dimanche 29 novembre 2009
Chemin de croix
Je souhaitais compléter ma chronique du 17 novembre dans ces quelques lignes que je vais écrire. L'heure est au repos et surtout à me brancher très intimement à la Paix du Christ, car c'est là que se trouve le courage nécessaire pour franchir le dernier bout. J'ai remarqué, en effet, que la Paix, elle va et elle vient. Parfois, on sent qu'on y est enfin, puis les pensées viennent la troubler. Par exemple, lorsque tôt le matin au lit, on se met à faire un retour rapide sur sa vie et que les deuils surviennent.
Mes grands deuils
Ma rivière : après avoir finalement fait le grand saut de la ville vers la campagne, j'arrive à m'installer au bord de la rivière qui m'a vue grandir, mais je n'aurai pas le temps d'en profiter. Et le fameux grand jardin qui faisait l'objet de toutes mes fantaisies que je ne pourrai jamais réaliser.
Je n'oublierai certainement pas mon fidèle compagnon Kiwi qui devra apprendre à vivre dans un nouvel environnement avec une nouvelle maîtresse et même une petite amie plus jeune et plus enjouée. Peut-être que ça fera du bien à son bedon un peu trop volumineux. !
Et il y a l'appartement que j'ai tout aménagé à mon goût; l'appartement juste de la bonne taille pour pouvoir y travailler et m'amuser à tous mes projets de création qui, bien sûr, resteront en plan. Et ma voiture. (Lire ma chronique du 22 mai dernier à ce sujet.) Ça, ça me fait de la peine, car pour une fois que j'avais la voiture de mes rêves avec juste assez de luxe pour me sentir vibrer dans la dimension de l'abondance et profiter pleinement de la vie.
Et le plus importante, ce sont toutes les personnes aimées que je laisse derrière. Je planifiais une grande fête pour pouvoir tous les revoirs et les embrasser une dernière fois. Mais ça ne sera pas possible.
Prochaines chroniques
Je ne sais pas si je serai en mesure d'en publier de nouvelles, mais sachez que je pense à vous beaucoup et je sais que vous êtes avec moi dans cette dernière tranche de vie.
Que Dieu vous accompagne et qu'Il me garde pleine de foi et de paix.
jeudi 19 novembre 2009
Une belle rencontre avec le Seigneur mon Dieu
J'essaie de m'y préparer et je sens de la résistance. J'ai du mal à laisser aller ma vie de vivante pour apprivoiser la mort, l'autre vie qui m'attend. J'ai beaucoup de travail spirituel à faire, moi qui en ai tant fait jusqu'ici.
Je m'acharne sur des choses matérielles qui me reste à régler ou que je veux bien régler pour les autres. Maman me ramène au spirituel ; elle a raison.
J'ai peur de ce que me réserve la maladie : la grande faiblesse, la maigreur, l'incapacité totale, le lit constant. Je n'y suis pas encore, mais je m'y dirige rapidement. Et puis, on parle de semaines de vie qu'il me reste. Je ne voudrais pas que ce soit trop de semaines et je voudrais bien partir avant Noël pour éviter de trop grandes tristesses à ma famille.
Je trouve surréaliste cette situation; c'est-à-dire que je parte la première, moi la plus jeune de la famille, et dans ces conditions particulières. Cela représente aussi la grande frustration de tous les autres membres de cette famille qui s'expliquent mal le dénouement du sort de la vie. Il n'y en a pas d'explication. C'est comme ça, c'est tout.
Je regarde par la fenêtre; il va faire une très belle journée. J'ouvrirai ma fenêtre et j'aurai un peu de cet air frais d'hiver. Ce matin, je vais aller au bain puisqu'hier je n'ai pas eu le temps (j'avais beaucoup à faire avec ma belle-soeur). Dans l'après-midi, j'étais très fatiguée; alors, j'ai dormi beaucoup. En soirée, j'ai écouté les nouvelles et je me suis couchée assez tôt.
Je disais donc que je vais aller au bain tôt, puis je me reposerai, car, en après-midi, maman viendra me rejoindre pour l'administration du sacrement des malades par le prêtre de l'hôpital. J'espère que cela va m'aider à trouver la Grande Paix et à m'orienter davantage sur ma préparation spirituelle, car pour le moment, je sens de la résistance.
Ce matin, 19 novembre, voici ma page d'écrit :
La peur m'a accompagnée une bonne partie de la journée hier, jusqu'à ce que le prêtre arrive et me prenne la main, comme un frère qui me connaît depuis toujours. Avec un grand sourire chaleureux et un air rassurant, il m'a tout de suite demandé si j'avais trouvé la paix. On dirait qu'il avait deviné mes états d'âme. Je lui ai donc parlé de ma peur, puis, grâce à Dieu, il a trouvé les bonnes paroles pour m'amener sur le terrain de la foi.
Nous avons eu un long échange plein d'amour et d'espérance, puis le rituel a démarré, tout ça, en présence de ma mère. Nous étions trois à partager ce moment divin et ce fut vraiment d'une grande sérénité spirituelle.
Après, je puis dire que la Paix a fait son chemin jusqu'à mon coeur et un regain d'énergie et de vitalité a envahi mes veines.
Je suis très heureuse d'avoir vécu ce beau rituel religieux rempli d'Amour divin.
mardi 27 octobre 2009
Laisse Dieu décider (suite)
Je disais, en terminant mon message précédent, que je m'apprêtais à faire le voyage au Pérou les yeux fermés serrés sur les risques que je courais à m'envoler dans les conditions qui prévalaient alors et que, dans mes premiers jours d'hospitalisation, j'avais toujours en tête de me faire débloquer au plus vite pour aller rejoindre le maître soignant au Pérou.
J'ai discuté de ce mon projet avec un médecin qui se montrait très ouverte à l'idée qu'un patient puisse tenter divers moyens pour sauver sa vie, donc elle n'avait rien contre les médecines alternatives. Cependant, elle qui se trouve avoir beaucoup voyagé dans sa vie (un hasard que je sois tombée sur elle !!!), elle me dit qu'elle ne voulait pas me décourager d'aller à Arequipa, ville magnifique où elle a déjà séjourné, mais qu'il fallait tout de même que je sois consciente dans quel bateau je m'embarquais, car le voyage est très long. De plus, si jamais je devais partir sans assurance, elle se dirait très, très inquiète. À cet effet, elle m'a fourni les coordonnées d'un courtier d'assurance voyage de la région qui offre une large gamme d'assurance voyage, même pour des passagers à risque. Elle me dit : "Si tu n'en as pas avec eux, tu n'en auras pas ailleurs."
Elle a poussé ses recherches un peu plus loin pour moi : elle est allée consulter le site internet de British Airways dans la page "restrictions particulières pour passagers" et elle a trouvé une restriction concernant la subocclusion intestinale. Pourquoi ? Eh bien, me dit-elle, parce qu'en altitude, les gaz prennent de l'expansion. Ainsi, comme nous avons tous des gaz dans l'intestin, et moi j'en ai plus et ils sont coincés par la maladie, elle prévoyait qu'une fois rendue en haut, à 33 000 pieds, je pourrais avoir de très gros maux de ventre et des nausées sévères. De plus, l'altitude pouvait causer la rupture de l'intestin.
Imaginez la suite ! Pas d'assurance... je risque de décéder en plein vol : dans ce cas, c'est ma famille qui est prise avec les arrangements pour rapatrier le corps, opération qui peut être plus ou moins compliquée selon le pays survolé à ce moment-là.
Autre conséquence possible : le pilote doit faire un atterrissage d'urgence pour aller chercher les premiers secours. Cette manoeuvre entraîne des frais faramineux pour une famille non-assurée...
Pour le reste, je n'ose même pas imaginer.
Si j'avais suivi mon plan, j'aurais fort pu causer des problèmes très importants à ma famille et il y a de bonnes chances que je ne me sois pas rendue là-bas.
Rester attentif aux signes
Suivre le plan de Dieu, c'est rester ouvert aux signes : 1. je ne trouve personne pour m'accompagner, 2. il n'y a plus de place sur le vol de mon thérapeute, 3. je rentre d'urgence à l'hôpital, etc. Ça peut être une question de vie ou de mort !
Méditation
Je vous invite à regarder une situation qui vous concerne, que ce soit dans le présent ou le passé, et de tenter d'identifier les signes qui peuvent vous guider vers la plan de Dieu. Vous serez sans doute surpris de voir combien de fois Dieu se manifeste dans notre vie et que nous ne l'écoutons pas.
Bonne journée !
vendredi 23 octobre 2009
C'est l'heure des bonnes nouvelles !!!
Je suis convaincue que les prières de toutes la communauté de prières que j'ai créée par mon cri du coeur du début de la semaine a porté fruit. Beaucoup de gens m'ont, en effet, confirmé avoir prié pour moi, à leur façon. Ma sonde urinaire a été retirée ce matin pour voir si la vessie a repris sa fonction. Nous ferons une tentative aujourd'hui jusqu'à demain matin, avant que je sois libérée pour un nouveau congé temporaire ce week-end. (C'est mon gros chat qui va être content !)
Puis, en début de semaine prochaine, on devrait parler d'un congé définitif avec assistance d'une infirmière à la maison et d'un médecin de famille du CLSC. Je serai bien entourée avec toujours ma mère à proximité et mes amies prêtes à bondir à ma rescousse au premier appel de détresse.
Une fois revenue dans mes affaires et ma routine, il sera important, même primordial que je retrouve mon régime santé et mes suppléments alimentaires avec ma naturopathe chinoise afin d'éviter à tout prix de me retrouver à nouveau dans une situation aussi précaire et inquiétante. Bien entendu, une période d'arrimage sera nécessaire entre les deux types de médecines pour éviter les interactions négatives.
La grande fête
Dès que j'aurai retrouvé la forme et que mes pneus d'hiver auront été achetés et installés (car l'hiver est déjà à nos portes avec la neige qui nous est tombée dessus hier), je vais lancer la grande fête que je promets depuis quelques semaines pour rassembler tous ceux qui auront envie de célébrer la grandeur de la vie avec moi.
Ce sera une soirée toute simple empreinte d'authenticité, de joie de vivre et d'amour sincère. Nous mangerons des mets succulents et boirons dans une ambiance chaleureuse et vraie. J'ai très hâte ! Je vous en reparlerai très bientôt.
D'ici là, restez au poste pour d'autres belles nouvelles miraculeuses.
Mot de sagesse / Méditation
(Extrait de Joël S. Goldsmith, L'Art de la guérison spirituelle, éd. Astra, 1997, pp. 103-104)
Dieu est vie éternelle.
Dieu est loi.
Dieu est amour.
Si Dieu, l'Amour divin, prend soin de lui-même, n'est-il pas clair que la loi et l'amour de Dieu suffisent à maintenir Sa création dans l'harmonie, la joie et la perfection ?
Bonne journée !
lundi 19 octobre 2009
Une demande bien spéciale
J'ai peur de perdre cette lutte, car les dernières semaines, comme vous savez, n'ont rien démontré de très encourageant côté santé. Nous travaillons fort à réduire la douleur, mais pour le reste, il semble que la maladie continue de gagner du terrain et ne crée davantage de problèmes, surtout au niveau digestif.
Alors, j'étais assise dans mon fauteuil à m'ennuyer en regardant le débat des candidats à la mairie de Montréal parler tous en même temps et, comme venant du plus profond d'un gouffre, un cri du coeur a émergé vers vous : S.V.P. priez !
Cette demande bien spéciale m'a rappelé une histoire lue dans un livre jamais cité sur ce blogue intitulé Le livre du bonheur dont l'auteure est Marcelle Auclair. C'est un livre qui date de 50 ans au moins (on me dit que la nouvelle édition est magnifique) et qui relate de courtes histoires de vie pour nous amener vers une vie plus pleine d'espoir et de richesses du coeur. Une de ces histoires concernait un jeune couple dont la femme était tombée gravement malade et dont la vie était menacée. C'était dans le temps de la guerre, je crois. L'homme qui avait très, très peur de perdre sa douce épouse a utilisé les moyens de communication de l'époque pour amener le plus de gens possible à prier pour la guérison de sa femme, et ce, même s'il leur ferveur était faible ou inexistante. "S.V. P. priez ! même si vous n'y croyez pas " était sa demande précise. Son voeux avait été exaucé et sa femme a survécu.
Et moi, ce soir, je vous demande la même chose : "S.V.P. priez ! même si vous n'y croyez pas."
Quelques mots sur la prière
Avant de vous adresser cette demande, j'ai pensé vous offrir quelques points d'appui sur la prière, car je comprends que pour une personne qui ne la pratique jamais, ça peut être utile. J'ai simplement cliqué sur le thème "prière" tout au bas de cette page pour retracer quelques-unes des chroniques qui en parlent. Deux de ces chroniques ont retenu mon attention : la première parue le 4 mai 2009, intitulée En Dieu, la grâce ! nous invite à nous élever au plan de Dieu. C'est-à-dire que tout existe déjà et est parfait : santé, harmonie, abondance. Il n'en tient qu'à nous de nous élever spirituellement à cette dimension, comme s'il nous suffisait de traverser un mince voile pour connaître et vivre l'immensité et la miséricorde de Dieu. La prière nous permet de faire ça.
Je me voyais trop faible pour m'élever toute seule à ce plan divin et je me disais qu'avec beaucoup de prières, vous pourriez contribuer à cette miraculeuse élévation, et ce, même si vous n'y croyez pas. Vous n'avez pas à réciter de prière spécifique. Tout ce qu'il vous faut, c'est d'adresser une demande spontanée qui vient du coeur, dans vos mots avec vos intentions et tout l'amour dont vous êtes capables. Je sais que déjà beaucoup de gens prient pour moi et je vous en suis infiniment reconnaissante.
Dans le deuxième texte, paru le 16 juin 2008 et intitulé La force de la prière, je vous adressais également une demande spéciale de prière et quelques lecteurs en avaient ajoutées à la section commentaires. Je vous rappelle que durant ce mois de juin 2008, nous vivions un grand drame familial puisque ma nièce de 20 ans avait eu un accident de skateboard et avait été blessée très gravement à la tête. C'est miraculeusement qu'elle s'en est sortie, car tous les médecins ne croyaient pas pouvoir la sauver. Et aujourd'hui, elle est en mesure de mener une vie assez normale, bien qu'elle souffre de séquelles plutôt mineures si on considère la gravité de son état alors. Je crois que la prière de tous y a fait pour beaucoup dans cette guérison spectaculaire.
En me couchant ce soir, je penserai à vous et je me dirai que je ne suis pas seule dans mon épreuve. Je me laisserai porter par vos prières et je saurai que j'ai de bonnes chances de m'en sortir.
Merci mille fois de votre soutien inconditionnel. Que Dieu vous bénisse et vous soutienne en tout.
samedi 17 octobre 2009
Laisse Dieu décider
Je me prépare à sortir pour le week-end, enfin ! Je ne suis pas encore dans le meilleur état possible, toujours réduite au régime liquide, je suis encore un peu faible. Mais mon estomac s'est bien comporté hier, ce qui me donne une chance de passer du bon temps si je respecte les consignes côté alimentation.
Avec le peu d'énergie dont je dispose, j'ai tout de même des plans pour profiter de la vie au maximum, dans la mesure où le corps voudra bien collaborer.
D'abord, j'ai une amie de Montréal qui viendra prendre soin de moi tout le week-end. Cet après-midi, nous irons nous faire pomponner : coiffure, facial, manucure, pédicure, etc. Ça, ça va nous raviver et nous emplir de bonnes énergies de guérison. Pour le reste, on verra jusqu'où mes énergies me conduiront. J'espère bien pouvoir faire quelques petites commissions, prendre une marche dans la nature qui entoure mon chez-moi. Rien de bien exigeant. Bref, tirer le meilleur de cette sortie.
Mes infirmières m'ont préparé tous les médicaments dont j'aurai besoin pour les deux jours et m'ont montré comment procéder avec les différentes injections. Ça devrait aller. Et si jamais ça ne va pas, je pourrai toujours rentrer plus tôt que prévu.
J'imagine déjà Kiwi, mon gros chat, qui doit jubiler à l'idée d'avoir de la compagnie tout le week-end et un bras rassurant pour dormir la nuit prochaine. Il me manque beaucoup. La semaine dernière, ma soeur et ma mère me l'ont amené à l'hôpital, mais il était tellement nerveux qu'il a passé les trois quarts de l'heure de sa visite caché sous le lit. C'était prévisible.
Voilà pour les nouvelles. Mon propos du jour est plus important. Alors, voici :
Le plan divin
Je vous ramène à deux chroniques écrites plus tôt ces dernières semaines : Dans la foi, rien n'est impossible (le 18 septembre, le matin même de mon hospitalisation imprévue) et Dans l'éternité, il n'est pas trop tard (le 6 octobre). Dans mon esprit, ces deux chroniques s'inscrivaient dans une série de trois, et la troisième avait pour thème Laisse Dieu décider. Je vous remets brièvement en contexte.
C'était dans la semaine qui suivait l'annonce dramatique de mon oncologue de Montréal qu'il n'y avait plus rien à faire (dont il est question dans la première chronique de cette trilogie). Inutile de dire que je cherchais désespéremment des sources d'espoir, car ça ne se pouvait pas que j'en sois réduite à accepter banalement la mort après tous les efforts déployés au cours des quatre dernières années. Il fallait que je trouve une nouvelle piste, ou que je retrouve le levier de l'espoir.
Je m'accrochais à tout message inspirant, dont à ceux que je recevais quotidiennement de l'auteur Marianne Williamson déjà citée dans les pages de ce blogue (voir le site Oprah.com pour la retrouver à titre de collaboratrice). Dans le premier, elle disait que Dieu est grand et que dans sa grâce, rien n'est impossible. Dans le deuxième, elle parlait d'éternité et assurait qu'il n'était pas trop tard pour un miracle. Dans le dernier, elle nous invitait à se soumettre au plan de Dieu, car nous, dans notre petit univers, nous n'avions aucune idée de l'ensemble du plan. C'est comme un grand puzzle de plusieurs milliards de pièces : nous connaissons notre petit morceau et les quelques pièces autour de nous, mais nous n'avons aucune idée de se qui se trame à plus grande échelle ni comment nos décisions peuvent aller influencer notre vie dans un coin inconnu de notre être.
Voyage au Pérou
Je cherchais bien à savoir comment Dieu pouvait bien orchestrer les choses autrement qu'à ma façon. J'imagine qu'on est tous comme ça, car on se croit maître de notre destinée. Je tentais de suivre les signes pour comprendre le plan divin et mon rôle spécifique dans ça. Et je sentais que ç'avait un lien avec mon voyage imprévu au Pérou.
D'abord, je ne trouvais personne pour m'y accompagner, même si certains de mes amis inquiets m'encourageaient à m'y rendre (je dois, par ailleurs, admettre que mes proches étaient morts de peur à me voir partir comme ça sans garantie). J'avais demandé à quelques-unes de mes amies proches, sans succès. Puis, j'ai lancé le message à plus grande échelle en me disant qu'il en revenait sans doute de choisir pour moi la personne qui m'accompagnerait.
J'avais bien une occasion de voyager avec mon thérapeute qui s'y rendait justement pour un an avec sa famille dans les jours qui suivaient, mais il n'y avait pas de place à bord du même vol que lui. Et puis, faut dire qu'il en avait déjà plein les bras. Bon, que me restait-il d'option ?
Le jeudi 17 septembre, j'ai commencé à magaziner un billet d'avion qui offrait de bonnes conditions de vol et je l'ai mis en réserve pour deux jours (sans obligation), le temps que je poursuive ma recherche d'une accompagnatrice.
Le vendredi 18 au soir, je suis hospitalisée d'urgence pour une subocclusion intestinale sévère.
Les premiers jours, je n'avais que le Pérou en tête me disant qu'il s'agissait de ma dernière chance de m'en sortir vivante. Je voulais qu'on se dépêche à me débloquer pour que je puisse poursuivre mon projet de voyage. J'ai parlé à mon thérapeute le 23 pour lui donner des nouvelles qui empiraient de jour en jour. Il s'inquiétait pour moi, car il me voyait glisser sur la pente du désespoir. Puis, il me ramène à Dieu comme il peut.
Le vrai message de Dieu
Après avoir pris le temps d'observer et de réfléchir objectivement sur les événements entourant mon impossibilité à faire le voyage en raison des obstacles qui ont été mises sur mon chemin, j'ai compris que je ne devrais ABSOLUMENT pas faire ce voyage dans les conditions qui étaients présentes à ce moment-là. Autrement dit, je m'apprêtais à partir à l'aventure avec qu'une seule idée en tête : me rendre là-bas pour être soignée au plus vite. Je ne tenais aucunement compte des risques et des dangers que je courais. Ce n'est que plus tard que la réalité m'a frappée. Écoutez bien :
D'abord, je savais que je partais sans être assurée convenablement puisque les assureurs ne couvrent pas les problèmes qui surviennent en lien avec une condition de santé connue avant le départ. Ainsi, pour toute complication liée au cancer, j'étais laissée à moi-même.
Deuxièmement, je n'ai pris aucune information médicale sur les risques que je couraient à m'envoler avec une subocclusion sévère en formation.
(Je dois m'interrompre ici, car ma maman s'en vient me chercher. Je reprendrai sans doute lundi matin.)
Bon week-end ! On annonce du beau temps. Profitez-en bien.
vendredi 9 octobre 2009
La vie comme un tricot
Créer des miracles
Comme vous savez, je suis dans un épisode de bilan et de réconciliation qui me permettra de retrouver la paix par rapport à ma vie (Lire Dans l'éternité, il n'est pas trop tard paru plus tôt cette semaine). Et dans ce processus qui tient lui-même du miracle, car il nous amène au-delà de nos limites souvent fixées par l'ego (le fauteur de troubles, comme j'ai tendance à le qualifier), j'ai fait un contact avec mon vieil amour pour tenter d'effacer de vieilles blessures et retrouver l'harmonie intérieure avant de partir. Eh bien, il semble qu'un miracle soit sur le point de se produire.
Je ne vous en dit pas plus pour le moment. (Je sais, Linda, chère belle-soeur, que tu ne seras pas heureuse de devoir attendre quelques jours pour en savoir plus... peut-être seras-tu tentée de me donner un coup de fil pour satisfaire ta curiosité !!!)
Je vous dis seulement de continuer à croire aux miracles tout en étant conscient qu'ils se produisent souvent à partir d'un mouvement initié par nous. C'est seulement quand on fait d'abord un pas en avant que Dieu peut faire les suivants, car c'est ainsi qu'Il comprend que nous sommes prêts à lui ouvrir la voie.
Merci d'être là avec moi pour vivre tous les bouts difficiles, mais aussi les moments divins. Préparez-vous; le poil vous dressera sûrement sur les bras.
jeudi 8 octobre 2009
Grosse journée
Contact spécial
La femme notaire que j'avais choisi a été sélectionnée seulement à partir de son nom sur une liste de notaires figurant sur le site de la Chambre des notaires du Québec. À mes yeux, ils étaient tous pareils, car je ne les connaissais pas du tout, mais je me suis laissée guider par mon intuition. Je voulais faire affaires avec une femme d'abord, puis j'y suis allée avec celle qui portait le même nom de famille que ma mère.
Lorsqu'elle est rentrée dans la chambre, je l'ai tout de suite aimée. Elle était élégamment vêtue, bien coiffée et avait un air des plus sympathiques. Je ne m'étais pas trompée. Puis, question de mieux nous connaître, elle s'est intéressée à mon parcours. Je lui ai fait un bref résumé de mon cheminement de guérison depuis quatre ans en mentionnant les aspects touchés par mes nombreuses démarches : physique, émotionnel, mental et spirituel. Je lui ai précisé que malgré les sombres pronostics des médecins, je croyais toujours en la possibilité d'un miracle et que ça faisait vraiment bizarre de préparer ma sortie tout en continuant d'espérer vivre.
Sur ce, elle m'a dit qu'il s'agissait pour elle de la preuve d'une grande évolution spirituelle, d'être capable de se détacher de tous ses biens matériels et d'envisager la mort tout en continuant de vivre pleinement. Et ces démarches bien terre-à-terre me permettront ensuite de me sentir totalement libre pour préparer mon âme à rejoindre l'autre monde : retrouver l'harmonie et la paix par le pardon et les réconciliations.
Avant de partir, elle m'a offert un gros câlins rempli d'énergie. J'étais un peu surprise, mais maintenant convaincue que j'avais fait le bon choix.
Première expérience en radio
Non, non, je ne me lance pas dans une nouvelle carrière d'animatrice radio ! C'est plutôt que j'ai reçu mes premiers traitements de radiothérapie hier après-midi : un pour le dos et un pour le bassin. J'étais allée jeudi dernier rencontrer le radio-oncologue et vendredi, j'avais reçu une première séance de marquage avec un scan. Mardi, c'était une deuxième séance de marquage et hier, enfin, les premiers traitements. J'en aurai six en tout sur cinq jours. Hier, la séance a duré toute une heure en salle de traitement, ce qui est beaucoup, selon ce qu'on me dit.
On m'avait prévenu que dans les 24 à 48 heures suivants les premiers traitements, il y avait de bonnes chances que la douleur soit amplifiée, donc de rester tranquille. Eh bien, dès mon retour dans ma jaquette d'hôpital, les douleurs ont émergé et ce n'était que le début d'une longue soirée de souffrances très intenses à plusieurs endroits en même temps. Calmant par dessus calmant, je souffrais atrocement.
Visiteurs inconscients
Et il y avait une famille de visiteurs dans la deuxième chambre à côté qui se croyait en party. Même ma porte fermée, je les entendais parler fort et rire à travers les murs. Certains oublient qu'ils sont dans un hôpital où il y a des gens malades. Ils n'ont aucun respect pour la souffrance des autres. J'ai dû me choquer en disant aux infirmières que si elles n'allaient pas les avertir, je le ferais moi-même. Elles ont compris mon point et la fête s'est terminée brusquement. Tant mieux.
Bonne nuit
Après tous ces calmants et un léger somnifère, j'ai réussi à passer une bonne nuit, mais je me suis réveillée très tôt, comme il m'arrive souvent, toute en sueurs, sans autre envie de dormir. J'ai donc sorti mon ordi pour vous donner des nouvelles fraîches de mes aventures en milieu hospitalier.
La suite
J'ai deux autres rendez-vous prévus aujourd'hui et demain en après-midi. Il semble que ça se poursuivra samedi et dimanche, mais j'attends toujours confirmation. Si c'est le cas, je ne pourrai sortir ce week-end pour aller retrouver mon gros chat. Je tenterai toujours d'avoir des congés d'une demi-journée pour pouvoir changer d'air et vaquer à quelques occupations faciles.
Après cette série de traitements, les douleurs devraient diminuer de façon substantielle, nous permettant ainsi de réduire la quantité d'anti-douleurs, ce qui aura un effet bénéfique sur les autres aspects de la médication (constipation, etc.), et je pourrai sans doute poursuivre ma vie presque normalement avec un bon suivi d'un médecin de famille et d'une infirmière qualifiée du CLSC. Je me croise les doigts.
Espoir renouvelé
Bien que personne ne parle de guérison ici, seulement de soulager la souffrance, je continue d'espérer en une intervention divine. Pendant mes séances de traitements, je prie Dieu et la Sainte-Vierge de m'accompagner et de faire en sorte que le laser ne fasse pas que réduire les masses, mais qu'il les détruise complètement. C'est le nouvel espoir de guérison que j'ai trouvé à travers les méandres de ce séjour triste aux soins palliatifs.
Lever de soleil tardif
Je termine cette chronique à 5h30 et il fait encore noir. J'espère qu'il fera beau. Je vous souhaite une belle journée ensoleillée dans votre tête et dans votre coeur.
mardi 6 octobre 2009
Dans l'éternité, il n'est pas trop tard
"Le Père connaît mes besoins, et je me tiens en ce lieu en position de témoin, non pas en priant pour des occasions bonnes de se révéler demain, mais en étant assis tranquillement dans cette atmosphère de l'Ame, et en regardant les occasions bonnes venir à moi. De même que les rivières coulent vers la mer, obéissant en cela à quelque loi de Dieu, normale, naturelle pour elles, qui est de se mélanger à la mer et de nourrir ses vastes étendues, ainsi il est normal, naturel, que la grâce de Dieu vienne en moi pour me nourrir. Cette grâce était jusqu'ici retenue par mes désirs, mes peurs, mes doutes et ma croyance en un Dieu séparé et distinct de mon être, qui ainsi ne connaissait pas mes besoins. Maintenant, je suis libéré de toute inquiétude, de toute préoccupation, et je suis témoin de la bonté infinie de Dieu." (Tiré de Joël S. Goldsmith, L'Art de la guérison spirituelle, éd. Astra, 1997, p. 260)
Le renouveau réside dans le pardon
Marianne Williamson, auteure célèbre et guide spirituelle, dans son enseignement du jour, fait remarquer que le renouveau réside dans le pardon. Elle précise que si nous voulons avoir une chance de recommencer à neuf, il nous faut pouvoir fermer la porte sur le passé grâce au pardon. Sinon, c'est toutes nos blessures et nos rancoeurs que nous traînons derrière nous et que nous perpétuons, par le fait même, dans notre futur, par ailleurs encore pur. Nous contaminons volontairement ou inconsciemment notre avenir de nos vieillies histoires simplement parce que nous n'arrivons pas à pardonner et à laisser aller.
Dans cette nouvelle vie que j'espère de tout coeur, je n'ai nul besoin du passé qui m'a rendue malade. Et maintenant que je suis si près de la fin de ma vie, qu'est-ce qui m'empêche de fermer les pages du grand livre d'hier pour commencer de nouvelles aventures dans le livre d'aujourd'hui et de demain ?
Comment faire ? Cesser de considérer les événements de ma vie en pièces détachées, cesser de leur accorder tant d'importance. Ceci m'amènera à dresser un bilan général des situations pour en tirer les leçons utiles, faire amende honorable et pardonner. Je retourne à Dieu cette partie de ma vie pour qu'elle soit purifiée dans l'océan de son Amour infini. Et je reprends mon chemin le coeur léger, l'âme en paix, l'esprit joyeux tourné vers demain. Que vais-je faire de ma vie demain ? C'est tout ce qu'il me faut savoir car hier est déjà loin derrière.
Le pardon est ainsi une grande source de rédemption et de libération.
Ceci nous rappelle que dans le miracle, il y a une grande part de nous, car il se manifeste à partir du moment où l'on accepte enfin de regarder une situation d'un oeil neuf et de plonger dans l'Amour divin afin de s'abandonner dans un lâcher prise aussi effrayant que libérateur.
lundi 5 octobre 2009
De belles consolations
Je viens juste d'être connectée à l'internet depuis ma chambre d'hôpital grâce à la générosité de mon frérôt qui m'a prêté un portable et aux bons services que nous obtenons aux soins palliatifs de l'Hôtel-Dieu. Une déception, cependant : je n'ai pas tous les courriels qui sont rentrés à la maison auxquels j'aurais souhaité répondre et je n'ai pas non plus ma boîte de contacts. Pour y avoir accès, je dois, à partir de la maison, exporter ces informations sur une clé USB et les importer dans le portable à l'hôpital. Je ne sais pas si je serai capable de le faire par moi-même, mais j'ai une bonne ressource qui pourra m'aider : mon neveu Carl qui est pas mal fûté côté informatique. Alors, dès mon prochain congé, je me chargerai de tout ça.
En attendant, je peux toujours communiquer avec vous via ce blogue auquel, je constate, plusieurs sont des fidèles lecteurs et lectrices. Vous saurez donc que je suis toujours active et intéressée à garder le contact.
Quoi de neuf ?
Depuis ma dernière chronique, datée du 30 septembre, beaucoup de choses se sont passées de mon côté. J'aimerais bien vous dire que c'est tout du positif, mais ce n'est pas le cas. Je vous épargnerai, cependant, les détails de mes aventures dans le cadre de mon hospitalisation. Tout ce que je peux vous dire, c'est que les choses évoluent rapidement et que, dans ce contexte, j'ai de grands, grands lâcher prise à faire, car il est de plus en plus évident que les solutions médicales ne me sauveront pas. Elles peuvent à tout le moins me soulager, et je dois dire qu'ici, aux soins palliatifs, le personnel est des plus dévoués pour répondre à nos moindres désirs et soulager nos malaises fréquents.
Le miracle espéré
Ce matin, j'ai enfin accepté que ma lutte a été menée jusqu'au bout, et qu'à partir de maintenant, seule une solution divine pouvait me garder en vie, car je suis épuisée. Je m'en remets complètement à Dieu pour la suite des choses. Voici ce qui m'a permis d'arriver à ce lâcher prise:
"Puisque le vrai miracle est notre union à Dieu par la compréhension de sa volonté pour nous, la guérison extérieure n'est pas requise. Elle peut survenir, et peut-être pas. Nous pouvons être guéris ou non de notre maladie. Le vrai miracle est dans notre abandon à la vie telle qu'elle est. Lorsque nous sommes en paix et dans l'acceptation de notre vie, le miracle de l'amour de Dieu se répand dans notre coeur." (Tiré de Paul Ferrini, Le Silence du coeur -- Réflexions de l'Esprit Christique tome 2, éd. du Dauphin Blanc, 2008, p. 165)
De belles consolations
Dans l'épreuve de la maladie, comme dans d'autres j'en suis certaine, il y a de belles consolations. Parlons de la bonté de mes amies dévouées qui viennent prendre soin de moi le week-end. Il y a eu Lyne, Richelle, Susan et Nelly qui m'ont accompagnée dans mes sorties pas toujours sans soucis. Elles préparent des repas, font du lavage, des courses pour moi et sont toujours prêtes à me porter secours au besoin, même au beau milieu de la nuit. Je découvre en elles, même si je les connais depuis très longtemps (20, 30 et 40 ans), des soeurs d'une grande générosité et je les aime encore davantage.
Je ne pourrais passer sous silence également le soutien dévoué et constant des membres de ma famille : ma maman qui va prendre soin de mon gros chat abandonné tous les jours et qui me visite régulièrement à l'hôpital en m'apportant les choses qui me permettent de rendre mon séjour plus agréable. Il y a aussi ma soeur de Montréal qui se précipite à ma rencontre au moindre signe de ma part et mon frère aussi qui, malgré son emploi du temps très chargé, se rend disponible dès que je manifeste un besoin particulier. Merci du fond du coeur à vous tous.
L'automne à ma fenêtre
Avant d'entrer précipitamment à l'hôpital, je planifiais une petite escapade dans Charlevoix, ma région préférée, pour pouvoir mieux admirer les couleurs de l'automne. Le paysage charlevoisien n'a pas son pareil en la matière. Malheureusement, j'ai dû me résigner à voir changer les couleurs à partir de la fenêtre de ma chambre. Et chaque fois que j'avais un congé temporaire pour retourner à la maison et tenir compagnie à mon pauvre chat abandonné, je n'allais pas bien. Je devais rester à la maison pour soulager mes maux de toutes sortes. L'automne me passe sous le nez effrontément.
Mais je me surprends à contempler ce paysage, perdue dans mes pensées et j'aime ça.
L'espoir dans une étincelle de vie
Cette chronique improvisée se veut un petit bonjour en passant pour vous dire que je tiens toujours le coup et que je garde espoir, et ce malgré toutes les mauvaises nouvelles que je reçois jour après jour, car dans l'éternité, il n'est jamais trop tard pour un miracle. (Je vous reviendrai sur cette notion.)
Merci du fond du coeur
Dans mon excitation d'être à nouveau branchée, j'allais presque oublier de vous remercier du fond du coeur pour tous vos messages d'encouragement et les commentaires inspirants que j'ai pu lire sur mes plus récentes chroniques. Vous êtes très importants pour moi, surtout en ces temps plus difficiles. Merci, Merci !
Je vous envoie une pluie de bénédictions.
mercredi 30 septembre 2009
Vent de fraîcheur au milieu de la tempête
Tu démontres ta conscience des miracles en t'abandonnant à ce que tu vis et en t'unissant à la volonté divine à chaque instant. Ton travail n'est pas d'essayer d'altérer la réalité physique, mais d'être pleinement présent à elle. Alors que tu t'évertues à le faire, tes peurs, tes dépendances, ton attachement au passé vont se dresser devant toi. Ton travail est de rencontrer ces peurs, ces dépendances et cet attachement avec amour et compassion. Ton travail est de créer un espace sécurisant pour ressentir tes sentiments, pour marcher à travers tes peurs et ta souffrance." (p. 167)
P.S. : Hier, j'ai été transférée à l'unité des soins palliatifs. Méchant choc ! Je vous en reparlerai.
vendredi 18 septembre 2009
Dans la foi, rien n'est impossible
Avant de laisser mon oncologue qui était bouleversé par la nouvelle, je lui dis avec détermination : "Je ne lâcherai pas, docteur. Je continue à croire aux miracles et il n'est pas encore trop tard." Bien qu'il n'y croit pas vraiment, il ne peut faire autrement que de m'encourager à poursuivre mon chemin de foi.
J'ai pris le temps de digérer la nouvelle en allant déjeuner à mon restaurant préféré, puis, je me suis dirigée directement chez mon thérapeute qui me garde tournée vers l'espoir depuis plus de deux ans maintenant. "Ne vous en faites pas. Ça va aller." est souvent ce qu'il me dit pour me permettre de tenir le coup et de continuer à croire aux miracles. Il a un plan pour moi, dont je vous parlerai plus tard.
Vivre ou mourir ?
Au cours des quelques jours qui ont suivi, mes pensées étaient plutôt partagées. J'avais deux choix : me laisser mourir ou faire tout en mon pouvoir pour vivre. "Qu'est-ce que Dieu veut ?" était la question que je me posais le plus souvent, car bien que j'aie l'obligation d'utiliser tous les moyens mis à ma disposition pour rester en vie, je suis bien consciente qu'au bout du compte, c'est Dieu qui aura le dernier mot.
J'ai médité sur la question en élevant mon esprit au niveau de la dimension divine. Les paroles qui m'ont été soufflées sont : "Dieu t'aime et Dieu veut que tu vives. Dieu t'accompagne à chaque instant sur ton chemin de guérison. Dieu te guidera et t'apportera les ressources nécessaires pour poursuivre ta lutte. Continue."
J'avais maintenant la confirmation de mon plan d'action. Il ne me restait plus qu'à le mettre en oeuvre avec confiance.
Mon Dieu est grand
Lorsqu'on arrive à des points critiques dans notre vie, on cherche souvent des réponses inspirées, c'est-à-dire des réponses qui nous font vibrer à une certitude intérieure un peu mystérieuse. Moi, je trouve souvent mes réponses dans des messages inspirants qui me parviennent régulièrement par courriel. Marianne Williamson, auteure bien connue et guide spirituelle, m'a donné de bons conseils dans ses capsules quotidiennes des derniers jours.
Dans la première capsule, Marianne m'apprend que Dieu est grand. Elle explique qu'il n'y a pas différents degrés de difficulté au chapitre des miracles, puisque dans la dimension divine, les niveaux de possibilités se situent bien au-delà de ce que l'esprit humain peut imaginer et percevoir. Ceci me ramène à un témoignage de foi dont j'ai parlé dans ma chronique du 24 août 2008 intitulée : La foi, ce mystérieux cadeau. Nathalie Beaudet, parlant de son expérience divine, affirmait ceci : "il y a plus de distance, sur le plan intellectuel, entre Dieu et l'être humain qu'entre l'être humain et la fourmi." Alors pourquoi essayer de comprendre ? (Je vous invite à relire cette chronique pour approfondir la notion de foi qui sous-tend mon présent propos.)
La foi, c'est croire aux possibilités infinies de Dieu, car peu importe le problème, Dieu est plus grand que tout. Alors, plutôt que de s'inquiéter, vaut mieux méditer pour aligner sa conscience avec l'esprit divin. Lâcher prise sur l'issue des événements et se laisser guider en toute sérénité dans l'Amour du Créateur.
Osez demander une solution miraculeuse (guérison, abondance, rêve, etc.), car nous demandons souvent trop peu à Dieu pour qui rien n'est impossible. Et remerciez surtout.
Que Dieu vous bénisse !
mercredi 2 septembre 2009
Le pouvoir qui nous habite
mercredi 22 juillet 2009
Rétrospective d'un voyage mémorable
Pour nous rendre au Symposium à Saint-Raphaël, nous avons emprunté la route qui longe la mer en direction de Saint-Tropez. Pendant plus d'une heure, nous avons pu admirer la beauté du paysage méditerranéen. Moi, je portais une attention particulière aux arbres en fleurs : lauriers, bougainvilliers (oui, là-bas, ce sont des arbres !) et autres beautés de cette nature luxuriante. Même les terre-pleins d'autoroute étaient bordés sur de très longues distances de grands lauriers tout en fleurs. Magnifique !
Nos trois jours au Symposium étaient magiques. Je vous en ai déjà fait un topo dans ma chronique du 29 juin. De retour à Cannes emplies de toute cette belle magie, nous avons profité des quatre journées qui nous restait pour vivre au rythme des gens de la place. Tout, ou presque, ferme entre 13h et 16h pour le repas du midi et la sieste. Nous avions donc à nous organiser pour faire nos achats en avant-midi, revenir dîner à l'appartement et faire la sieste, pour celles qui en avaient besoin.
Puis, nous retournions sur les petites rues piétonnières où toute l'action se passait pour flâner dans les magasins, prendre une bière sur une terrasse et jaser avec les gens autour. La belle vie quoi !
mardi 2 juin 2009
Les sceptiques seront confondus...
La vie selon Marcel Béliveau
Marcel Béliveau qui nous a quittés la semaine dernière, en a confondu plus d'un par sa longévité. En effet, son éternel optimisme et sa joie de vivre lui ont permis de survivre plus 17 ans à un premier cancer (et nombre d'autres problèmes de santé) pour lequel, pourtant, il avait obtenu un pronostic de survie d'un mois et demi... C'est que "Monsieur Surprise sur prise" n'y a jamais cru et il a mené sa vie sans trop s'en soucier.
Ce qu'il dit dans l'entrevue, c'est que combattre un cancer, c'est lui donner de la force. Nous devons plutôt apprendre à vivre avec, c'est-à-dire continuer de faire ce qu'on a à faire sans se laisser arrêter par les limitations qu'il peut poser à l'occasion. (Ceci rejoint les propos traités dans mon texte du 20 mai dernier intitulé Le véritable chemin de guérison.) Pour ma part, j'ajouterais qu'il est dans notre devoir de prendre tous les moyens à notre disposition pour soutenir notre système immunitaire dans sa lutte interne pour stopper la progression des cellules cancéreuses et ultimement les éliminer. Du même coup, nous contribuons à améliorer notre qualité de vie pendant cet épisode éprouvant.
À la manière du Capitaine Bonhomme
C'est, en fait, le titre que j'avais en tête pour ma présente chronique, car j'ai une histoire amusante à partager. Vous vous souvenez du Capitaine Bonhomme ? Il avait toujours des histoires abracadabrantes à nous raconter et, bien que son exagération était évidente, nous prenions plaisir, enfants, à les croire, car elles nous transportaient dans un monde fantastique. (C'était dans les années 70 et le personnage était incarné par feu Michel Noël.)
Le Capitaine Bonhomme répétait sans cesse cette courte phrase : Les sceptiques seront confondus... en mettant l'accent sur le mot "CON-FON-DUS-DUS-DUS". Et tous les enfants embarquaient pour insister sur le DUS-DUS-DUS. Si vous avez eu la chance de lire mes dernières chroniques dans lesquelles je vous parlais de mes récentes rencontres avec mon oncologue qui envisageait mon avenir avec pessimisme (car les résultats médicaux semblaient indiquer une progression des masses, et ce, malgré l'administration des traitements de chimio), vous aurez compris que j'ai adopté depuis les tout débuts de cette aventure cette même attitude.
Hier, j'ai eu l'occasion de m'amuser de l'incompréhension avouée de mon oncologue : "Je ne comprends rien." m'a-t-il dit. C'est que selon les résultats sanguins, j'aurais dû me traîner dans son bureau, puisque mon taux d'hémoglobine était à 79, ce qui indique une anémie très sérieuse. Le taux d'une femme en santé est à 125. En période de traitement, il est normal de voir chuter le taux de globules rouges, celles qui transportent l'oxygène dans le sang, sous la barre des 100. Et en bas de 90, on pense sérieusement à donner une transfusion pour aider le système à se refaire. Ma première transfusion, je l'ai reçue le 9 avril dernier. (lire Ma première transfusion, parue le 10 avril sur cette page.) Le compte était alors à 84 et mon énergie était à plat. Aujourd'hui, à 79, je fonctionne presque normalement. Et je suis en plein déménagement dans les boîtes, et tout et tout. C'est à n'y rien comprendre.
La portée de l'espoir et de la volonté de vivre
Depuis le début de cette aventure, je répète à mon oncologue qu'il ne faut pas perdre espoir, car moi je crois aux miracles. Il m'écoute toujours respectueusement, mais je sens qu'il doute fort que mon optimisme soit plus puissant que sa chimio. Hier, lorsqu'il m'a vue en assez bonne forme malgré un taux assez faible d'hémoglobine, j'en ai profité pour lui rappeler que les miracles se peuvent. Puis, je lui ai donné un exemple très concret dont je vous parlerai dans une prochaine chronique qui vient illustrer que Dieu nous soutient dans toute sa Bonté et son Amour. Il n'en croyait pas ses oreilles.
Je vous invite à relire "En Dieu, la grâce !" parue le 4 mai dernier, dans lequel vous trouverez une prière de contact qui commence ainsi : "Le Père connaît mes besoins..." Toutes vos inquiétudes s'évanouiront dans la confiance que vous accorderez à ce lien qui vous unit au Tout Puissant.
Bonne journée !
lundi 18 mai 2009
Mon chemin de guérison : la FOI
(Je vote pour cette appellation, puisqu'on n'arrive pas à s'entendre sur le vrai sens de ce congé : fête de la Reine, pour les anglos; fête de Dollard, pour les francos mais on sait plus c'est qui Dollard ; fête des Patriotes, qui me fait penser au cinéaste Pierre Falardeau avec ses revendications interminables pour la survie de notre peuple... pas que je sois contre, mais je trouve que, par moment, ça devient lourd. Il me semble que nous avons déjà la St-Jean-Baptiste pour souligner notre appartenance au Québec. Le printemps, n'est-ce pas la fête de la nature ?)
Mot d'inspiration
Avant de débuter, j'aimerais vous partager un passage qui m'a inspirée particulièrement sur le sujet de la guérison :
"Notre monde a sa source dans notre conscience : il est le reflet de notre état de conscience ; c'est la conscience qui régit le monde de quelqu'un. C'est la conscience de la vérité qui est la loi du monde, comme l'est aussi l'ignorance de la vérité. Pour celui, par exemple, qui sait chasser les ténèbres avec la lumière, il n'y a pas de loi des ténèbres. Les ténèbres n'ont du pouvoir sur quelqu'un qu'en l'absence de la lumière. De même, en l'absence de la vérité dans cette conscience, ce sont l'ignorance, le mensonge, l'apparence, la discorde et l'inharmonie qui se font entendre. Par conséquent, quand il n'y a pas action de la vérité dans notre conscience, notre monde reflète la chance, le hasard, les croyances humaines, médicales ou astrologiques. Et quand la vérité opère en et par notre conscience, elle se fait loi d'harmonie en notre monde, de sorte que toutes choses en notre être et notre vie reflètent l'harmonie qui est en notre conscience."
(Tiré de Joël S. Goldsmith, L'Art de la guérison spirituelle, éd. Astra, 1997, pp. 173-174)
Quand j'ai lu ce passage, j'ai revu mon oncologue qui ne croit qu'au pouvoir de sa médecine... (lire les quelques chroniques précédentes pour plus de détails) Ainsi, lorsqu'il a péniblement constaté les résultats du dernier examen, il avait perdu tout espoir.
Mon chemin à moi
Bien que je me sois fait reprocher d'écrire parfois "à l'américaine" par ma belle-soeur préférée (Salut, Linda ! Embrasse frérôt pour moi ), c'est-à-dire que je ne finis pas toujours mes histoires sans donner un nouveau rendez-vous pour la suite, je m'arrête ici pour le moment... C'est maintenant l'heure du souper et mon dos commence à me faire sentir qu'il en a assez de cette chaise. Je reprendrai donc mon récit demain matin.
Soyez au rendez-vous !
vendredi 1 mai 2009
Bilan global d'une année d'efforts
Retour sur la dernière année
Pendant que j'avais les deux mains dans la terre l'autre matin, je tentais de comprendre ce qui avait bien pu se passer pour que mon progrès dérape... Si la chimio n'est qu'un des ingrédients de ma recette de santé, alors pourquoi s'alarmer devant les tristes pronostics du médecin ? Possiblement que les images apparues sur le scan du 15 avril, où l'on peut voir que les masses ont grossi malgré les traitements réguliers, démontrent simplement que ce sont les autres facteurs qui ont été déficients, soit : alimentation, exercices physiques, état d'esprit, émotions vécues, etc.
C'est avec ces questions en tête que je me suis mise à faire le tour de ma dernière année de lutte pour mieux comprendre et pouvoir aligner mes flûtes pour la suite.
- juillet 2008 : Nouvelle récidive et reprise des traitements de chimiothérapie
- août : Démarrage d'un nouveau programme de nutrition basé sur la médecine chinoise
- septembre : Début d'activités bienfaisantes avec des femmes d'OMPAC (voir http://www.ompac.org/) -- soirée de biodanza et chant-chorale
- octobre : Courtes vacances sur la Côte-Nord avec les baleines
- d'août à octobre : visites régulières chez mon ostéopathe qui m'encourage à garder la foi et à entretenir un univers intérieur harmonieux et bienfaisant.
Résultat : le scan d'octobre démontre une bonne amélioration de la situation. Nous sommes sur la bonne voie.
À l'automne, après cette reprise en lion, les choses se calment légèrement. Les effets cumulatifs de la chimio se font davantage sentir, l'approche de l'hiver sème un peu de morosité dans l'atmosphère, je vis des tiraillements dans ma relation amoureuse et dans mes relations familiales, l'isolement me gagne. Ainsi, bien que mes efforts se poursuivent (alimentation, traitement, thérapie, etc.), le coeur s'est alourdi.
Résultat : le scan de janvier 2009 démontre qu'il y a encore eu amélioration, mais de moins grande importance. Nous poursuivons...
Durant l'hiver, c'est là que mes jours se font plus difficiles : sentiments d'isolement et d'inutilité, besoin de bouger, d'agir, d'être entourée, mais ma condition ne le permet pas (la chute constante des globules rouges crée de l'anémie de plus en plus sévère et affecte aussi mon moral), tiraillements plus prononcés dans mes amours, aucune activité au programme (les ateliers de biodanza et de chant-chorale n'ont pas repris en janvier), le froid me garde à l'intérieur, je deviens négligente côté alimentation (je suis tannée du manque de variété et je me permets trop souvent des tricheries), etc. Et pendant cette période, je me suis éloignée de ma pratique spirituelle, ce qui a ouvert la porte à des sentiments plus négatifs (colère, ressentiment, etc.).
Résultat : le scan d'avril présente des résultats décevants, et même déprimants aux yeux du docteur. Les masses ont grossi et sur le plan médical, aucune autre alternative de traitement n'est envisagée. Le médecin en conclut que la chimio ne fait plus son travail et craint le pire. Moi, je comprends que les derniers mois de ma vie ont joué négativement sur ce bilan. Deux perspectives bien différentes !
Mes avenues d'espoir
Avec le début d'avril arrive les jours plus ensoleillés et surtout l'éveil de la nature... les fleurs, ma passion, me crient de me joindre à elles pour nous amuser et ressentir la joie de vivre dans son essence véritable. Mais encore plus important, je prends de grandes décisions qui auront un impact certain sur mon mieux-être au cours des prochains mois et années : je quitte mon appartement à Montréal pour aller vivre en Estrie (mon rêve) avec mon chum. (Vous aurez compris que la crise que nous avons traversée cet hiver a eu du bon.) Je ne me sentirai plus aussi seule, car chaque jour, je m'endormirai auprès de celui que j'aime... Ses enfants mettront aussi de la vie dans mes journées parfois trop longues. Et la proximité du lac Memphrémagog et du mont Orford nous offrira de belles occasions, à mon amoureux et moi, de nous emplir de cette nature grandiose et d'en respirer l'air bienfaisant. Ce grand pas marque le début d'un projet de vie à la campagne qui devrait se réaliser au cours des prochaines années.
Et grâce à ce réaménagement de ma vie, je suis maintenant en mesure de renouveler ma voiture. Ça fait deux ans que j'y pense. Cette semaine, je suis allée m'amuser chez le concessionnaire... Ooouuu ! Quelle joie de se gâter enfin !
Comme vous voyez, tous les espoirs sont permis... À moi maintenant de reprendre mon travail sur la route de la guérison. C'est ce dont je vous entretiendrai la prochaine fois.
Merci d'être au rendez-vous. Et pour ceux qui me suivent et qui se font du souci, je vous prie de rester confiants avec moi. C'est ce dont j'ai le plus grand besoin. Envoyez-moi des bonnes pensées, des ondes de lumière divine et des prières. Ensemble, nous vaincrons !!!
Douce conclusion
Avant de vous quitter, j'aimerais vous partager un message que je viens de recevoir de Marie-Pier, la fille de mon chum :
Merci, ma belle. T'es super !
mardi 28 avril 2009
Et le lendemain, quoi ?
Les limites du progrès
Eh bien, l'oncologue n'avait pas de bien bonnes nouvelles à m'apprendre. Les résultats n'allaient pas dans la direction souhaitée suite aux traitements de chimiothérapie qui se poursuivent sans arrêt depuis juillet 2008. Les masses ont légèrement grossi. Pire, le doc n'avait pas d'autres avenues de solution à me proposer pour plus d'efficacité dans notre lutte. Inutile de vous dire qu'il avait la mine bien basse en m'annonçant ces constats déprimants. C'est compréhensible, car c'est comme d'admettre un échec en même temps que son impuissance. Et puis, il m'aime bien et voit combien je veux vivre avec tous les efforts que j'investis pour vaincre.
Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Après avoir écouté sereinement les grandes lignes du rapport, je suis vite passée au plan d'action. J'étais, bien sûr, déçue mais je ne me suis pas effondrée en larmes, à son grand étonnement d'ailleurs. En me revoyant assise devant lui avec tout ce sang-froid, j'en suis moi-même étonnée. Comment se fait-il que je sois capable d'entendre d'aussi terribles nouvelles sans tomber dans le drame ni être balayée par la bourrasque d'émotions qui l'accompagnent habituellement ?
Je ne suis pas seule
Alors, d'où me vient cette sérénité ? D'abord, à la pensée que je ne suis pas seule, car Dieu m'accompagne à chaque instant à travers l'épreuve et qu'Il est plus fort que tout. (Et si l'envie vous prend de vous emporter en criant : "S'Il est plus fort que tout, alors pourquoi permet-Il à cette maudite maladie de persister ?" Premièrement, je crois qu'Il a son plan divin dont plusieurs aspects nous échappent. Et j'accepte volontiers de servir sa cause sans la connaître encore. Deuxièmement, c'est en partie moi qui permet à cette maladie de m'habiter encore, ce qui m'amène à mon point suivant : ma responsabilité dans tout ça.)
Et moi, alors ?
Je demeure sereine devant la tête déconfite du doc parce que je suis convaincue que j'ai un grand rôle à jouer dans le processus de ma guérison (la raison d'être du présent blogue est d'en faire état pour que ma démarche puisse être utile à d'autres qui livrent un combat similaire) et la chimio n'est qu'un ingrédient dans mon cocktail de "remèdes miracles". Le docteur, lui, ne croit qu'à son traitement, ce qui explique son air solennel et son immense compassion. Il me voit déjà dériver, impuissant, vers le haut des chutes du Niagara craignant le pire. Ce qu'il n'est pas en mesure de voir, ce sont toutes les paires de rames dont je dispose pour regagner la rive. Il ne voit pas non plus les nombreuses paires de bras qui sont là pour ramer avec moi, car ce sont mes ressources et mon réseau.
"Ne perds pas le Nord"
Avant de clore notre entretien, il me promet qu'il fouillera à nouveau dans la documentation pour voir s'il n'y aurait pas une autre alternative de traitement pour mon cas. Et, dans mon esprit, je me promets de faire le point avec moi-même sur les dimensions qui sont sous ma gouverne qui pourraient expliquer ce recul. (J'y reviendrai dans la suite de ma chronique demain.)
Avant de sortir du bureau, je lui lance : "Ne soyez pas trop déprimé pour moi, je continue à croire aux miracles." Il a tout simplement répondu : "C'est ça." (En ajoutant sans doute dans sa tête : "Bonne chance !") Il a bien dû se demander d'où je sors pour réagir de cette façon.
Et ce matin, alors que je reprenais contact avec la nature, les deux mains dans la terre de mes futurs bacs à fleurs, j'observais les volées d'outardes qui traversaient le ciel dans leur formation de grand "V" pour regagner leur destination nordique pour l'été et je les entendais me répéter : "Ne perds pas le Nord. Ne perds pas le Nord. Ne perds pas le Nord. Ne perds pas le Nord.........."
(À suivre demain.)
Gardons courage !
