisait partie. Ainsi, à mon avis, les résultats de l'examen pouvaient aussi bien parler de la performance des traitements médicaux que de celle des méthodes alternatives (comme la nutrition, les suppléments alimentaires, l'oxygénation, l'exercice physique, l'état d'esprit, etc.). Sur ce, il a émis un doute sérieux.

"OK, Docteur, je sais que vous êtes un scientifique et que vous vous prononcez seulement sur des méthodes qui ont été mesurées scientifiquement, mais sachez que moi j'y crois. Alors, si je ne réagis pas avec autant de détresse à l'annonce de ce genre de nouvelles, c'est que j'interprète les choses autrement. À l'avenir, je vous demanderais de me dire que la chimio a atteint ses limites et non qu'il n'y a plus rien à faire, car il y a un monde de différence entre les deux. Et l'espoir est le PREMIER ingrédient de la recette."

En acquiesçant à ma demande, il ajoute : "De toute façon, Madame, vous savez que vous avez déjà dépassé largement toutes nos espérances ?" Mon Dieu que cette petite phrase m'a fait plaisir. "Ah oui, Docteur, expliquez-moi." À force de questionner, j'ai fini par lui tirer un aveu : selon lui, lorsqu'il m'a rencontrée pour la première fois en octobre 2005, mon espérance de survie se situait à un an tout au plus. Yessssss !!!

"Là, vous me faites plaisir, Docteur. Vous êtes en train de me confirmer que mes efforts n'ont pas été vains." Il a approuvé, même s'il gardait ses réserves : "On ne sait jamais d'une personne à l'autre, quelle sorte de résultats on aura." me dit-il. "En effet, lui ai-je répondu, car on n'analyse jamais les actions qui sont entreprises par les différents patients en dehors de la chimio." Ce sur quoi il a dû se montrer d'accord.

Une nouvelle vie

Ça faisait longtemps que je me promettais de lui poser la question sur son pronostic initial, mais je n'osais pas. Aujourd'hui, je suis très heureuse de savoir que j'ai battu les statistiques, pas pour remporter une médaille... Non. C'est surtout parce que maintenant mes croyances ont des fondements. Ce ne sont plus du charabia flyé !

Depuis hier, je flotte. Maintenant, tous les espoirs sont permis. Peut-être que la médecine a atteint un cul-de-sac dans mon dossier, mais, moi, je continue de croire qu'en mettant toutes les chances de mon côté, je survivrai très longtemps à cette erreur de parcours.

Un peu de repos

Voilà pour ce soir. Je ne vous ai pas oubliés au sujet de mes différentes avenues de guérison. J'y reviendrai dès que possible.

Bonne soirée !

lundi 13 avril 2009

Le miracle de la résurrection

En ce beau lundi de Pâques, le moment est propice pour parler de résurrection, car on oublie souvent que la fête de Pâques, c'est la fête du retour à la vie.

Tôt hier matin, pendant que nous prenions notre café, mon copain et moi, je lui ai offert un chocolat de Pâques (du chocolat noir de première qualité... parce que c'est bon pour la santé !!!) représentant un couple de lapins amoureux. Romantique, non ? J'avais aussi acheté des cocos pour ses enfants et mes parents. Lui, n'ayant pas souligné cette fête d'aucune façon, se sentait un peu mal à l'aise. Il m'expliquait que pour lui, Pâques était une journée ordinaire.

"Comme c'est dommage !" ai-je pensé. C'est, selon moi, la plus belle célébration de l'espérance. C'est la vie qui se réveille et qui reprend ses droits sur les ténèbres. C'est l'arrivée du printemps, les fleurs printanières qui percent le sol encore froid et le chant des oiseaux qui témoignent du miracle de la résurrection.

Trois jours pour revenir à la vie

En discutant de tout ça avec mon amoureux, j'en suis venue à parler de ce que signifiait le délai de trois jours entre la crucifixion et la résurrection du Christ, car ce n'est pas seulement un fait historique et religieux, c'est surtout un symbole très puissant d'espérance.

L'auteure spirituelle, Marianne Williamson, dit à ce sujet : "C'est là la signification des trois jours symboliques entre la crucifixion et la résurrection. Il faut du temps à la flamme pour s'élever à nouveau, mais elle y arrive. Aussi longtemps que notre coeur reste ouvert alors même que nous sommes en pleine crucifixion - ouvert à l'amour, au pardon et à ce que nous devons apprendre et expier-, la résurrection est inévitable. Qu'importe ce qui arrive, cela aussi passera." (extrait de Le changement - un cadeau inestimable, Éditions du Roseau, 2006, p. 69)

Selon ce que j'en comprends, c'est que peu importe la détresse qui nous habite ou la profondeur des ténèbres que l'on traverse, à un moment donné ou à un autre, si nous nous en remettons avec confiance à l'amour infini de Dieu, le soleil se lèvera à nouveau sur notre vie. Trois jours, c'est tout ce que ça prend pour atteindre une rive plus douce et retrouver l'espoir que tout s'arrangera.

Chaque défi est l'occasion d'un miracle

L'auteure nous invite à regarder les problèmes que nous rencontrons comme une expérience d'apprentissage pour soi et toutes les parties impliquées. Il nous faut simplement apprendre à les accueillir de façon positive. Elle nous propose une démarche fort inspirante : "Il s'agit de prendre l'entière responsabilité de ce que nous avons pu faire pour contribuer au problème, de nous pardonner et de pardonner à autrui, de prier pour toutes les personnes concernées et de cultiver notre foi que les miracles divins sont en route vers nous." (idem, p. 64)

Voici la prière (p. 65) qui l'accompagne :

Mon Dieu,
Je dépose ce problème sur Ton autel.
Je Te demande d'interpréter cette situation à ma place.
Fais que je ne vois que l'amour en l'autre et en moi.
Montre-moi ce que je dois voir;
Montre-moi ce que je dois faire.
Aide-moi à pardonner.
Libère mon esprit de la peur.
Merci, mon Dieu.
Amen.

Du sang neuf

Mon miracle à moi depuis vendredi ? Je suis revenue à la vie grâce au sang que j'ai reçu jeudi dernier. En effet, ce sang neuf a contribué à faire remonter le taux de globules rouges qui ont pour fonction de transporter l'oxygène dans le sang et je sens mon énergie renouvelée. Même si je ne suis pas encore assez en forme pour aller monter le mont Orford, je me sens mieux et mon moral est vraiment meilleur. Je garde espoir que ce retour à la vie se poursuivra sans cesse jusqu'au miracle de ma guérison.

Sur ce, bon printemps ! Que Dieu vous bénisse.

P.S. : Je ne sens pas avoir retrouvé encore mon degré d'inspiration habituel, mais je vous offre toute de même ce que j'ai de meilleur.

vendredi 16 janvier 2009

Le Grand Mystère de la danse

Ce matin, je lisais quelques pages de mon nouveau livre, le deuxième d'une trilogie de l'auteur Oriah Mountain Dreamer intitulé La Danse (Les Éditions Logiques, 2004). Cette lecture à caractère spirituel est une invitation à vivre au rythme de notre vraie nature. J'avais beaucoup aimé son premier intitulé L'invitation (publié aux mêmes éditions en 2000) qui se veut un appel à la vie, à la passion et à la réalité.

Danser sa vie

Qu'est-ce que ça vous dit, "Danser sa vie" ? Ça fait déjà un bon moment que je reçois ce message de plusieurs sources en guise d'invitation à cheminer. Danser, c'est suivre le mouvement en n'offrant aucune résistance, un peu comme l'eau de la rivière qui coule allègrement dans son lit, contournant les obstacles sur son parcours et polissant les surfaces, à force de patience et de persévérance... Elle ne semble jamais se plaindre de son sort et elle finit toujours par atteindre l'océan. Voilà l'image que prend la danse de ma vie.

Dans son chapitre intitulé "Mais savez-vous danser ?", l'auteure nous ouvre les yeux sur une grande vérité qui lui a été inspirée en songe. Elle se demandait ceci : "Je veux savoir pourquoi je suis si rarement la personne que je souhaite être." (p. 28) Et la réponse qu'elle a reçue est la suivante : "La question n'est pas de savoir pourquoi tu es si rarement la personne que tu veux vraiment être, mais plutôt pourquoi veux-tu si rarement être la personne que tu es vraiment ?" (p. 29)

Et comment faire pour vouloir être celui ou celle que l'on est vraiment, dans notre être le plus profond, si on ne sait pas à qui on a affaire ? C'est seulement en allant à la rencontre de soi souvent par le recueillement, l'exploration et la découverte, l'accueil et l'appréciation, qu'il est possible de faire les premiers pas de la danse avec l'être merveilleux que nous sommes.

Le grand secret

Plus loin, elle nous confie son grand secret : "J'ai toujours senti la présence de ce qui est plus grand que moi-même." Puis elle nous raconte comment ç'a commencé. Elle était une toute petite fille lorsque, blottie dans son lit effrayée par les disputes de ses parents qu'elle entendait très bien, elle s'est sentie portée et réchauffée par la main de Dieu. C'était ainsi que le "Grand Mystère" avait répondu à ses prières répétées. Puis elle dit avoir senti la présence bienveillante de plusieurs êtres de lumière dans son coeur ; ils la rassuraient en lui disant : "Nous sommes toujours avec toi. Nous serons toujours avec toi."

Dans sa naïveté enfantine, elle croyait que tout le monde pouvait sentir une telle présence. Elle a été étonnée d'apprendre qu'il n'en était rien. En fait, le contact doit d'abord être établi par notre volonté de se tourner vers la lumière divine avec foi, amour et gratitude. Cette rencontre est souvent provoquée par des événements éprouvants qui nous ramènent à l'essentiel.

Danser avec le Grand Mystère

L'annonce de la maladie a été pour moi une invitation à la danse de ma vie que j'ai acceptée dès le départ. Je sentais au fond de moi que toute la résistance que j'avais opposée aux différents appels de changement reçus dans les épisodes difficiles de mon parcours y était pour quelque chose.

Ainsi, au lendemain de l'annonce du diagnostic épouvantable, je suis entrée en conversation avec Dieu. Seule dans ma chambre d'hôpital, j'ai amorcé mon discours ainsi : "Mon Dieu, je sais que cette épreuve a quelque chose à m'apprendre sur moi, sur la vie et sur mon rôle dans cette vie. J'accepte le défi proposé, mais j'aurai très certainement besoin de Toi pour traverser les moments les plus difficiles. Je te confie mon corps puisque Tu en es le Créateur, pendant que je plonge dans le grand voyage intérieur à la découverte de mon être lumineux." Je venais de m'ouvrir à un univers spirituel nouveau qui m'invitait à cheminer doucement dans l'amour, l'accueil et la foi. Je n'avais plus rien à craindre.

La valse divine

Lorsqu'on accepte d'entrer dans la danse, les partenaires qu'il nous faut se présentent au moment venu. Ainsi, dès ma sortie de l'hôpital, j'entreprenais un processus de guérison émotionnelle avec une thérapeute qui avait tout ce qu'il me fallait : amour, accueil et douceur. Elle connaissait les avenues à emprunter pour retrouver le chemin vers la maison (le Soi). Voici un extrait du récit que j'en ai fait dans mon journal peu de temps après :
"Quand je me suis présentée chez elle au lendemain de ma première visite chez l’oncologue, elle m’a trouvée en très bonne forme, malgré le peu de temps qui nous séparait de l’opération (deux semaines et demie seulement). Avant d’entreprendre le traitement, elle prend le temps nécessaire pour m’écouter relater les événements entourant mon séjour à l’hôpital, le compte-rendu du docteur qui a pratiqué ma chirurgie au lendemain de l’intervention et surtout ma rencontre de la veille avec l’oncologue. Je lui exprime clairement mon besoin d’être rebranchée à la Puissance Divine, car j’ai perdu ma solidité en raison de la peur qui m’a envahie. Elle me trouve bien sereine malgré tout.

Étendue sur la table, je me laisse guider par les paroles de ma thérapeute qui me demande de respirer profondément pour mieux me détendre. Puis elle m’invite à entrer à l’intérieur de moi pour reprendre contact avec la force de vie qui m'habite de même qu'avec mon univers spirituel. Je sais que des ressources inouïes s’y trouvent; il ne me suffit que d’avoir foi en ce potentiel divin pour y avoir accès. À cette pensée, me vient sitôt en tête une magnifique image : je vois Marie, ma thérapeute, me tenant dans ses bras, telle une brebis blessée, pour me ramener auprès du Créateur pour recevoir la guérison. Tout ça se déroule dans une bulle de lumière blanche d’une pureté infinie. Dès les premiers instants du traitement, je me sens aussitôt rebranchée et je pleure à chaudes larmes. Je remercie le Ciel de m’accueillir de nouveau pour me sauver.

Puis, à un certain moment, Marie prononce ces paroles qu’elle m’invite à répéter : « Avec la puissance de Dieu en moi, je peux tout. » Comme c’est rassurant ! Je ne suis plus seule."

Vous vouliez connaître mon secret pour tant de sérénité et de confiance dans cette aventure éprouvante ? Le voici : je ne danse jamais seule.

Que Dieu vous accompagne à chaque instant et qu'Il vous bénisse.

dimanche 12 octobre 2008

C'est la fête à Marie...

Aujourd'hui, c'est la fête à Marie. Une jolie jeune fille de 19 ans pleine d'entrain et de pétillant. Hier soir, nous avons célébré son anniversaire autour d'un bon repas en compagnie de personnes agréables, drôles et chaleureuses. Ce joyeux événement est une belle démonstration du bonheur contenu dans le moment présent, car quand on est heureux, le temps s'arrête.

La richesse du moment présent

Jean-Paul Simard, dans son livre Pèlerinage aux sources de la vie -- spiritualité, santé et guérison (éd. Anne Sigier, 2006) dit : "C'est dans le creuset de l'instant que s'élabore la vie. C'est aussi dans l'instant que se révèle et se manifeste Dieu." (p. 188) Puis :
"Quand nous comprenons la richesse du moment présent, nous nous y adonnons tout entiers. Nous apprenons à relativiser le temps et nous découvrons en lui une nouvelle source de force, d'équilibre, d'harmonie et de plénitude. Nous entrons alors dans le domaine de la sérénité." (p. 189)

Pour ma part, la conscience du moment présent a été une révélation salvatrice. C'était à l'été de 2006; je venais d'apprendre que je devais recevoir des traitements de chimiothérapie. Toute la force, le courage et la détermination que je me connais se sont volatilisés en un instant. J'avais l'impression physique de n'être qu'une grosse masse de gélatine sans colonne vertébrale. J'avais la sensation émotionnelle d'être perdue dans une jungle sans armes pour me défendre. En fait, je sentais les piliers de mon être s'effondrer et je me suis mise à pleurer sans pouvoir m'arrêter. J'ai donc couru à l'aide auprès de ma thérapeute qui m'a suggéré la lecture du Pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle (éd. Ariane, 2000). Ça ma sauvé la vie. (Lire Quand le pilier de l'ego cède paru le 8 août dernier sur ce blogue)

Plénitude divine

Dans le livre de Jean-Paul Simard, on apprend qu'un grand maître spirituel, Jean-Pierre Caussade, parle du moment présent en termes de "plénitude divine". La conscience du moment présent favorise au plus haut point la profondeur, l'intériorité, l'épanouissement. Je vous propose cette petite prière pour retrouver le calme et la paix...

Seigneur, fais-moi ralentir

Fais-moi ralentir, Seigneur.
Apaise les battements de mon coeur en tranquillisant mon esprit.
Calme mon allure pressée avec une vision de la portée éternelle du temps.
Donne-moi, malgré la confusion de l'époque, le calme des collines immortelles.
Réduis la tension de mes nerfs et de mes muscles avec la musique apaisante
des rivières chantantes qui coulent dans ma mémoire.
Aide-moi à profiter pleinement du pouvoir reposant et fortifiant du sommeil.
Enseigne-moi l'art de prendre de petites vacances d'un instant
pour admirer une fleur, causer avec un ami, flatter un chien
ou lire quelques pages d'un bon livre.
Fais-moi ralentir, Seigneur, et aide-moi à faire pousser mes racines en profondeur
dans le sol des valeurs permanentes de la vie pour que je puisse un jour
atteindre les étoiles de ma destinée finale.
(Auteur anonyme)
(Jean-Paul Simard, p. 196)

Célébrer la vie

Je me souviens d'une phrase toute simple tirée de Jean Vanier dans son ouvrage Accueillir notre humanité qui dit : "Aimer une personne, c'est la célébrer." Avez-vous pensé à célébrer une personne qui pourrait refleurir le temps d'une petite fête ? Pas besoin d'une occasion spéciale ou d'une raison pour célébrer quelqu'un. Il est permis d'en inventer des prétextes pour signifier notre attachement à un proche ou, mieux, pour souligner sa beauté intérieure, car souvent elle l'a oublié. Pensons-y.

Vive la vie ! Vive l'amour ! Vive la compagnie !

Bonne célébration !





mardi 7 octobre 2008

"Be a light" -- Sois lumière

Pour faire suite à ma chronique d'hier, j'ai choisi d'inclure aujourd'hui le texte qui m'a inspiré le passage "Be a light". Ainsi, vous aurez quelques pistes à emprunter pour être lumière.

Comment être lumière

À chaque instant, nourris des pensées élevées, prononce des paroles élevées, pose des gestes élevées (de haute conscience). Ainsi, tu glorifies ton être divin de même que ton Dieu. Contribue à la paix sur terre en apportant la paix à tous ceux que tu rencontres. Sois paix.


À chaque instant, ressens et exprime ta connexion divine avec le grand Tout, ainsi qu'avec chaque personne, lieu et chose.

Accueille chaque circonstance, accepte chaque faute, partage chaque joie, contemple chaque mystère, marche dans les souliers de chaque personne, pardonne chaque offense (incluant les tiennes), guéris chaque coeur, honore la vérité de chaque personne, adore le divin en chacun, protège les droits de chacun, préserve la dignité de chaque personne, reconnais les intérêts de chacun, comble les besoins de chaque être, aies foi en la divinité de chacun, ...

  • Sois un exemple vivant de la Vérité Suprême qui réside en toi.
  • Parle humblement de toi-même, pour éviter qu'on ne perçoive ta Vérité Suprême comme de la vantardise.
  • Parle doucement, pour éviter qu'on croie que tu cherches l'attention.
  • Parle gentiment, afin que tous voient l'Amour dans tes paroles.
  • Parle ouvertement, afin d'éviter qu'on suppose que tu as quelque chose à cacher.
  • Parle candidement, afin qu'on ne te prenne pas en erreur.
  • Parle souvent, afin que tes paroles fassent leur chemin.
  • Parle respectueusement, afin que personne ne soit déshonoré.
  • Parle amoureusement, afin que chaque syllabe puisse guérir.

Fais de ta vie un cadeau. Souviens-toi toujours, tu es le cadeau. Sois un cadeau pour chacun qui entre dans ta vie et pour tous ceux qui t'ont laissé entrer dans la leur. Fais attention de ne pas entrer dans la vie d'une autre personne si tu ne peux être un cadeau. (Tu peux toujours être un cadeau, parce que tu es toujours le cadeau -- mais parfois tu l'oublies.) Quand quelqu'un entre dans ta vie de façon inattendue, cherche le cadeau que cette personne est venue recevoir de toi (de ta personne).

(Traduction libre tirée de Conversations avec Dieu, volume 2, Neale Donald Walsch, pages 175-176)

Bonnes rencontres !


Coucher de soleil au pôle nord

vendredi 25 juillet 2008

Sur le trampoline de l'espoir

"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir." C'est ce qu'on dit depuis toujours. Depuis le début de mon odyssée dans le monde éprouvant de la maladie, je saute régulièrement sur le trampoline de l'espoir. Comment ? Voici : Je reçois d'abord une mauvaise nouvelle de l'oncologue suite à un examen dont les résultats sont décevants. Le ciel s'ennuage (c'est grave)... l'orage arrive (c'est ébranlant)... le calme revient, mais ma paix intérieure a été perturbée. La semaine d'après, je me retrouve chez mon thérapeute avec qui je travaille sur des solutions profondes et pleines d'espoir. La situation, bien qu'elle soit sérieuse, devient gérable. Ouf ! c'est comme la mort qui vient de s'éloigner d'un seul coup à 10 km de moi. Enfin, je peux respirer et travailler plus sereinement à ma guérison. Je viens de rebondir.

Ainsi, dans cet esprit, je prêche mon propre adage, soit : "Tant qu'il y a de l'ESPOIR, il y a de la VIE." Évident, vous me direz ? Pas tant que ça, quand on entend tout ce qui se dit dans le cabinet des oncologues (c'est très solennel)... et dans les salles d'attente (c'est déprimant)... et dans l'entourage des personnes touchées (c'est parfois enrageant). Face au cancer, l'espoir est souvent bien fragile car on nage en plein mystère. Certains spécialistes se permettent même de se prononcer sur des pronostics sombres pour être bien certains de ne pas créer de "faux espoirs" aux patients qu'ils traitent. De quoi ont-ils peur ? D'être poursuivis en justice pour avoir laissé entrevoir une guérison possible ??? Je déplore et je m'insurge contre ces pratiques qui tuent l'espoir en fermant les horizons à la personne qui doit se battre pour sa vie. (Lire Petits et grands miracles, paru le 10 juillet, et Le miracle du désir, paru le lendemain.)

Une fenêtre ouverte sur l'air frais du matin

Le but de ma chronique du jour n'est pas de reprendre le débat, mais bien de vous offrir quelques beaux passages qui mènent sur des avenues de croissance et de guérison dans l'épreuve, quelle qu'elle soit. Ce sont des passages tirés de ma lecture de Joan Chittister, une moniale bénédictine américaine qui a connu l'épreuve tout au long de sa vie et qui a su en tirer de grandes sagesses. (De l'Épreuve à l'espérance, éd. Bellarmin, 2004) Si vous traversez des temps difficiles, je vous recommande fortement de vous plonger dans cette lecture riche qui nous ouvre de belles fenêtres d'espérance.

Par exemple : quand elle parle de l'épreuve de la solitude, elle y associe le don de l'indépendance. À l'épreuve de la nuit obscure, elle jumelle le don de la foi. Au combat contre la peur, le don du courage; et au combat contre l'impuissance, la grâce de rendre les armes, etc. Bien sûr, il s'agit d'une lecture à caractère spirituelle qui touche la dimension de l'âme et de l'esprit. Cette lecture nourrit immanquablement la foi et donne, par le fait même, le souffle de vie nécessaire pour continuer le combat.

Quelques passages à méditer
"Le grand secret de la vie, c'est l'art de survivre au combat sans y succomber, de livrer la bataille sans la perdre, de se sortir de l'épreuve plus forts que lorsque nous y avons été plongés. C'est ce secret que la spiritualité de l'épreuve dévoile." (p. 34)

"Juste au moment où nous sommes le plus vulnérables, quand nous sommes prêts à tout laisser tomber, à abandonner, à partir, nous nous retrouvons engagés dans la bataille de notre vie, à essayer de survivre, à essayer de continuer. Pourquoi ? Parce que vivre, c'est continuer. Parce qu'on n'a pas le choix. La seule question, c'est de savoir si nous allons continuer avec tout ce que nous sommes, ou si nous serons condamnés à survivre, blessés et amers. Une voie mène à la dépression; l'autre, à une vie nouvelle. La première voie, c'est la défaite; l'autre, c'est l'espérance." (p. 41-42)

"Si nous sommes prêts à tenir bon et à traverser les profondeurs de l'épreuve, nous pouvons récolter la conversion, l'indépendance, la foi, le courage, l'abandon, l'acceptation de soi, la persévérance, la pureté du coeur et une sorte de transformation de notre être qui nous conduit au-delà de la douleur, jusqu'à la compréhension. Supporter l'épreuve, c'est le prix à payer pour devenir tout ce que nous sommes appelés à être dans le monde. (p. 42)

"À chaque instant de son existence, écrit Norman Mailer, ou bien on grandit, ou bien on régresse. Ou bien on vit un peu plus, ou bien on meurt un petit peu. (Norman Mailer, Conversations with Norman Mailer, J. Michael Lennon (dir.), University Press of Mississippi,
1990.)
La spiritualité de l'épreuve commence avec la décision de grandir ou de se replier, de vivre un peu plus ou de mourir un petit peu. C'est là une décision de la plus grande importance." (p. 46)



Ouf ! De relire ces passages pour vous les partager me bouleverse encore. C'est tellement profond et plein de vérité. Je souhaite qu'ils vous apportent autant qu'ils ont su m'apporter dans les temps de détresse et de désespoir, comme dans les temps plus doux de retour au calme.

Et ma prière d'aujourd'hui vous est dédiée afin que vous trouviez le courage et la foi pour poursuivre le combat de votre vie (peu importe l'épreuve), car c'est la voie qui mène au précieux diamant. (Lire Indiana Jones et le précieux diamant, paru hier)

Bonne route !

mardi 17 juin 2008

La richesse de la prière

(Suite de la chronique précédente.)

Toujours dans le but de démystifier la prière et de la différencier de la méditation, je poursuis mon propos en me référant à Jean-Paul Simard (Pèlerinage aux sources de la vie, éd. Anne Sigier, 2006).

La prière du coeur

Dans mes échanges avec les gens que je rencontre, il m'arrive de plus en plus souvent de suggérer à ceux qui vivent de l'anxiété ou qui souffrent d'une quelconque façon, "d'aller s'asseoir dans son coeur". La première fois que j'ai entendu ce conseil, je l'ai tout de suite adopté. J'aime beaucoup cette image qui évoque le calme, la quiétude et l'unité avec le Soi infini. Je me vois assise dans une petite grotte baignée par un puits de lumière divine à observer les sentiments qui circulent dans cet espace intérieur et à écouter le silence bienfaisant me murmurer les secrets de mon âme. Alors complètement coupée de l'extérieur, j'ai accès à un trésor de richesses infinies, et ce, en tout temps.

L'auteur parle de cet espace ainsi : "Nous pourrions considérer le coeur comme un oratoire dans lequel nous pouvons nous retirer à volonté. Dans l'intime de chaque être humain, il y a un centre où Dieu se révèle et par lequel il agit. C'est dans ce centre que Dieu parle et à travers lequel il se manifeste. À partir de ce "foyer intérieur", stable et solide, nous pouvons rencontrer Dieu à volonté." (p. 282)

Puis, il poursuit : "À mesure que l'homme plonge dans sa profondeur, son coeur s'éveille à la Présence qui l'habite. Cela signifie que la force et l'efficacité de la prière dépendent du degré de notre conscience de Dieu."

La prière-mantra

Ce genre de prière implique la répétition d'une courte phrase. On dit, à cet effet, que "la répétition vise essentiellement à se tenir en présence de Dieu dans son coeur. Elle crée un état d'âme tel qu'il arrive un moment où la prière irrigue toute l'existence : elle nourrit quand on a faim, abreuve quand on a soif, repose dans la fatigue et protège des dangers de la vie." (p. 281)

On dit aussi que le rôle de la répétition est de discipliner le mental afin d'atteindre, dans la prière, la pureté d'intention. "D'où l'importance de la détente dans la répétition. Celle-ci doit se faire sans effort, d'une façon lente et calme. Ceux qui l'expérimentent avouent qu'il se produit un apaisement, un calme, une quiétude réelle." (p. 286)

Quelques prières-mantra

La prière de Jésus : On peut axer la prière sur le seul nom de Jésus. "Ce nom est d'une telle richesse qu'il peut constituer à lui seul une prière complète." (p. 291) "La prière du nom de Jésus amène à la spontanéité spirituelle : elle est un "cri du coeur" que fait jaillir, comme une source d'eau vive, la présence guérisseuse du Seigneur." (p. 292)

La prière à l'Esprit Saint : Cette prière est considérée par l'auteur comme miraculeuse, car l'Esprit Saint représente la force même de Dieu en action. En voici deux versions (p. 293 et 296):

"Viens, Esprit de LUMIÈRE, de FORCE et de PAIX."

"ESPRIT SAINT, descends sur chacun de nous avec tes sept dons. Donne-nous lumière, force, courage, sérénité, paix, quiétude, amour, sagesse, intelligence, piété et amour de Dieu."

La prière au Dieu de l'impossible : L'auteur raconte que cette prière lui a été inspirée dans un moment particulièrement dramatique de sa vie. Un moment où seul le Dieu de l'impossible pouvait vraiment faire quelque chose pour lui. Et il témoigne que le miracle a bel et bien eu lieu. (p. 297)

"Seigneur, je crois que tu es plus fort que mon épreuve, parce que tu as vaincu la mort par ta résurrection, que tu es le Dieu de l'impossible, que j'ai du prix à tes yeux et que tu m'aimes."

La prière de guérison : "Quel est le rapport entre la guérison et la prière ?" interroge l'auteur. La FOI. "Le miracle ne peut avoir lieu que dans la foi absolue. Et la foi est intimement liée à la confiance, laquelle est inséparable de l'abandon, et à l'absence de soucis." En voici une tirée de la Bible :

"Seigneur, dis seulement une parole et je serai guéri."

Dieu répond-il ?

À ce sujet, l'auteur nous rappelle la promesse de Jésus qui est formelle : "Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l'avez reçu et cela vous sera accordé." (Marc 11,24). Il ajoute cependant que : "Dieu ne fonctionne pas comme un dépanneur. Son action comporte toujours une part de mystère." (p. 301) On dit que la prière est semence et que la récolte appartient à Dieu. Et c'est Lui qui reste maître du délai et du mode. Si la prière n'est pas exaucée, ou bien les temps ne sont pas venus, ou bien il agira d'une autre manière. L'attitude à adopter est la suivante : "Il faut lutter comme si tout dépendait de nous, et se mettre à genoux comme si tout dépendait de Dieu."

Par ailleurs, si la réponse se fait attendre, "il est fort possible que se cache en filigrane le désir de Dieu de nous voir réaliser un travail intérieur préalable. (...) Qu'il nous laisse dans la maladie pour nous faire apprécier la bénédiction que représente la santé. Si Dieu nous accordait tout de suite ce que nous demandons, il nous priverait parfois d'un apprentissage nécessaire à la vie." (pp. 314-315) (À cet effet, je vous renvoie à La leçon du papillon, parue sur ce blogue le 10 mai dernier.)

En terminant

Dans ces deux chroniques sur la prière, le sujet n'a été qu'effleuré. Dans un prochain texte sur la foi, j'y reviendrai, car la notion de foi est cruciale dans la prière, sinon celle-ci n'aurait aucun sens. Rappelons simplement que la prière est le mode de communication par excellence pour entrer en contact avec Dieu. Elle requiert patience, persévérance et foi. Je vous invite à l'expérimenter à votre façon pour redécouvrir cette pratique bienfaisante.

Voici un beau témoignage de Gandhi (p. 300) :


Je ne suis pas un homme de lettres ou de sciences.
J'essaie simplement d'être un homme de prière.
C'est la prière qui a sauvé ma vie.
Sans la prière, j'aurais perdu la raison.
Si je n'ai pas perdu la paix de l'âme malgré toutes les épreuves,
c'est que cette paix vient de la prière.
On peut vivre quelques jours sans manger, mais non sans prier.
La prière est la clé du matin et le verrou du soir.
La prière, c'est une alliance sacrée entre Dieu et les hommes...

mardi 13 mai 2008

Le PARDON : ce grand guérisseur

Seul, le mot "pardon" crée une certaine résistance et parfois même un mouvement de recul. C'est qu'on en comprend rarement le vrai sens. Ainsi, pour plusieurs, pardonner ou, pire, demander pardon, ça peut vouloir dire se montrer faible et lâche. Ça, c'est si on joue la game de l'ego, car l'ego déteste avoir le sentiment de perdre.

Cependant, le pardon semble incontournable dans une démarche de guérison, que ce soit une guérison physique, émotionnelle, psychique ou spirituelle. En effet, dans bon nombre de mes lectures traitant de guérison, j'ai rencontré de longs extraits sur le pardon, le passage obligé vers le rétablissement harmonieux de l'être dans un univers intérieur de paix, d'amour et de joie profonde.

À mesure que j'avançais sur cette avenue, j'en arrivais à comprendre que le pardon, c'est d'abord et avant tout un témoignage d'amour de soi, car pardonner, c'est se libérer des blessures et des souffrances du passé en cessant de le rebrasser dans son esprit. À chaque fois qu'on repense à un événement douloureux du passé, on le recrée et on ravive la souffrance qui s'y rattache. Un peu comme si on arrachait sans cesse une gale sur un bobo en voie de cicatrisation. Plus on gratte, plus ça fait mal et moins ça guérit.

"Oui, mais...", me direz-vous ? "Oui, mais la souffrance est toujours là et je ne peux pas simplement l'ignorer." Vous avez raison, car faire fi d'une souffrance qui nous gruge lui donne juste plus de pouvoir de destruction... à plus long terme. C'est comme si on laissait traîner des bombes à retardement qui, un jour ou l'autre, peuvent nous sauter en pleine face et se manifester par l'apparition d'une maladie. (Rassurez-vous, je ne veux pas vous faire peur.)

C'est là que le témoignage d'amour arrive à la rescousse. (Tant qu'à retourner en arrière, aussi bien le faire d'une façon bienfaisante.) Ainsi, dès qu'on touche à une zone qui souffre, on en ressent toutes les émotions douloureuses. De les reconnaître, c'est déjà un premier pas, puis le soulagement viendra lorsqu'on sera en mesure de les accueillir avec compassion et amour pour soi. Imaginez-vous un petit enfant qui vient de se brûler sur un rond de le cuisinière. Il court aussitôt vers son parent pour trouver réconfort et soulagement. Eh bien, l'être qui souffre au fond de soi, c'est cet enfant. Et l'adulte que nous sommes devenu, c'est le parent bienveillant. Dès que nous accueillons cet enfant et ses souffrances, l'intensité de la douleur diminue de même que son pouvoir de destruction, car l'Amour guérit.

(Attention : accueillir l'enfant qui souffre ce n'est pas exercer de l'apitoiement pour attirer de la pitié. Il y a une grande différence entre les deux; le premier soulage, le second entretient la douleur.)

Revenons donc au pardon. Ainsi, après avoir accueilli sa douleur avec bienveillance, il devient possible de pardonner réellement, c'est-à-dire couper avec le passé et revenir dans le moment présent pour se donner la possibilité de reprendre vie et d'emprunter une voie plus heureuse pour l'avenir.

Afin d'illustrer avec plus de justesse et de clarté mon propos, j'ai fouillé plusieurs sources pour en extraire certains passages que voici :

"Le pardon est la voie parce qu'il fait fondre la prise du temps sur la blessure ! Lorsqu'il n'existe pas de temps, il n'existe pas de blessure." (Extrait de Ferrini, Paul, L'Amour sans conditions - Réflexions de l'Esprit Christique, éd. Le Dauphin Blanc, p. 136)

"Reconnaître la blessure est toujours le premier pas dans le processus de guérison. Si vous n'êtes pas prêts à affronter la peur qui est derrière la blessure, le processus de guérison ne peut commencer." (Idem, p. 111)

"Quoi que nous fassions pour changer notre vie et créer de nouvelles possibilités, franchir le pont vers une nouvelle vie est impossible à moins d'être prêts à pardonner. (...) Rien de tout cela n'est jamais facile. Jamais. Mais refuser de pardonner empoisonne l'âme." (Extrait de Williamson, Marianne, Le changement - un cadeau inestimable, éd. du Roseau, p. 144)

"Pardonner consiste tout simplement à ne se souvenir que des pensées d'amour que tu as adressées dans le passé et de celles qui te furent adressées. (...) La pratique du pardon est notre contribution la plus importante à la guérison du monde." (Extrait de Williamson, Marianne, Un retour à l'amour, éd. J'ai Lu, p. 64)

"Le pardon est la clé de la paix intérieure parce qu'il est un procédé mental qui transforme nos pensées de peur en pensées d'amour." (Idem, p. 81)

"En amenant le passé dans le présent, nous créons un futur juste comme le passé. En laissant aller le passé, nous faisons de la place pour les miracles. (Idem, p. 83)

"Le pardon est la seule voie pour sortir de l'enfer : en aimant, nous nous défaisons de la douleur, et en refusant d'aimer, nous restons dans la douleur. À tout moment, nous répandons l'amour ou projetons la peur, et chaque pensée nous rapproche soit du ciel, soit de l'enfer." (Idem, p. 148)

En conclusion

Au sujet de la lutte pour survivre :

"Juste au moment où nous sommes les plus vulnérables, quand nous sommes prêts à tout laisser tomber, à abandonner, à partir, nous nous retrouvons engagés dans la bataille de notre vie, à essayer de survivre, à essayer de continuer. Pourquoi ? Parce que vivre, c'est continuer. Parce qu'on n'a pas le choix. La seule question, c'est de savoir si nous allons continuer avec tout ce que nous sommes, ou si nous serons condamnés à survivre, blessés et amers. Une voie mène à la dépression; l'autre à une vie nouvelle. La première voie, c'est la défaite; l'autre, c'est l'espérance." (Extrait de
Chittister, Joan, De l'épreuve à l'espérance, Éd. Bellarmin, pp. 41-42)

"À chaque instant de son existence, ou bien on grandit, ou bien on régresse. Ou bien on vit un peu plus, ou bien on meurt un petit peu. La spiritualité de l'épreuve commence avec la décision de grandir ou de se replier, de vivre un peu plus ou de mourir un petit peu. C'est là une décision de la plus grande importance." (Idem, p. 46)

De quoi méditer un bon moment.

dimanche 16 décembre 2007

Couler comme rivière d'Amour...

Aujourd'hui, c'est le 3e dimanche de L'Avent. Ça vous dit quelque chose ? Pour moi, l'Avent est une belle période d'espérance à l'arrivée de Noël. Pendant ces quelques semaines, tous mes sens sont en éveil ; les sens de mon âme, j'entends. Eh oui, je me prépare à m'ouvrir encore davantage à la lumière spirituelle qui est associée à cette belle fête d'Amour et de Partage !

Cette année, le thème de l'Avent, c'est : "Quand la vie se donne... l'espérance veille." En effet, "l'engagement des uns envers les autres, les gestes de tendresse, de générosité et d'entraide génèrent la confiance et traduisent la présence d'une lumière. L'Avent nous place sous le signe de la lumière." (extrait de Prions en l'Église du 2 déc. 2007)

Et comme par hasard, ce matin, je lisais un texte qui nous définissait, nous humains sur le plan spirituel, comme des rivières qui coulent vers les autres et qui s'abreuvent de ce que ruisseaux et rivières de tous horizons nous apportent. Voici un court extrait de la réponse offerte à une petite fille de sept ans qui demande : "Pourquoi aime-t-on ?"

"C'est un mouvement naturel vers ce qui t'entoure et te touche, qui t'apporte une émotion, et tu la sens dans ton corps. Nous avons besoin de couler comme une rivière et de sentir que d'autres rivières coulent en nous. Une rivière qui coulerait toute seule sans jamais en rencontrer une autre disparaîtrait dans la terre; son lit s'assécherait."

Et à la question : "C'est quoi l'amour ?", l'auteur répond :

"C'est la rivière qui coule en toi et qui coule vers les autres. Mais n'imagine jamais que tu n'es pas une rivière et que seuls les autres peuvent couler vers toi et t'apporter de la joie, du plaisir, de la tendresse, de la douceur ; car, si tu penses que cela vient des autres, tu seras triste chaque fois que les rivières cesseront de couler vers toi." (extraits de ODIER, Daniel, Le grand sommeil des éveillés, ed. du Relié, 2000, p. 95-96)

Comme je trouve ça rassurant de savoir que tout ce que j'ai besoin de faire pour être abreuvée, c'est de couler vers les autres du même Amour que je cherche à obtenir ! Et la magie s'opère à tout coup.

Heureux temps de l'Avent !